ULIS TSLA (Troubles Spécifiques Langage/Apprentissages)
Mis à jour le
ULIS spécialisée pour les élèves dys (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dyscalculie) et TDAH avec retentissement scolaire majeur. Plus rare que les ULIS TFC.
En bref
- Niveau concerné : both
- Type : inclusive_unit
- Dossier MDPH requis : Oui
- PPS requis : Oui
Cadre clinique
Les ULIS TSLA (Unités Localisées pour l'Inclusion Scolaire Troubles Spécifiques du Langage) sont des dispositifs spécialisés pour les élèves présentant des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA). Ces troubles, également appelés « troubles dys », incluent des troubles du langage (dysphasies), des troubles spécifiques des apprentissages (dyslexies, dysorthographies, dyscalculies), des troubles développementaux de la coordination (dyspraxies) et des déficits de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ces troubles sont répertoriés dans le DSM-5 et la CIM-10, et sont caractérisés par des difficultés persistantes et significatives dans les apprentissages scolaires, professionnelles ou les activités de la vie courante [2].
Les TSLA sont des troubles neurodéveloppementaux spécifiques, non expliqués par une déficience intellectuelle globale. Ils sont présents dès les premières étapes du développement et peuvent se manifester plus tardivement lorsque l'enfant n'arrive plus à mettre en place des stratégies de compensation [2].
Repères épidémiologiques
Les troubles spécifiques des apprentissages sont fréquents et souvent associés chez un même enfant. Par exemple, un trouble du langage oral sera suivi d’un risque de trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture dans plus de 50% des cas. De plus, dans près de 40% des cas, un enfant concerné par un trouble spécifique des apprentissages présente plusieurs troubles [4].
La dyslexie est le trouble le plus étudié par les chercheurs. Des études génétiques et d’imagerie cérébrale sont toujours en cours. L’existence d’une susceptibilité génétique a été démontrée et, à ce jour, quelques gènes de prédisposition ont été identifiés [3].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic des TSLA repose sur des outils d’évaluation standardisés révélant des scores déficitaires en référence aux normes attendues pour l'âge. Ces troubles doivent être spécifiques, ne pouvant pas être entièrement expliqués par une autre pathologie sensorielle, neurologique, intellectuelle ou psychiatrique. Ils doivent également être durables, persistant depuis au moins 6 mois en dépit d’une prise en charge individualisée et d’une adaptation pédagogique ciblée [2].
Les TSLA sont classés en catégories diagnostiques par la Classification internationale des maladies (CIM-10). La CIM-11, dont le contenu est très proche de celui du DSM-5 pour les troubles neurodéveloppementaux, sera diffusée en 2018 [2].
Interventions recommandées
La prise en charge des TSLA nécessite une démarche diagnostique et thérapeutique pluridisciplinaire. Elle impose une coordination des actions pédagogiques, médicales, paramédicales, psychologiques, sociales, et familiales, sous la forme d’un parcours cohérent. La Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré des recommandations visant à améliorer ces parcours de santé spécifiques [10].
Les aménagements et adaptations pédagogiques sont essentiels pour les élèves avec TSLA. Ces aménagements incluent des stratégies de contournement pour éviter la « double tâche », des entrainements au déchiffrement et à la conscience phonologique, à la fluidité de lecture, l’orthographe lexicale et grammaticale, la motricité fine, la calligraphie, le nombre et le calcul. L’usage de l’informatique peut également être bénéfique [12].
Cadre légal et droits
L'orientation en ULIS TSLA est envisagée au cours de l'élaboration du GEVA-sco avec l'enseignant référent, mais c'est la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) au sein de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui, en dernier ressort, décide de l’orientation après accord des parents. L’orientation fait alors l’objet d’une notification adressée aux parents de l’élève ou à son responsable légal [9].
Les élèves scolarisés avec l'appui d'une ULIS TSLA bénéficient d'un enseignement adapté dans le cadre de regroupements au sein de l'ULIS, tout en poursuivant des apprentissages adaptés à leurs potentialités et besoins en classe ordinaire. Ils peuvent également bénéficier d'une aide humaine collective avec un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) [5].
Les ULIS TSLA sont des dispositifs collectifs qui favorisent la scolarisation d’élèves en situation de handicap, du cours préparatoire à la terminale. Les élèves sont regroupés par un enseignant spécialisé au sein d’un groupe (12 élèves maximum en école, 10 élèves maximum en collège ou lycée) [1] [6].
Les sources disponibles ne précisent pas les critères exacts de sévérité ou de combinaison de troubles nécessitant une orientation en ULIS TSLA plutôt qu'en classe ordinaire avec aménagements.