Sante.fr - Troubles specifiques des apprentissages : les dys, des troubles durables mais qui se prennent en charge
Dossier INSERM relaye par Sante.fr (publie 24/10/2019). Prevalence : 15-20% d'enfants avec difficultes d'apprentissage, 5-7% avec troubles specifiques (1-2% severes). Classification DSM-5 : trouble specifique avec deficit en lecture (dyslexie), de l'expression ecrite (dysorthographie), du calcul (dyscalculie) ; associes au trouble du langage oral (dysphasie), trouble developpement de la coordination (dyspraxie/dysgraphie), TDA/H. Comorbidite : 40% des cas presentent plusieurs troubles ; trouble langage oral → risque dyslexie >50%. Diagnostic : exclure deficience intellectuelle, problemes neurosensoriels, psychiatriques ; bilans specifiques (orthophonique, psychomotricien/ergotherapeute, neuropsychologue). Parcours HAS 2018 a 3 niveaux : (1) proximite medecin traitant + reeducateur, (2) pluridisciplinaire specialise, (3) centres referents CHU. Prise en charge : orthophonie, psychomotricite, ergotherapie, orthoptie, psychologue. Adaptations scolaires formalisees avec medecin Education nationale : lecture orale des consignes, photocopies/ordinateur, reformulation, temps supplementaire. Orientation ULIS TSL pour troubles severes. Recherche : genes de predisposition (migration neuronale), imagerie cerebrale fonctionnelle, remediation cognitive (MemoAction, controle cognitif, metacognition). Dossier coordonne par Yann Mikaeloff (CHU Bicetre, INSERM U1178) avec Yves Chaix, Franck Ramus, Caroline Huron, Catherine Billard.
Cadre clinique
Les troubles spécifiques des apprentissages (TSA), communément appelés « dys », désignent des troubles durables et sévères chez 1 à 2% des enfants, affectant significativement leur scolarité et leur vie quotidienne [1]. Ces troubles sont classés dans le DSM-5 et incluent :
- Trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie)
- Trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite (dysorthographie)
- Trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul (dyscalculie)
- Trouble du langage oral (dysphasie)
- Trouble développemental de la coordination (dyspraxie/dysgraphie)
- Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) [1] [6]
Les TSA sont caractérisés par des difficultés spécifiques non expliquées par une déficience intellectuelle, des problèmes neurosensoriels, psychiatriques ou un environnement social défavorable. Ils persistent depuis au moins 6 mois malgré une prise en charge individualisée et des adaptations pédagogiques [6].
Repères épidémiologiques
15 à 20% des enfants rencontrent des difficultés d’apprentissage, mais seulement 5 à 7% présentent des TSA [1]. La prévalence de la dyslexie est estimée entre 3 et 5%, soit environ 40 000 nouveaux cas par an en France [2]. La dyscalculie, bien que moins étudiée, semble moins fréquente que la dyslexie [5]. Les TSA sont souvent associés : 40% des enfants concernés présentent plusieurs troubles, et un trouble du langage oral augmente de plus de 50% le risque de développer une dyslexie [1] [3].
Les études épidémiologiques montrent une persistance des TSA avec l’âge, bien que la stabilité des classifications diagnostiques pose problème en raison des variations des scores sur un continuum [5]. Le rapport garçon/fille est estimé à 2 pour la dyslexie, tandis que la dyscalculie affecte autant les filles que les garçons [5].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic des TSA repose sur l’exclusion de toute déficience intellectuelle, neurosensorielle ou psychiatrique, ainsi que de tout problème environnemental [4]. Les outils de dépistage validés permettent de déterminer les bilans spécialisés nécessaires :
- Bilan orthophonique pour les troubles de langage, de lecture ou de cognition mathématique
- Bilan psychomotricien ou ergothérapeutique pour les troubles de coordination motrice, de graphisme ou de fonctions visuo-perceptives
- Bilan neuropsychologique pour les troubles cognitifs ou attentionnels [4]
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande en 2018 une organisation en trois niveaux de prise en charge, adaptée à la complexité des interventions nécessaires [4].
Interventions recommandées
La prise en charge des TSA repose sur des rééducations spécialisées :
- Orthophonie pour les troubles de langage, de lecture ou d’expression écrite
- Psychomotricité ou ergothérapie pour les troubles de coordination ou de graphisme
- Orthoptie pour les troubles visuo-perceptifs
- Psychologie pour les troubles attentionnels ou cognitifs [4]
Les adaptations scolaires, formalisées avec le médecin de l’Éducation nationale, incluent la lecture orale des consignes, l’utilisation de photocopies ou d’ordinateurs, la reformulation, et des temps supplémentaires [4]. Pour les troubles sévères, une orientation en Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) TSA peut être envisagée.
Cadre légal et droits
Les TSA sont reconnus comme des troubles neurodéveloppementaux dans le DSM-5 et la CIM-10 [6]. Le Plan national d’action pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage, arrêté en 2001, définit cinq axes prioritaires pour améliorer la prise en charge de ces troubles [7]. Les associations de patients, comme la Fédération Française des DYS, jouent un rôle clé dans la représentation et la défense des droits des enfants concernés [KG-8].
Les sources disponibles ne précisent pas les dispositifs légaux spécifiques aux TSA en dehors de ce cadre général.
Sources mobilisées (6)
- [1] HAS Dys 2017 — HAS (2017) 📄 (2 extraits)
- [2] HAS TDAH 2024 — HAS (2024) 📄 (1 extrait)
- [3] INSERM Dys Dossier — INSERM (2024) 📄 (3 extraits)
- [4] src-dgs-sfp-langage-collection-02-plaquette-inpes — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [5] src-dgs-sfp-langage-collection-03-expert-coll — DGS-SFP (2007) 📄 (4 extraits)
- [6] src-dgs-sfp-langage-collection-06-reco-outils-rep-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)