Serenaid

Mérycisme (syndrome de rumination)

Mis à jour le

Fiche sur le mérycisme : Mon enfant rumine sa nourriture : que faire ?

En bref

Cadre clinique

Le mérycisme, ou syndrome de rumination, est un trouble des conduites alimentaires caractérisé par des régurgitations répétées de nourriture juste après les repas, pendant au moins 2 mois. Les aliments sont ensuite re-mastiqués, ré-avalés ou recrachés. Ces régurgitations ne surviennent pas après des nausées et ne se produisent pas pendant le sommeil. Le mérycisme se distingue des vomissements, qui sont une éjection forcée du contenu de l’estomac, et du reflux gastro-œsophagien, qui implique une remontée de liquide acide provenant de l’estomac [5].

La cause exacte du mérycisme reste mal comprise, mais ce trouble semble être amplifié par le stress et l’anxiété. Les régurgitations sont non volontaires et peuvent devenir un automatisme contre lequel l’enfant a du mal à lutter. Pour certains enfants, ce comportement est perçu comme apaisant, tandis que d’autres souhaitent arrêter mais n’y parviennent pas seuls [5].

Repères épidémiologiques

Le mérycisme est un trouble rare, touchant près de 2 % des enfants. Les enfants et adolescents de tous âges peuvent être concernés. Environ la moitié des enfants qui ruminent de la nourriture présentent un autre trouble des conduites alimentaires associé. Le mérycisme peut également être associé à des troubles anxieux, au trouble obsessionnel compulsif, au trouble dépressif, aux troubles des apprentissages, au trouble déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité, et parfois aux troubles du spectre de l’autisme, avec ou sans déficience intellectuelle [8].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic du mérycisme repose sur l’observation des symptômes caractéristiques : régurgitations répétées de nourriture après les repas, sans nausées, et absence de régurgitations pendant le sommeil. Les professionnels de santé doivent poser la question aux patients pour repérer ce trouble, car il est rarement évoqué spontanément [5].

Les signes non spécifiques ou certaines maladies doivent faire rechercher un mérycisme, notamment une mauvaise haleine, des érosions dentaires, des caries, et d’autres troubles des conduites alimentaires comme l’anorexie mentale, la boulimie, ou le trouble de restriction/évitement de l’ingestion d’aliments (ARFID) [8].

Interventions recommandées

La prise en charge du mérycisme nécessite une approche pluridisciplinaire. Les interventions recommandées incluent :

Cadre légal et droits

Les familles d’enfants atteints de mérycisme peuvent bénéficier de différents soutiens. La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) peut instruire les demandes et notifier les droits ouverts aux familles [1]. Les familles peuvent également demander une Allocation Journalière de Présence Parentale pour limiter les difficultés matérielles et se concentrer sur le rétablissement de l’enfant [1].

La réussite des soins repose sur une bonne coordination entre professionnels et une communication régulière avec la famille, facilitée par une bonne alliance thérapeutique. Un suivi régulier est indispensable sur les plans pédiatrique, psychiatrique, psychologique et nutritionnel [9].

Voir cet article dans l'application →

Sources mobilisées (6)