Imite les mots correctement
Mis à jour le
L'enfant peut répéter des mots nouveaux avec une approximation acceptable.
En bref
- Âge repère : 36 mois
- Domaine : language_expressive
- Signe d’alerte si absent à cet âge : Oui
Cadre clinique
L'imitation correcte des mots par un enfant est un marqueur clé du développement du langage expressif. À 36 mois, un enfant typique devrait être capable de répéter des mots nouveaux avec une approximation acceptable. Cette compétence s'inscrit dans un processus plus large d'acquisition du langage, où l'enfant s'exerce à produire des sons, des intonations et des mots, et commence à associer des mots à des situations [3]. L'enfant utilise le langage comme moyen de communication, comprenant le sens des phrases simples et apprenant qu'en parlant, il peut obtenir ce qu'il désire [3].
Cependant, certains enfants peuvent présenter des difficultés à imiter correctement les mots. Ces difficultés peuvent être liées à divers troubles, tels que la dyspraxie verbale, les troubles envahissants du développement, ou d'autres troubles du langage. Par exemple, un enfant atteint de dyspraxie verbale peut prononcer un mot de différentes manières en quelques instants, ce qui rend sa communication moins compréhensible [2]. Ces enfants peuvent avoir des difficultés à produire des mots de plusieurs syllabes et à adopter la bonne intonation [2].
Repères épidémiologiques
Les troubles du langage, incluant les difficultés à imiter correctement les mots, sont relativement fréquents. Par exemple, la dyspraxie verbale, bien que moins connue, affecte une proportion significative d'enfants. Elle peut être génétique, étant plus fréquente chez les enfants dont un des parents est atteint [2]. La moitié des enfants dyspraxiques aurait également des difficultés à apprendre à lire et à écrire [2].
Les signes d'appel pour des troubles du langage varient selon l'âge. À 3 ans, un enfant peut hésiter beaucoup quand il parle, avoir des difficultés à comprendre les phrases hors contexte, ou ne faire que des phrases à deux éléments [5]. À partir de 4 ans, les difficultés peuvent inclure des problèmes pour comprendre les phrases longues, complexes ou abstraites, un vocabulaire restreint et imprécis, et des phrases courtes ou mal construites [5].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic des troubles du langage, y compris les difficultés à imiter correctement les mots, repose sur une évaluation approfondie. Un bilan orthophonique peut être prescrit par un médecin en cas d'inquiétude concernant le développement du langage de l'enfant [4]. L'orthophoniste évalue les capacités de l'enfant à produire des sons, des mots et des phrases, et observe sa progression [7].
Pour les enfants présentant une dyspraxie verbale, l'orthophoniste peut proposer un plan d'intervention composé d'objectifs spécifiques, tels que « produire des mots courts » ou « produire des mots de 3 syllabes », selon le niveau de développement de l'enfant [7]. Le plan d'intervention inclut également des stratégies à appliquer à la maison, dans le milieu de garde ou à l'école pour atteindre ces objectifs [7].
Interventions recommandées
Les interventions pour aider un enfant à imiter correctement les mots incluent des stratégies à la fois pour les parents et les professionnels. Par exemple, il est recommandé de ne pas prendre constamment un ton indiquant à l'enfant qu'on veut lui enseigner la prononciation. Il ne faut pas non plus arrêter la conversation. L'orthophoniste peut indiquer les contextes où il est intéressant de demander à l'enfant de répéter un mot, le cas échéant [1].
Les parents peuvent reformuler ce que l'enfant vient de dire pour ensuite continuer la conversation. Par exemple, si l'enfant dit « dadin » pour signifier qu'il va au magasin, le parent peut répondre : « Oui, on va au magasin. On t'achète un chandail? » [6]. Cette approche, appelée « feedback », permet à l'enfant de savoir qu'on a compris sa demande et de continuer à communiquer [4].
Il est également important de réduire l'utilisation de la tétine lorsque l'enfant veut parler, car cela permet à sa langue d'être plus libre pour prononcer tous les mots [9]. Les parents peuvent également s'amuser avec les mots en exagérant la séparation des syllabes et en lisant des histoires du soir à l'enfant pour l'aider à percevoir la prononciation correcte des mots [9].
Cadre légal et droits
Les enfants présentant des troubles du langage, y compris des difficultés à imiter correctement les mots, peuvent bénéficier de divers dispositifs légaux et droits. Par exemple, en France, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) instruit les demandes et notifie les droits ouverts aux familles [3]. Ces droits peuvent inclure des aménagements scolaires, des aides financières, et des prises en charge par des professionnels spécialisés.
En cas de diagnostic de trouble du langage, il est important de se rapprocher des services sociaux et des professionnels de santé pour bénéficier de ces droits et dispositifs. Les parents peuvent également consulter un neuropsychologue pour une évaluation plus approfondie des fonctions cognitives de l'enfant [KG-7].