Parcours diagnostique troubles Dys (synthèse)
Parcours de diagnostic des troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie). Voir pw-tsla-niveau-1, pw-tsla-niveau-2, pw-tsla-niveau-3 pour le détail des 3 niveaux HAS.
Cadre clinique
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA), communément appelés « troubles dys », sont des troubles cognitifs spécifiques neurodéveloppementaux affectant les apprentissages précoces (langage, geste) ou les apprentissages scolaires (langage écrit, calcul) [5]. Ces troubles ne peuvent être attribués à un retard intellectuel, un handicap sensoriel ou un trouble psychiatrique avéré [7]. Ils persistent souvent jusqu'à l'âge adulte et se manifestent par des difficultés durables en dépit d'une prise en charge individualisée et d'une adaptation pédagogique ciblée [5].
Les TSLA incluent :
- Trouble du langage (dysphasie)
- Trouble spécifique des apprentissages :
- avec déficit en lecture (dyslexie)
- avec déficit de l’expression écrite (dysorthographie)
- avec déficit du calcul (dyscalculie)
- Trouble développemental de la coordination (dyspraxie, incluant certaines formes de dysgraphie)
- Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) [5]
Repères épidémiologiques
15 à 20% des enfants sont confrontés à des difficultés d’apprentissages et scolaires, mais les troubles spécifiques des apprentissages ne concernent que 5 à 7% des enfants d’âge scolaire [2]. Parmi ceux-ci, 1 à 2% présentent des troubles durables et sévères [2]. Les TSLA sont fréquemment associés : dans près de 40% des cas, un enfant présente plusieurs troubles [2]. Par exemple, les troubles spécifiques des apprentissages avec déficit en lecture ou avec déficit du calcul sont fréquemment associés à des troubles développementaux de la coordination ou à des déficits de l’attention [2].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic d'un trouble spécifique des apprentissages nécessite d'exclure l’existence d’une déficience intellectuelle, neurosensorielle (audition et vision) ou de difficultés psychiatriques ou d’environnement social pouvant retentir sur les apprentissages [1]. Le médecin utilise des outils de dépistage validés pour déterminer le(s) bilan(s) spécialisé(s) utile(s) et le(s) professionnel(s) concerné(s) [1].
Bilans spécialisés
- Difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique : bilan orthophonique [1].
- Coordination motrice, graphisme ou difficultés visuo-perceptives ou visuo-motrices : bilan par un psychomotricien ou un ergothérapeute [1].
- Bilan cognitif ou attentionnel et des fonctions exécutives : évaluation par un psychologue spécialisé en neuropsychologie [1].
Les évaluations doivent être réalisées à l’aide de tests standardisés pour l’âge ou le niveau scolaire de l’enfant. Les résultats quantitatifs doivent être donnés précisément par rapport aux normes de la population de référence [3].
Critères diagnostiques
Selon le DSM-5, les troubles spécifiques des apprentissages sont affirmés par des outils d’évaluation standardisés révélant des scores déficitaires en référence aux normes attendues pour l'âge. Ils sont spécifiques, durables, présents dès les premières étapes du développement et interfèrent de façon significative avec la réussite scolaire, le fonctionnement professionnel ou les activités de la vie courante [5].
Interventions recommandées
La prise en charge précoce et adaptée vise à prévenir ou atténuer les conséquences fonctionnelles et psychologiques des TSLA [9]. Elle nécessite une démarche diagnostique et thérapeutique pluridisciplinaire, coordonnée entre professionnels de santé, psychologues, et professionnels de l’Éducation Nationale, tout en associant la famille à chaque étape [9].
Parcours de diagnostic et de prise en charge
Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé de janvier 2018, les parcours de diagnostic et de prise en charge doivent être adaptés aux types de difficultés d’apprentissage, à leur sévérité, à leur pronostic évolutif ainsi qu’à l’environnement de l’enfant [1]. Ces recommandations définissent une organisation sur trois niveaux :
- Niveau 1, de proximité : diagnostic, prise en charge et suivi par le médecin traitant et le rééducateur adapté au type de trouble.
- Niveau 2, pluridisciplinaire : complément pour les enfants dont l’évolution reste insuffisante avec la réponse de niveau 1, ou lorsque les troubles sont plus complexes.
- Niveau 3 : centres de référence de niveau 3 au sein de centres hospitaliers universitaires pour les cas les plus complexes [1].
Bilans complémentaires
Un bilan psychométrique réalisé dans le cadre d’une évaluation psychologique et neuropsychologique est indispensable en cas de situations d’incertitude quant aux mécanismes cognitifs impliqués dans les troubles de l’enfant [3]. Ce bilan vise à apprécier et comprendre le fonctionnement cognitif de l’enfant par une échelle étalonnée et standardisée (échelle composite multidimensionnelle de type échelle de Wechsler) [3].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés aux troubles dys.