Reeducation orthophonique
Prise en charge orthophonique individuelle visant la reeducation des troubles du langage oral (retard de langage, dysphasie, troubles articulatoires).
Reeducation orthophonique
En bref
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque verbale permet l’acquisition du langage et de la parole par le développement des praxies articulatoires. Traitements et méthodes de rééducation de la dyslexie Néanmoins, la rééducation orthophonique telle que pratiquée en France, ANALYSE c’est-à-dire le plus souvent en cabinet, n’a pas encore fait… Rééducation orthophonique dans la dyslexie Les rééducations des troubles du langage oral et écrit de l’enfant sont, en France, de la compétence des orthophonistes.
HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020)
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
verbale permet l’acquisition du langage et de la parole par le développement des praxies articulatoires. Selon la littérature, il existe une continuité antre les praxies buccofaciales et articulatoires ; les premières étant le socle sur lequel reposent et se développent les praxies articulatoires. Les données de neuroimagerie fonctionnelle mettent en évidence un chevauchement entre les aires corticales dédiées à l’oralité et celles liées au développement langagier. Adams-Chapman et al. (199) suggèrent que le développemnt de la voie responsable des compétences orales précoces est lié au réseau cérébal dédié au développment du langage. C’est pour toutes ces raisons qu’il est important d’envisager les troubles de l’oralité sous les aspects alimentaire et langagier. Les troubles de l’oralté alimentaire pouvant être prédictifs de troubles du langage. — p.56
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
► Trouble de la communication et de l’oralité verbale Un enfant ayant des troubles de l’oralité verbale (définis comme des troubles des praxies oro- faciales avec des troubles du langage pouvant être associés à des troubles de l’alimentation) est à orienter de préférence vers un orthophoniste. Un enfant avec retard de la parole et du langage est à orienter vers un orthophoniste. ► Troubles sensoriels et perceptifs visuels — p.116
INSERM Dys 2007 — INSERM (2007)
Traitements et méthodes de rééducation de la dyslexie
Néanmoins, la rééducation orthophonique telle que pratiquée en France,
ANALYSEc’est-à-dire le plus souvent en cabinet, n’a pas encore fait l’objet d’évalua- tion scientifique dans le traitement de la dyslexie. Il y a là une lacune impor- tante des recherches qui devrait impérativement être comblée. Le fait que la rééducation orthophonique se déroule individuellement, avec un(e) orthophoniste ayant bénéficié d’une formation spécifique, permet, au- delà des programmes génériques d’entraînement de la phonologie et de la lecture, de développer un programme de rééducation sur mesure, fondé sur un bilan précis des compétences et des faiblesses de l’enfant, et d’exécuter ce programme dans des conditions optimales d’interactivité permettant une adaptation en temps réel aux besoins de l’enfant. Cette particularité essen- tielle de la prise en charge orthophonique ne peut a priori qu’augmenter son efficacité, par rapport aux programmes d’entraînement administrés en classes ou en groupes, qui sont évalués dans la littérature scientifique. Néanmoins, il existe une grande diversité de pratiques orthophoniques qui devraient donc être évaluées et comparées entre elles, en prenant en compte les moda- lités de leur mise en œuvre, afin de mieux cerner les bonnes pratiques, et être en mesure de mieux guider la pratique orthophonique. Dans le cadre des évaluations nécessaires de la rééducation orthophonique, il serait également important d’évaluer l’intensité optimale de cette rééduca- tion. Les travaux issus de la littérature internationale portant sur des pro- grammes d’entraînement pédagogiques (informatisés ou non) appliqués à des enfants « mauvais lecteurs » montrent qu’une certaine intensité est requise pour atteindre une efficacité raisonnable (typiquement, 4 à 5 séances par semaine) et que, moyennant cette intensité, de bons résultats peuvent être obtenus sur des durées de rééducation relativement courtes (de l’ordre de 6 semaines). La question de la fréquence des séances et de la durée du pro- gramme de la rééducation orthophonique pour les enfants dyslexiques méri- terait donc d’être évaluée très rigoureusement. À défaut de véritables évaluations scientifiques de la pratique orthophonique, on peut s’appuyer sur les études qui s’apparentent le plus à de la rééducation orthophonique d’enfants dyslexiques, à savoir les entraînements intensifs de la phonologie et de la lecture. Cela inclut les études décrites dans le chapitre précédent, qui portaient sur des enfants « mauvais lecteurs ». Ces études ne s’adressaient pas spécifiquement à des enfants dyslexiques, mais en incluaient inévitablement. Par ailleurs, nous rapportons ci-dessous quelques études con- trôlées d’entraînement d’enfants dyslexiques. — p.611
Rééducation orthophonique dans la dyslexie
Les rééducations des troubles du langage oral et écrit de l’enfant sont, en France, de la compétence des orthophonistes. En ce qui concerne les troubles d’acquisition du langage écrit, la nature même de la définition et la multiplicité des hypothèses et modèles explica- tifs de la dyslexie, ont conduit au développement d’une multiplicité des trai- tements orthophoniques de ce trouble. De même, la nature développementale du trouble, impliquant un défaut d’apprentissage précoce de la lecture compromettant l’adaptation scolaire, a fait que le débat a longtemps été de savoir si la pédagogie était en cause, ou si la pédagogie pouvait résoudre les difficultés de ces enfants. L’enfant manifestant des troubles de l’apprentissage scolaire, se trouvant en difficultés par rapport à ses pairs, mal compris par ses parents et les adultes de — p.803
Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie – Bilan des données scientifiques
tudinales sur l’évolution naturelle des troubles du langage écrit, peu d’étu- des comparant différentes interventions avec l’absence de soins ou des soins dits « placebo », peu d’études sur des stratégies comparant le nombre total de séances de soins, la durée de ces séances ou leur fréquence. D’où la diffi- culté pour le médecin d’évaluer précisément l’indication de séances d’orthophonie, si bien qu’il « prescrit en fonction des arguments proposés par l’entourage de l’enfant (parents, enseignants, médecin scolaire, orthophoniste) ». Les difficultés d’évaluation des rééducations tiennent également à la grande diversité des enfants dyslexiques quant à la nature de leurs troubles, à leur intensité, aux répercussions de ceux-ci sur la vie scolaire et familiale, elles- mêmes dépendantes des compétences cognitives de l’enfant, de sa personna- lité et de son comportement, sans oublier l’importance de son environne- ment social et familial. Il est donc très difficile de faire des groupes de sujets homogènes. Tous ces éléments et toutes ces facettes du trouble et de l’enfant sont à pren- dre en compte quand on reçoit un enfant dyslexique pour sa rééducation, et vont orienter la décision du projet thérapeutique. La rééducation orthophonique ne se fait que sur prescription médicale et il faut qu’au moment de la consultation, la situation de l’enfant soit bien éva- luée pour décider en toute connaissance de cause quelles interventions thé- rapeutiques sont souhaitables, dans quel ordre ou dans quelle association. Il est des cas où l’orthophoniste ne peut travailler seul et où l’intervention d’autres professionnels est nécessaire. C’est notamment le cas quand il existe des troubles associés, nécessitant l’adjonction d’autres traitements. La rééducation orthophonique d’un enfant présentant un trouble dyslexique a deux objectifs principaux : développer les compétences nécessaires à l’apprentissage du langage écrit et développer les compétences pouvant être utilisées comme stratégies de compensation. — _p.804_
Rééducation orthophonique dans la dyslexie
attentes des parents et les possibilités de l’enfant ; entre le visuel, l’auditif, le sémantique et le moteur (articulatoire) ; entre les compétences acquises et les stratégies d’utilisation ; entre la nécessité de la rééducation, celle du tra- vail scolaire et les activités de sa vie d’enfant ; entre la rééducation ortho- phonique et la pédagogie à l’école ; entre la difficulté d’apprendre et le plaisir d’apprendre. L’orthophoniste se doit de faire dépasser des obstacles à l’enfant, de l’accompagner dans ces apprentissages, sans lui éviter toute con- frontation à la difficulté, mais en lui redonnant confiance en ses possibilités.
Monique Touzin Orthophoniste, Unité de rééducation neuropédiatrique, CHU BicêtreBIBLIOGRAPHIE
ANAES. Indications de l’orthophonie dans les troubles du langage écrit chez l’enfant. Paris, 1997 COLÉ P, CASALIS S. Morphologie et dyslexie de développement : apports de la recherche. L’état de connaissances. Langage écrit. Signes Éditions, 2004 : 88-95 — p.809
src-dgs-sfp-langage-collection-01-ortoph-anaes-2001-2 — DGS-SFP (2007)
L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans
La prise en charge orthophonique :Les objectifs de la prise en charge orthophonique chez l’enfant de 3 à 6 ans sont, en fonction de l’âge et des potentialités de l’enfant, de remédier aux différents aspects déficitaires du langage, d’améliorer la communication de l’enfant et aussi de faciliter l’acquisition des apprentissages scolaires en particulier du langage écrit, quand l’enfant entrera à l’école.
§ avant 4 – 5 ans : - Une prise en charge est nécessaire en cas d’inintelligibilité et/ou d’agrammatisme ou de trouble de la compréhension (grade C). - La prise en charge comporte différents axes : guidance parentale et/ou rééducation orthophonique de l’enfant. D’autres méthodes d’intervention indirecte fondées sur un programme d’éducation et d’accompagnement parentale ont montré leur efficacité sur la pauvreté de vocabulaire (grade C). Il y a peu de données scientifiques établies mais il semble que les troubles expressifs phonologiques et syntaxiques bénéficieraient plus d’une rééducation orthophonique (grade C). § après 5 ans : la prise en charge orthophonique est toujours nécessaire si le bilan confirme l’existence d’un trouble spécifique du langage oral (grade C). — p.21
la prise en charge orthophonique est toujours nécessaire si le bilan confirme l’existence d’un trouble spécifique du langage oral (grade C).
Les objectifs et les techniques de rééducation sont précisés et communiqués à l’ensemble des acteurs. Dans tous les cas les contacts et les interactions entre les parents, le médecin de l’enfant, l’orthophoniste et le système scolaire doivent toujours être développés. Les enfants présentant des troubles du langage associés à d’autres troubles neuropsychologiques ou à des troubles des émotions et du comportement nécessitent des prises en charge multidisciplinaires coordonnées par un médecin au sein d’une équipe ou d’un réseau spécialisé. La coordination de tous les acteurs de la prise en charge est particulièrement importante en cas de répercussions sur l’intégration scolaire et sociale. Les méthodes faisant appel aux capacités et aux désirs éducatifs des parents seraient à développer en France, en particulier chez les enfants les plus jeunes présentant un langage oral limité. Il en est de même des interactions entre les orthophonistes, les médecins et le système scolaire.
- L’évaluation de l’enfant après la rééducation orthophonique : — p.21
L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans
- Hérapie individuelle pour les troubles de l’articulation, les problèmes d’expression ou de fluence et les troubles du langage.
- Enseignement en petits groupes pour le développement du langage incluant le phonologie, la morphologie, la syntaxe, la sémantique ou l’utilisation pragmatique du langage.
- Modèle de langage, rétroaction corrective et renforcement des efforts de l’enfant pour la parole ou le langage.
- Rééducation de la lecture basée sur la phonologie avec accent mis progressivement sur le contexte et la compréhension au fur et à mesure que le vocabulaire de l’enfant s’enrichit.
- Cours individuel ou enseignement en petits groupes pour la compréhension orale, la réalisation de consignes ou d’autres capacités.
- Cours individuel ou enseignement en petits groupes pour les mathématiques ou l’écriture si des troubles sont présents aussi dans ces domaines.
- Recommandations pour l’enseignement dans les études sociales, les sciences ou d’autres domaines universitaires incluant l’enregistrement de conférences ou d’autres épreuves, etc.
- Rétroactions individuelles ou en petits groupes et/ou enseignement dans la résolution de conflits, les capacités sociales ou la résolution de problèmes.
- Utilisation des modifications du comportement et de rétroactions correctives dans la prise en charge de la classe, la direction de la classe pour les problèmes de comportement et émotionnels.
- Surveillance des progrès de l’enfant en collaboration avec les parents et le personnel scolaire. a. Développement de la parole et du langage. b. Progrès scolaire et comportement à l’école. c. Développement émotionnel et estime de soi. d. Relations avec les pairs et relations sociales. e. Temps de loisirs et activités extrascolaires. f. Soutien familial et interaction. g. Adéquation en permanence de l’éducation spécialisée de la parole, du langage et des interventions à l’école. h. Si l’enfant a un traitement médicamenteux, surveillance du traitement et/ou des effets secondaires sur l’attention, les apprentissages et la mémoire. — p.63
L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans
ANNEXE 3
LE PROJET THÉRAPEUTIQUE ORTHOPHONIQUE (L. ADÈLE, F. COQUET-DEVRED, A. DUMONT, M. TOUZIN)Les données du bilan de langage oral ont permis l’élaboration d’un projet thérapeutique orthophonique s’adaptant : - à l’âge et aux besoins de l’enfant (ses potentialités, ses émergences, ses difficultés) ; - aux demandes des parents ; - aux conditions particulières du contexte de la prise en charge (séances en individuel ou en groupe – fréquence des séances – cadre libéral ou institutionnel – articulation avec d’autres prises en charge – meilleur moment de la journée). et s’articulant autour d’objectifs spécifiques pour remédier aux troubles du langage, améliorer la communication et faciliter l'acquisition du langage écrit.
Le choix de l’approche rééducative et des outils de rééducation est laissé à l’appréciation de l’orthophoniste. Il n’y a pas eu d’études de validation de telle ou telle « méthode de rééducation » ni de comparaison de ces méthodes entre elles.
On peut définir des approches rééducatives centrées sur l’enfant lui-même et des approches rééducatives intégrant une démarche d’accompagnement parental. — p.66
src-dgs-sfp-langage-collection-06-reco-outils-rep-2 — DGS-SFP (2007)
- La prise en charge orthophonique : Les objectifs de la prise en charge orthophonique chez l’enfant de 3 à 6 ans sont, en fonction de l’âge et des potentialités de l’enfant, de remédier aux différents aspects déficitaires du langage, d’améliorer la communication de l’enfant et aussi de faciliter l’acquisition des apprentissages scolaires en particulier du langage écrit, quand l’enfant entrera à l’école.
Avant 4 – 5 ans : - Une prise en charge est nécessaire en cas d’inintelligibilité et/ou d’agrammatisme ou de trouble de la compréhension (grade C). - La prise en charge comporte différents axes : guidance parentale et/ou rééducation orthophonique de l’enfant. D’autres méthodes d’intervention en direct fondées sur un programme d’éducation et d’accompagnement parentale ont montré leur efficacité sur la pauvreté de vocabulaire (grade C). Il y a peu de données scientifiques établies mais il semble que les troubles expressifs phonologiques et syntaxiques bénéficieraient plus d’une rééducation orthophonique (grade C).
Après 5 ans : la prise en charge orthophonique est toujours nécessaire si le bilan confirme l’existence d’un trouble spécifique du langage oral (grade C).
Les objectifs et les techniques de rééducation sont précisés et communiqués à l’ensemble des acteurs. — p.65
n trouble spécifique du langage oral (grade C).
Les objectifs et les techniques de rééducation sont précisés et communiqués à l’ensemble des acteurs.
Dans tous les cas les contacts et les interactions entre les parents, le médecin et l’enfant, l’orthophoniste et le système scolaire doivent toujours être développés. Les enfants présentant des troubles du langage associés à d’autres troubles neuropsychologiques ou à des troubles des émotions et du comportement nécessitent des prises en charge multidisciplinaires coordonnées par un médecin au sein d’une équipe ou d’un réseau spécialisé. La coordination de tous les acteurs de la prise en charge est particulièrement importante en cas de répercussions sur l’intégration scolaire et sociale.
Les méthodes faisant appel aux capacités et aux désirs éducatifs des parents seraient à développer en France, en particulier chez les enfants les plus jeunes présentant un langage oral limité. Il en est de même des interactions entre les orthophonistes, les médecins et le système scolaire.
Rapport de la commission d'experts chargée d'élaborer au niveau national des recommandations sur les outils à usage 63 des professionnels de l'enfance dans le cadre du plan d'action pour les enfants atteints d'un trouble spécifique du langage. Remis par L. Vallée et G. Dellatolas le 1er octobre 2005 — p.65