Naître et Grandir - La dyspraxie verbale
Fiche vulgarisée sur la dyspraxie verbale (trouble neurologique affectant la planification motrice de la parole). Signes par âge: 10-15 mois (babillage réduit, difficultés alimentation), 15-24 mois (peu de mots, peu d'imitation), après 2 ans (parole difficile, utilisation de gestes). Cause génétique. Diagnostic orthophonique après 3 ans. Séances courtes et fréquentes plus efficaces qu'une séance hebdomadaire longue.
La dyspraxie verbale
Définition clinique
La dyspraxie verbale (DV) est un trouble sensorimoteur rare affectant les sons de la parole, touchant un à deux enfants sur mille [1]. Elle est caractérisée par une difficulté de planification et de programmation des mouvements de la parole et des séquences verbales, menant à des erreurs dans la production de la parole et de la prosodie [1]. Ces difficultés sont présentes en l’absence de déficits neuromusculaires, de paralysie ou de faiblesse musculaire [1]. La DV peut être idiopathique, congénitale (génétique, métabolique) ou acquise (AVC intra-utérin, infection, trauma) dans l’enfance [12].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la dyspraxie verbale incluent :
- Erreurs inconstantes, affectant les consonnes et les voyelles, dans les productions des mêmes mots et des mêmes syllabes.
- Difficultés à produire les séquences articulatoires se traduisant par des allongements ou discontinuités des transitions entre les phonèmes ou d’une syllabe à l’autre.
- Prosodie inappropriée affectant particulièrement les accents lexicaux et le phrasé [8].
Évaluation
L’évaluation de la dyspraxie verbale doit être systématisée et inclure :
- Un historique et une évolution des concepts.
- Une évaluation des indicateurs de dyspraxie tels que les erreurs inconstantes, les difficultés de séquences articulatoires et la prosodie inappropriée [8].
- Une évaluation des capacités motrices et linguistiques pour orienter l’intervention [8].
Intervention
Les interventions pour la dyspraxie verbale doivent être fréquentes et intensives. Les modalités d'intervention recommandées sont :
- Au moins 2-3 fois par semaine, avec des séances de jusqu'à 60 minutes.
- Une dose élevée de pratique, environ 60 essais par séance.
- La pratique à la maison pour augmenter la généralisation et le nombre d'expositions [3].
Les enfants présentant une dyspraxie verbale ont souvent besoin de suivis à long terme, visant différents objectifs communicatifs [3].
Recommandations officielles
Les recommandations officielles incluent :
- « L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans » [4].
- Les diagnostics suivants doivent être envisagés parce qu’ils peuvent être associés ou confondus avec des troubles de la parole, du langage ou des apprentissages : retard mental, troubles des capacités motrices, déficit de l’attention avec hyperactivité, troubles de l’humeur, troubles anxieux, diagnostic médical/neurologique tel que le syndrome d’alcoolisme fœtal, la consommation prénatale de toxiques, le syndrome de l’X fragile [4].
Articulation avec autres professionnels
La dyspraxie verbale peut être associée ou confondue avec d’autres troubles tels que :
- Langage oral [KG-2].
- Déficience intellectuelle [KG-3].
- Retard de langage [KG-4].
- Surdité [KG-5].
- Épilepsie [KG-6].
- Attention [KG-7].
- Dyslexie [KG-8].
Une collaboration étroite avec ces professionnels est essentielle pour une prise en charge globale de l’enfant.