Dyslexie : de la detection aux solutions
Article mpedia/AFPA (publie 09/07/2019). Prevalence : 4-5% par classe d'age. Symptomes concrets : lenteur de lecture, erreurs de sons, inversions, lecture hachee, incomprehension malgre consignes comprises. Alerte des fin de CP si dechiffrage non acquis. Origine neurologique et genetique (cas familiaux frequents), mauvais developpement phonologique en amont (discrimination sons proches, conscience phonologique). Diagnostic : pediatre (verification audition/vision) puis bilan orthophonique. Centres referents pour cas complexes/severes. Reeducation : min 2 seances orthophonie/semaine en debut (ref. Monique Touzin, orthophoniste). Adaptations en classe : pas de lecture devant camarades, temps supplementaire, lecture des enonces, non-penalisation systematique de l'orthographe. Soutien psychologique si decouragement. Conseils parents : ne pas dramatiser, valoriser points forts (sport, musique), aider aux devoirs (lire enonces, ecrire sous dictee).
Cadre clinique
La dyslexie est un trouble spécifique de l'acquisition du langage écrit, persistant et suffisamment grave pour retentir sur l'intégration scolaire. Elle se caractérise par un décalage de 18 mois à 2 ans entre l'âge de lecture et l'âge réel [9]. La dyslexie est souvent associée à une dysorthographie, trouble de la production orthographique [9]. Les enfants dyslexiques présentent des difficultés à maîtriser les correspondances entre graphèmes (lettres ou groupes de lettres) et phonèmes (sons de la parole) [2].
Repères épidémiologiques
La prévalence de la dyslexie est estimée à un peu moins de 5 % des enfants à partir du CP [2]. Les enfants atteints de dyslexie représentent environ un quart des enfants présentant des difficultés en lecture [2]. La dyslexie concerne au minimum 3 à 5 % des enfants, avec une prédominance masculine de 2/1 [7]. La prévalence de la dyscalculie, souvent associée à la dyslexie, serait comparable, soit 2 à 6 % [8].
Diagnostic et évaluation
Signes d'appel
Les signes d'appel varient selon l'âge de l'enfant :
- Grande section de maternelle : trouble persistant du langage oral, difficulté à percevoir les segmentations des mots en syllabes et en rimes, troubles de la mémoire verbale [1].
- Début de CP : incompréhension du système d'écriture, difficultés à différencier les sons (b/p, t/d, f/v) et les lettres (b/d, p/q, m/n), difficultés à différencier l'ordre de succession des lettres ou syllabes [1].
- Enfant de 8 ans : échec vis-à-vis de la lecture ou lenteur de la lecture, difficultés pour retenir les mots d'usage courant, les principales règles d'accord, segmenter les mots [1].
- 11/12 ans : difficultés de lecture, lenteur entravant parfois l'accès au sens, troubles de l'orthographe [1].
Critères diagnostiques
La dyslexie peut être diagnostiquée selon les critères de la CIM-10 : trouble spécifique et durable de l'acquisition du langage écrit, persistant et suffisamment grave pour retentir sur l'intégration scolaire [9].
Bilan
Le diagnostic repose sur un bilan orthophonique complet évaluant le langage oral et le langage écrit [5]. Un bilan neuropsychologique peut être réalisé pour évaluer les capacités cognitives de l'enfant [10]. Le pédiatre joue un rôle clé dans le repérage des troubles et la coordination des bilans [KG-4].
Interventions recommandées
Rééducation orthophonique
Une rééducation orthophonique individuelle est préconisée dès le CP si persiste un trouble du langage oral, ou dès la fin du CP si la réponse pédagogique adaptée initiale s'est avérée insuffisante [3]. La rééducation doit être intensive, avec des séances fréquentes (en règle générale d’une demi-heure par jour, quatre jours par semaine) [4]. Les axes de la rééducation sont déterminés par les résultats précis de l’évaluation individuelle des stratégies déficitaires et préservées [3].
Aménagements pédagogiques
Les aménagements en classe incluent :
- Lire les énoncés aux enfants [10].
- Privilégier l'oral pour les évaluations [10].
- Proposer des logiciels de dictée avec retour vocal [10].
- Ne pas pénaliser systématiquement l'orthographe [10].
Soutien psychologique
Un soutien psychologique peut être nécessaire pour les enfants en découragement [10].
Cadre légal et droits
Les enfants dyslexiques peuvent bénéficier de l'Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé (AEEH) [KG-8]. Les aménagements pédagogiques et les adaptations en classe sont prévus pour faciliter leur intégration scolaire [4]. Les parents peuvent solliciter les Maisons départementales des personnes handicapées pour bénéficier de ces aménagements [4].
Les sources disponibles ne précisent pas les détails des droits spécifiques des enfants dyslexiques au-delà de l'AEEH et des aménagements pédagogiques.