Harcèlement scolaire
Violence répétée en milieu scolaire. 6-10% des élèves français touchés chaque année. 60% des élèves dys rapportent du harcèlement. Délit pénal depuis la loi du 2 mars 2022.
Qu'est-ce que le harcèlement scolaire ?
Le harcèlement scolaire désigne une violence répétée, verbale, physique et/ou psychologique, qui peut aussi prendre la forme de cyberharcèlement. Il se manifeste dans les établissements scolaires (école primaire, collège, lycée, université) et lors d'activités sportives ou de loisirs. Les harceleurs ciblent souvent des caractéristiques spécifiques d'une personne, comme son apparence physique, son sexe, un handicap, ou un centre d'intérêt original. Ce comportement crée un rapport de force et d'isolement pour la victime, portant atteinte à sa dignité et créant un environnement intimidant ou humiliant [2].
En France, 6% à 10% des élèves sont victimes de harcèlement scolaire chaque année, soit environ 700 000 à 1 million d’enfants. Les élèves présentant des troubles du neurodéveloppement (TND) sont particulièrement exposés. Par exemple, 60% des élèves dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie) déclarent avoir subi du harcèlement scolaire, un taux bien supérieur à la moyenne nationale. Les élèves autistes (TSA) sont également très vulnérables, avec un risque accru d'agressions verbales, sociales ou physiques [1].
Ce que ça change au quotidien
Le harcèlement scolaire a des conséquences dévastatrices, surtout pour les enfants avec des TND. Ces troubles peuvent rendre les élèves plus vulnérables en raison de difficultés spécifiques, comme comprendre les implicites sociaux, décoder les intentions d'autrui, ou gérer leurs émotions. Par exemple, les élèves autistes peuvent avoir du mal à reconnaître les signaux d'alerte face à une situation de harcèlement. Les élèves dys sont souvent moqués pour leurs difficultés d'apprentissage ou leur façon de s'exprimer [4].
Le passage du primaire au collège est une période critique, car les dynamiques sociales évoluent et les groupes se forment. Les enseignants interviennent souvent plus vite en école primaire, mais au collège, les comportements de harcèlement peuvent augmenter. Les enfants avec des aménagements scolaires ou dans un enseignement adapté sont également plus exposés [5].
Ce qui peut aider
La loi n° 2022-299 du 2 mars 2022 qualifie le harcèlement scolaire de délit pénal. Les sanctions vont jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende en cas de suicide ou de tentative de suicide de la victime. Le harcèlement scolaire est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsqu’il cause une incapacité de travail inférieure ou égale à 8 jours, et de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour une incapacité supérieure à 8 jours [3].
Pour soutenir les victimes, le numéro 3018 est disponible gratuitement, anonymement et confidentiellement 7 jours sur 7, de 9h00 à 23h00. Ce numéro permet d'écouter et d'accompagner les jeunes victimes de harcèlement [3].
Le programme pHARe, obligatoire depuis 2023, est un programme national de lutte contre le harcèlement à l'école. Il repose sur cinq piliers : prévenir, former, repérer, protéger et prendre en charge [KG-3].
Qui contacter
En cas de harcèlement scolaire, vous pouvez contacter le numéro 3018 pour obtenir de l'aide et du soutien [3].