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Comment améliorer le parcours de santé des troubles Dys ?

Guide parcours de santé TSLA (Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages). Définit 3 niveaux de prise en charge : niveau 1 (situations simples - médecin + rééducateur), niveau 2 (situations complexes - équipe pluridisciplinaire coordonnée), niveau 3 (très complexes - CRTLA). Cible : enfants 3-18 ans.

Cadre clinique

Les Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA), communément appelés « troubles dys », sont des troubles cognitifs spécifiques neurodéveloppementaux. Ils se caractérisent par une déficience d’une ou plusieurs fonctions cognitives, sans déficience intellectuelle globale. Ces troubles sont fréquents et souvent associés chez un même enfant, leur nature et leur niveau de gravité étant variables [2].

Selon la classification internationale DSM-5, les TSLA incluent :

Ces troubles sont fréquemment associés à d'autres troubles comme le trouble du langage oral (dysphasie), le trouble développemental de la coordination (dyspraxie), et les déficits de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH ou TDA) [7].

Repères épidémiologiques

Les troubles spécifiques des apprentissages concernent 5 à 7% des enfants d’âge scolaire. Parmi ceux-ci, 1 à 2% présentent des troubles sévères, avec des répercussions significatives sur leur scolarité et leur vie quotidienne. Environ 15 à 20% des enfants sont confrontés à des difficultés d’apprentissages et scolaires, mais seuls 5 à 7% sont diagnostiqués avec des TSLA [7].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic d’un trouble spécifique des apprentissages nécessite d’exclure l’existence d’une déficience intellectuelle, neurosensorielle (audition et vision) ou de difficultés psychiatriques ou d’environnement social pouvant retentir sur les apprentissages. Le médecin utilise des outils de dépistage validés pour déterminer les bilans spécialisés utiles et les professionnels concernés, en fonction de l’âge et du type de trouble observé [5].

Les bilans spécialisés dépendent du type de trouble :

Interventions recommandées

La prise en charge des TSLA suit un processus rigoureux par étapes : dépistage, diagnostic, planification des soins, suivi et réajustements des approches pédagogiques, réévaluation des objectifs thérapeutiques et moyens rééducatifs. L’enfant et sa famille participent activement à ce processus, accompagnés par les professionnels de l’éducation et de la santé [3].

Niveaux de prise en charge

La Haute Autorité de Santé (HAS) préconise une structuration du parcours de santé en trois niveaux en fonction de la complexité des interventions utiles [5] :

  1. Niveau 1 (proximité) : Diagnostic, prise en charge et suivi des troubles par le médecin traitant et le rééducateur adapté au type de trouble.
  2. Niveau 2 (pluridisciplinaire) : Pour les enfants dont l’évolution reste insuffisante avec la réponse de niveau 1, ou lorsque les troubles sont plus complexes. Ce niveau assure une coordination pluridisciplinaire et une expertise du coordonnateur et de l’ensemble de l’équipe [1].
  3. Niveau 3 (centres de référence) : Pour les cas les plus complexes, avec des bilans multidisciplinaires dans des centres hospitaliers universitaires [5].

Prise en charge rééducative et orientation

Il n’existe pas de technique « miracle » pour les TSLA, mais une prise en charge adaptée permet d’améliorer et/ou de compenser les fonctions déficientes. Les interventions peuvent inclure l'orthophonie, la psychomotricité, l'ergothérapie, l'orthoptie, ou un accompagnement psychologique [6].

Des adaptations pédagogiques à l’école peuvent être mises en place, telles que la lecture orale des consignes, des photocopies des cours, la reformulation des consignes, ou du temps supplémentaire pendant les épreuves. Ces adaptations peuvent se poursuivre jusqu’au brevet, voire jusqu’au bac, selon l’évolution de l’enfant [6].

Recherche et remédiation cognitive

Les efforts de recherche se concentrent actuellement vers le développement de méthodes de remédiation innovantes. Les processus de contrôle cognitif, véritables outils de l’apprentissage, sont essentiels pour la capacité de l’élève à exercer un contrôle cognitif sur ses processus de pensée et ses comportements. Des outils de remédiation cognitive existent, tels que la trousse de remédiation cognitive de la mémoire de travail MémoAction [6].

Cadre légal et droits

En cas de situation de handicap (limitation importante d’activité avec incapacité à la prendre en compte localement avec des moyens simples et non spécifiques) ou restriction de participation dans les actes de la vie quotidienne, dont la scolarité, les familles peuvent constituer un dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) [3].

Les parcours de diagnostic et de prise en charge doivent être adaptés aux types de difficultés d’apprentissage, à leur sévérité, à leur pronostic évolutif ainsi qu’à l’environnement de l’enfant. Ces recommandations définissent une organisation sur trois niveaux en fonction de la complexité des interventions utiles, dès lors que les interventions pédagogiques préventives, ciblées sur les difficultés repérées en classe, n’ont pas été efficaces [5].

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Sources mobilisées (2)