Sante.fr - Les troubles du langage et des apprentissages
Page portail du Ministere de la Sante sur les troubles du langage et des apprentissages chez l'enfant. Statistiques : 4-5% d'enfants concernes par des troubles du langage (1 par classe), 25% de formes severes ; 20% de difficultes scolaires, 5-6% de troubles specifiques des apprentissages. Centralise les documents de formation DGS/SFP (diaporamas, scripts video, guides) pour formateurs et medecins, les outils de communication parents (questionnaires FNO 18-20 mois, 30 mois, 4.5 ans), les definitions (begaiement, dysphasie, troubles du langage, trouble d'articulation, trouble de la parole), et les ressources INPES/HAS (expertise INSERM Dys, recommandations HAS 2017).
Sante.fr - Les troubles du langage et des apprentissages
En bref
Direction Générale de la Santé AVANT-PROPOS Un plan d’action triennal pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage a été mis en place en 2001 par les ministres chargés de l’éducation… RÉSUMÉ DU RAPPORT Les troubles spécifiques du langage oral et écrit sont à resituer dans l'ensemble plus vaste des troubles des apprentissages. tion s’intègre donc dans la politique nationale de lutte contre le handicap telle que l’a définie Monsieur Jacques Chirac, Président de la République.
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Direction Générale de la Santé
AVANT-PROPOS Un plan d’action triennal pour les enfants atteints d’un trouble spécifique dulangage a été mis en place en 2001 par les ministres chargés de l’éducation nationale et de la santé. L’amélioration du dépistage et de la prise en charge des troubles du langage1 a été réaffirmée comme une priorité d’action par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Les troubles spécifiques du langage oral ou écrit atteignent 4 à 5 % des enfants soit plus de 150 000 enfants de 5 à 9 ans, 1% présentant des troubles graves. La prise en charge précoce des troubles du langage oral et écrit constitue un enjeu majeur de santé publique car les conséquences de ces troubles dans la vie quotidienne des enfants puis des adultes, sur l’insertion scolaire puis professionnelle peuvent être prévenues ou atténuées par des prises en charge précoces adaptées. Depuis 2001, le plan d’action fédère les efforts des pouvoirs publics, professionnels, associations et parents dans l’objectif d’améliorer le dépistage, d’assurer une prise en charge multidisciplinaire, de former les professionnels. Il décline 28 mesures autour de 5 axes : - mieux prévenir dès l'école maternelle ; - mieux identifier les enfants porteurs d'un trouble spécifique du langage oral et écrit ; - mieux prendre en charge ; - mieux informer, former et chercher ; - assurer le suivi du plan d'action. La création d’une commission nationale relative aux outils à usage des professionnels de l'enfance s’inscrit dans l’axe « mieux identifier les enfants porteurs d’un trouble spécifique du langage oral ou écrit ». L’objectif de cette commission, composée d'experts pluridisciplinaires français et européens francophones, était de rédiger, en se basant sur une synthèse objective des connaissances en la matière, ses recommandations concernant le repérage, le dépistage et le diagnostic des troubles spécifiques du langage oral et écrit de l'enfant. C’est l’objet du présent document mis à disposition notamment des professionnels du secteur médical et de l’enfance et accessible sur le site du ministère de la Santé et des Solidarités: www.sante.gouv.fr — p.2
II. RÉSUMÉ DU RAPPORT
Les troubles spécifiques du langage oral et écrit sont à resituer dansl'ensemble plus vaste des troubles des apprentissages. On estime de 10 à 16 % la proportion d’enfants d'une classe d'âge concernés par ces troubles d’apprentissage. Ce rapport a pour but de fournir les recommandations et les connaissances actuelles sur le repérage, dépistage et diagnostic des troubles du langage chez l’enfant. Dès l'école maternelle, il est nécessaire de repérer, dépister et diagnostiquer un trouble d’acquisition du langage pour permettre une intervention efficace. La qualité de ces trois niveaux d’identification des enfants en difficultés d’apprentissage du langage dépend de la validité des tests utilisés. Le repérage des difficultés d’apprentissage du langage oral puis écrit relève de la compétence des enseignants, du médecin de famille mais aussi des parents de l’enfant. Les enseignants doivent être informés sur les étapes de développement et les signes d’alerte des troubles du langage de manière à pouvoir adresser aux professionnels compétents les enfants chez qui persistent des troubles du langage oral ou écrit après quelques mois de soutien par des mesures simples et adaptées. Le dépistage établit et confirme l’existence de troubles persistants du langage. Le dépistage fait intervenir différentes compétences qui sont variables suivant les situations : du psychologue scolaire en collaboration avec le médecin scolaire à l’orthophoniste ou au médecin pédiatre ou généraliste formé à la passation des tests. Il s’agit d’une procédure de tri avant l’expertise diagnostique. La nécessité d’un diagnostic précis de la nature des troubles souvent complexes dans le domaine du langage compte tenu de la fréquence des déficits associés, doit faire appel à plusieurs compétences que ce soit dans le secteur privé ou le secteur public. Les différents professionnels concernés (orthophoniste, psychomotricien, psychologue, neuropédiatre, pédiatre, pédopsychiatre) doivent se coordonner. L’absence de synthèse diagnostique aboutit à l’absence d’objectif défini dans la prise en charge de l’enfant. Le diagnostic évitera ainsi des rééducations de plusieurs années sans effets et sans remise en cause de l’utilité de cette rééducation. Les centres de référence pour le diagnostic des troubles du langage constituent une aide et une référence dans cette démarche. La commission a établi un état des lieux des méthodes de repérage et de dépistage existantes en France, de leur pertinence et de leurs limites. La commission a analysé chaque outil disponible en France, et leurs critères de validité. Elle a — p.5
tion s’intègre donc dans la politique nationale de lutte contre le handicap telle que l’a définie Monsieur Jacques Chirac, Président de la République.
III. 2. Les troubles spécifiques du langage. Les troubles spécifiques du langage oral et écrit sont à resituer dans l'ensemble plus vaste des troubles des apprentissages. On estime à 10 à 16 % la proportion d’enfants d'une classe d'âge concernés par ces troubles d’apprentissage, 1 % présentant des troubles spécifiques et sévères du langage. Les déficiences intellectuelles (3 % de la population) peuvent se révéler par des troubles du langage sous forme d’un retard des acquisitions ou d’un trouble du développement du langage. D'autres difficultés dans le domaine de la psychomotricité, de l'attention, ou des fonctions visuo-spatiales et temporo-spatiales sont très souvent associées. Les troubles spécifiques du langage comportent l’ensemble des troubles d’apprentissage prédominant sur la sphère langagière. Les troubles primaires ou idiopathiques sont ceux qui ne peuvent être mis en rapport avec des lésions neurologiques ou des Rapport de la commission d'experts chargée d'élaborer au niveau national des recommandations sur les outils à usage 6 des professionnels de l'enfance dans le cadre du plan d'action pour les enfants atteints d'un trouble spécifique du langage. Remis par L. Vallée et G. Dellatolas le 1er octobre 2005 — p.8
mois et 4 ans 6 mois tirés au sort propose que 34% présenteraient des troubles nécessitant une thérapie de la parole et du langage (Alla et al, 1998).
1.2. Prévalences proposées pour les troubles du langage écrit chez l’enfant
Une variabilité importante selon les études est également observée concernant la prévalence des troubles sur le langage écrit, même si les chiffres généralement admis se situent entre 5 et 10% (Habib, 2000). A titre d’exemple, Badian (1999) ne trouve que 2,7% de troubles de la lecture stables durant toute la scolarité primaire et le début de la scolarité secondaire chez 1008 enfants ; Katucic et coll (2001) signalent une prévalence entre 5,3% et 11,8%, selon la définition adoptée, de troubles de la lecture chez 5718 enfants d’âge scolaire ; mais selon un rapport au Sénat Américain en 1995, la dyslexie serait un problème extrêmement fréquent, qui concerne 20% des enfants d’âge scolaire (cité par Swank 1999). 1.3. Conclusion sur la disparité des prévalences proposées
Rapport de la commission d'experts chargée d'élaborer au niveau national des recommandations sur les outils à usage 96 des professionnels de l'enfance dans le cadre du plan d'action pour les enfants atteints d'un trouble spécifique du langage. Remis par L. Vallée et G. Dellatolas le 1er octobre 2005 — p.98
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sources de difficultés de communication, d’intégration scolaire puis sociale avec des répercussions évidemment individuelles et familiales.
On a commencé à désigner ces troubles sous le vocable un peu rassembleur de troubles DYS et ces troubles sont fréquents. On estime aujourd’hui que 4 à 5% des enfants présentent un trouble spécifique du langage oral ou écrit, et ceci justifie l’attention qui a été portée à ces troubles depuis quelques années. En 2001, un plan interministériel Education nationale-Santé a permis d’amorcer une mobilisation plus cohérente des professionnels de la santé et de l’éducation, des associations et des familles. Et l’importance de ces troubles a été rappelée dans le rapport annexé à la Loi de santé publique de 2004 qui retient la poursuite d’un objectif d’amélioration du dépistage et de la prise en charge de ces troubles. Les difficultés d’apprentissage doivent d’abord être repérées par la famille ou par les enseignants. Souvent, en effet, elles se manifestent à l’école. Elles peuvent également être dépistées à l’occasion de visites systématiques effectuées par des médecins, des infirmières, des services départementaux de PMI ou de l’Éducation nationale. — _p.5_
voir des difficultés ou des troubles du langage amène dans la vie des difficultés que les personnes qui n’en ont pas ont du mal à imaginer.
4 à 5% des enfants d’une tranche d’âge sont concernés, soit environ un enfant par classe. Un enseignant rencontrera forcément dans sa carrière un élève atteint de DYS. Parmi ces enfants, un quart d’entre eux ont des troubles vraiment sévères et, en tant que professionnels de santé, nous sommes concernés par rapport aux troubles mais aussi pour leurs conséquences : on connaît tous ces enfants qui viennent consulter parce qu’ils ont mal au ventre, parce que l’école est un problème, qu’ils ont du mal à développer une bonne confiance en eux-mêmes et une bonne estime de soi. Il y a aussi toutes les répercussions familiales. C’est difficile d’imaginer – et je vais être un petit peu familière – quelle galère c’est, pour les familles, que d’avoir des enfants qui ne marchent pas bien à l’école, qu’il faut tirer, pousser, soutenir, participer à de multiples réunions. C’est difficile, il faut le garder à l’esprit. — _p.12_
lans de la sixième année. Une approche beaucoup plus complète vers une recherche spécifique des troubles des apprentissages est nécessaire.
Le développement du dépistage d’éventuels troubles du langage et des apprentissages a demandé un gros investissement de personnels de l’Education nationale. La formation des médecins s’est enrichie de cette thématique et ils sont maintenant le relais « naturel » dans l’institution de la réflexion autour des enfants en difficultés scolaires, dans un travail étroit de collaborations avec les enseignants et les psychologues scolaires qui eux-mêmes ont considérablement élargi leurs connaissances dans ce domaine. ◊ Agnès DUCROS A la question du repérage et du dépistage j’ai rajouté celle de l’adaptation scolaire, parce qu’il me paraît absolument impensable de parler du repérage et du dépistage des difficultés puis des troubles du langage et des apprentissages sans parler de la suite : comment l’école va pouvoir permettre à ces enfants de développer une scolarité, que peut-on leur offrir pour que, finalement, leur désavantage soit compensé ? — _p.12_
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es sont souvent attribués à des troubles de la perception des phonèmes (de la discrimination des sons) (par exemple Tallal (7)).
III. PRÉVALENCE
III.1. Études étrangères Selon une récente revue systématique de la littérature (8), la prévalence médiane des retards de la parole et du langage chez l’enfant entre 2 et 7 ans est de 5,95 %. Cette valeur est proche de celle proposée dans un récent rapport au ministère de l’Éducation Nationale (9) selon lequel environ 5 % des enfants présenteraient une déficience de la parole et du langage, dont moins de 1 % une déficience sévère. Toutefois cette prévalence peut varier selon les études entre 0,6 % et 33 %. Le calcul de la prévalence médiane proposée dans la revue de Law (8) est basé sur les résultats de 11 études épidémiologiques, effectuées entre 1980 et 1997, ayant utilisé des méthodologies et des critères de définition des troubles du langage oral très différents. L’étude la plus récente et la plus large est celle de Tomblin et al. (10), aux États Unis, qui ont étudié 7 218 enfants (anglophones exc lusifs) entre 5 et 6 ans. L’échec au test de dépistage des troubles du langage était de 26,2 %. En cas d’échec au dépistage, une batterie a été proposée aux enfants. Les critères de diagnostic de troubles spécifiques du langage étaient l’obtention de deux scores de langage ou plus (sur 5) à < -1,25 DS (ce critère serait équivalent à < -1,14 DS au score global de langage), avec un Quotient Intellectuel de Performance supérieur à 85 (calculé à partir de deux épreuves de l’échelle de Wechsler) et en l’absence de déficit auditif. La prévalence des troubles spécifiques du langage selon ces critères était de 7,4 % (8 % chez les garçons, 6 % chez les filles). La prévalence était liée au niveau d’éducation des parents. Seulement 29 % des parents des enfants identifiés comme ayant des troubles du langage étaient déjà informés du problème de leur enfant. — p.26
ance de ces troubles.
III.2. Études françaises ♦ Fréquence des consultations et rééducations pour problèmes de langage chez l’enfant :
Une étude épidémiologique française (21) sur 2 582 enfants entre 4 et 16 ans montre que 201 enfants (7,8 %) ont consulté des spécialistes du langage au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les motifs de contact les plus fréquents avec les spécialistes du langage consistent en difficultés liées à la parole (articulation et phonologie) (47,3 %), suivies de celles liées à l’apprentissage de l’écriture (42,8 %) et de la lecture (40,8 %). Les suites données à ces contacts ont été analysées pour les 201 enfants concernés. Un simple bilan a été fait dans 24,4 % des cas, une rééducation a été entreprise dans 69,7 % des cas et une intervention d’une autre nature dans 5 % des cas. Ces mesures sont indépendantes du sexe de l’enfant. Les bilans sont significativement plus fréquents chez les enfants jeunes, tandis que les rééducations augmentent avec l’âge et sont significativement plus fréquentes chez les enfants de 8 à 11 ans. ANAES / Service recommandations et références professionnelles / mai 2001 - 28 - — _p.28_
L’orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l’enfant de 3 à 6 ans
♦ Fréquence des troubles possibles du langage lors d’enquêtes en milieu scolaire :
Sur 2 060 enfants de 3 ans et demi scolarisés en petite section de maternelle, les enseignants ont signalés 477 (23,2 %) comme présentant un problème possible de langage : réponse positive à la question : « par rapport aux enfants de votre classe considérez-vous que cet(te) enfant a un problème de langage » (22). Des pourcentages aussi élevés sont rapportés dans d’autres études dans un dossier du Haut-Comité de Santé Publique de mars 1999 (23) (toutefois, la méthodologie des études n’est pas toujours précisée dans ce dossier) :
A Floirac, en Gironde, (23) une étude sur les problèmes de santé de 195 enfants de grande section de maternelle dans 3 écoles d’une Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP), le bilan à 6 ans aurait montré que 20 % des enfants ont des troubles du langage, 24 % des troubles psychomoteurs et 25 % des troubles du comportement. Parmi les enfants présentant des difficultés scolaires (difficultés d’expression, troubles du graphisme, facteurs de risque de dyslexie, mauvais résultats lors des évaluations), seuls 0,6 % ne présentaient pas de problèmes de santé associés. — p.29
(iii) les pourcentages rapportés concernent plus des troubles « possibles » que des troubles confirmés par un bilan médical et paramédical.
III.3. Conclusions sur les études de prévalence des troubles spécifiques du langage oral chez l’enfant entre 3 et 6 ans Dans les études anglo-saxones, la prévalence varie entre 0,6 % et 33 %. Cette disparité est due essentiellement aux critères de définition utilisés : 1) certaines études considèrent uniquement les troubles du langage spécifiques (non associés à un retard cognitif général) et primaires (non liés à une cause évidente), alors que d’autres s’intéressent aux retards de langage toutes causes confondues ; 2) ces critères reposent souvent sur des scores limites choisis arbitrairement à -x écarts-types de la moyenne, qui fixent en même temps la prévalence (par exemple, à supposer que la distribution du score soit normale, -2DS sélectionnera 2,5 % de la population, -1 DS environ 16 %, etc.). Il paraît nécessaire de valider ces scores limites par des études longitudinales, pour savoir en particulier si les retards constatés à un âge donné constituent de vrais troubles du langage, ou si au contraire ces retards vont être rattrapés avec le développement de l’enfant. — p.30
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- Le recours aux centres de référence – 22
Lexique – 24
GUIDE PRATIQUE
4POURQUOI S’INTÉRESSER AUX TROUBLES DU LANGAGE CHEZ L’ENFANT ?
La maîtrise du langage est un élément fondamental du développement de la personnalitéde l’enfant, de sa réussite scolaire, de son intégration sociale et de sa future insertion professionnelle.
Quatre à cinq pour cent des enfants d’une tranche d’âge sont concernés par des troubles de l’évolution du langage, ce qui représente un enfant par classe. Un quart d’entre eux sont atteints de troubles sévères.
Il s’agit là d’un problème de santé publique rendant nécessaires le développement d’actions médicales de dépistage, de diagnostic et l’élaboration de projets thérapeutiques mis en place le plus précocement possible. — p.4
Sources mobilisées (4)
- [1] src-dgs-sfp-langage-collection-06-reco-outils-rep-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (4 extraits)
- [2] src-dgs-sfp-langage-collection-langes-actes-dgs — DGS-SFP (2007) 📄 (3 extraits)
- [3] src-dgs-sfp-langage-collection-01-ortoph-anaes-2001-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (4 extraits)
- [4] src-dgs-sfp-langage-collection-plaquette-troubles-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)