Syndrome de Gilles de la Tourette
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Trouble neurodéveloppemental caractérisé par des tics moteurs et vocaux involontaires, chroniques (> 1 an). Début typique entre 5 et 7 ans. Comorbidités fréquentes : TDAH (60-80%), TOC (30-50%), anxiété.
En bref
- Âge d’apparition habituel : 5-7 ans
Définition clinique
Le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par la présence simultanée de tics moteurs et vocaux chroniques, c'est-à-dire persistants depuis plus d'un an [1]. Les tics sont des mouvements ou des sons involontaires, brefs, répétitifs, non rythmiques et sans but [7]. Ils peuvent être simples (comme un clignement des yeux ou un grognement) ou complexes (comme des mouvements coordonnés ou des mots complets) [1]. Le SGT débute typiquement entre 5 et 7 ans et est plus fréquent chez les garçons que chez les filles [1].
Critères diagnostiques
Le diagnostic du SGT repose sur les critères suivants :
- Présence de tics moteurs multiples et d'au moins un tic vocal.
- Les tics apparaissent avant l'âge de 18 ans.
- Les tics peuvent varier en intensité et en type au fil du temps.
- Les tics entraînent une altération significative du fonctionnement social, professionnel ou autre [1].
Il est important de distinguer les tics des symptômes obsessionnels compulsifs (TOC) et des stéréotypies, bien que des comorbidités avec ces troubles soient fréquentes [7].
Évaluation
L'évaluation du SGT doit être multidisciplinaire et inclure :
- Un examen clinique complet pour éliminer d'autres causes de tics (par exemple, infections, médicaments, troubles métaboliques).
- Une évaluation neuropsychologique pour identifier d'éventuelles comorbidités (TDAH, TOC, troubles anxieux, etc.).
- Une évaluation des fonctions exécutives et des capacités d'attention [12].
Intervention
La prise en charge du SGT repose sur une approche individualisée et multidisciplinaire. Les interventions peuvent inclure :
- Thérapies comportementales : La thérapie par rétroaction sensorielle (habituellement appelée thérapie par rétroaction biologique) et la thérapie d'inversion des habitudes sont des approches efficaces pour réduire la fréquence et l'intensité des tics [1].
- Médicaments : Les neuroleptiques (comme l'halopéridol et le pimozide) sont souvent utilisés pour traiter les tics sévères. Les stimulants, bien que principalement indiqués pour le TDAH, peuvent également être bénéfiques dans certains cas [1].
- Prise en charge des comorbidités : Une attention particulière doit être portée aux troubles comorbides, tels que le TDAH, les TOC et les troubles anxieux, qui peuvent nécessiter des interventions spécifiques [11].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande :
- « Une évaluation complète des symptômes et des comorbidités associées doit être réalisée pour chaque patient atteint de SGT » [12].
- « Les interventions doivent être individualisées et adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient » [12].
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge du SGT nécessite une collaboration étroite entre différents professionnels de santé, notamment :
- Psychiatres et neurologues : Pour le diagnostic et la prescription de médicaments.
- Psychologues et psychothérapeutes : Pour les thérapies comportementales et cognitives.
- Orthophonistes : Pour la gestion des tics vocaux et des troubles de la communication.
- Ergothérapeutes et psychomotriciens : Pour améliorer les compétences motrices et les fonctions exécutives [10].
Références
Sources mobilisées (4)
- [1] HAS TDAH 1er recours 2015 — HAS (2015) 📄 (4 extraits)
- [2] src-maisondelautisme-harcelement-tnd — DGS (2024) 📄 (1 extrait)
- [3] Les TICS : c’est quoi ? Que faire ? — expert (2024) 📄 (4 extraits)
- [4] TDAH : programme d’entraînement aux habiletés parentales (Barkley) – séances 1 e — expert (2024) 📄 (3 extraits)