Parcours diagnostique troubles Dys (synthèse)
Parcours de diagnostic des troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie). Voir pw-tsla-niveau-1, pw-tsla-niveau-2, pw-tsla-niveau-3 pour le détail des 3 niveaux HAS.
Qu'est-ce que c'est ?
Les troubles spécifiques des apprentissages, souvent appelés « troubles dys », regroupent plusieurs difficultés durables et inattendues chez des enfants intelligents et sans problème de vue ni d'audition. On distingue principalement la dyslexie (difficulté à lire), la dysorthographie (difficulté à écrire sans fautes), la dyscalculie (difficulté avec les nombres et le calcul), la dysgraphie (difficulté du geste d'écriture) et la dyspraxie (difficulté de coordination des gestes). En France, ces troubles concernent 5 à 7 % des enfants d'âge scolaire, avec des formes sévères touchant 1 à 2 % d'entre eux [1]. Souvent, plusieurs de ces troubles coexistent : environ 40 % des enfants concernés en présentent plusieurs [1].
Ces troubles sont identifiés comme des troubles spécifiques des apprentissages selon la classification internationale DSM-5. Ils incluent le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie), le trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite (dysorthographie) et le trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul (dyscalculie) [2]. Ils sont fréquemment associés à d'autres troubles comme le trouble du langage oral (dysphasie), le trouble développemental de la coordination (dyspraxie), ou encore les déficits de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH ou TDA) [2].
Ce que ça change au quotidien
Les troubles spécifiques des apprentissages peuvent avoir un impact significatif sur la vie quotidienne de l'enfant. Ils s'accompagnent souvent de difficultés psychologiques et comportementales, telles que l'anxiété de performance ou le manque de confiance en soi [2]. Ces troubles peuvent également entraîner des difficultés dans les interactions sociales et les activités scolaires, ce qui peut affecter la qualité de vie de l'enfant et de sa famille.
Le diagnostic de ces troubles ne peut être posé qu'après avoir exclu d'autres causes possibles, comme une déficience intellectuelle, des problèmes neurosensoriels (audition et vision) ou des difficultés psychiatriques. Le médecin utilise des outils de dépistage validés pour déterminer les bilans spécialisés nécessaires et les professionnels concernés [4]. Par exemple, un bilan orthophonique est réalisé pour les difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique, tandis qu'un bilan par un psychomotricien ou un ergothérapeute est nécessaire pour les troubles de la coordination motrice ou du graphisme [4].
Ce qui peut aider
La prise en charge des troubles spécifiques des apprentissages repose sur une approche pluridisciplinaire. Elle implique différents professionnels de santé, tels que des orthophonistes, des neuropsychologues, des psychologues, des psychomotriciens et des ergothérapeutes [9]. Ces professionnels travaillent ensemble pour offrir une prise en charge adaptée aux besoins de l'enfant.
La rééducation orthophonique est souvent préconisée dès le CP si un trouble du langage oral persiste, ou dès la fin du CP si la réponse pédagogique initiale s'est avérée insuffisante. Cette rééducation vise à améliorer les compétences en lecture et en orthographe, en se basant sur une évaluation individuelle des stratégies déficitaires et préservées [9]. En parallèle, une prise en charge pédagogique adaptée est essentielle pour permettre à l'enfant de continuer ses apprentissages dans ses domaines de compétence, malgré son trouble [9].
Les troubles psycho-affectifs fréquents chez les enfants présentant des troubles spécifiques d'apprentissage doivent également être pris en considération. Un accompagnement familial vers une prise en charge psychothérapique associée peut être justifié, notamment dans les situations d'anxiété, de dépression ou d'inhibition psychique [8].
Pour plus d'informations et de soutien, des associations et des centres de référence peuvent être contactés. Par exemple, la Fédération Anapedys, l'Association Avenir dysphasie France (AAD France) et la Fédération Dyspraxique mais fantastique (DMF) France offrent des ressources et un accompagnement aux familles [12].