Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle adaptée
Mis à jour le
La HAS recommande une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) adaptée à chaque enfant ou adolescent autiste : progressive, concrète, avec des supports visuels, commencée avant la puberté, et à laquelle les familles sont associées.
En bref
- Cité par : HAS, HAS et Anesm
Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle adaptée
Définition clinique
L'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) est une composante essentielle de la dignité humaine et une des libertés fondamentales. Pour les personnes autistes, cette éducation doit être adaptée à leurs spécificités, notamment en tenant compte de leurs particularités sensorielles, cognitives et communicatives [3].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques pour les troubles du spectre de l'autisme (TSA) incluent des difficultés persistantes dans la communication et les interactions sociales, ainsi que des comportements, intérêts ou activités restreints et répétitifs. Ces critères sont définis par des classifications internationales telles que la Classification internationale des maladies (CIM-10) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) [KG-1].
Évaluation
L'évaluation des besoins en EVRAS doit être individualisée et prendre en compte le niveau de développement, les capacités de compréhension et les modalités de communication de la personne autiste. Cette évaluation doit être réalisée par des professionnels formés, en collaboration avec les familles [3].
Intervention
Pour les enfants et adolescents autistes
- Information adaptée : Fournir une information adaptée à l'âge développemental, aux capacités de compréhension et aux modalités de communication habituelles. Cette information doit être progressive, concrète et soutenue par des supports visuels, pictogrammes ou vidéos si nécessaire [3].
- Apprentissage de la demande d'aide : Apprendre à demander de l'aide sur les sujets liés à la vie relationnelle, affective et sexuelle, en informant de l'existence de plusieurs interlocuteurs possibles, tels que les membres de la famille, les professionnels de l'accompagnement, les personnels du planning familial ou les centres ressources spécialisés [3].
- Adaptation des supports éducatifs : Adapter les supports éducatifs existants pour aborder les grandes thématiques de l'EVRAS, en tenant compte du niveau de compréhension et des particularités sensorielles et cognitives de l'enfant ou de l'adolescent autiste [3].
Pour les adultes autistes
- Éducation à la sexualité : L'éducation à la sexualité doit être intégrée dans chaque projet personnalisé et nécessiter le recueil du consentement de l'adulte autiste. Elle doit inclure des apprentissages autour du consentement, des émotions, de la sensorialité, de la perception du corps, du repérage du lieu pour un acte intime, et de la structuration et la fonction du lieu [5].
- Information claire et précise : Délivrer des informations claires et précises autour de la contraception, des maladies sexuellement transmissibles et des mesures d'hygiène, ainsi que de la prévention des violences et des abus sexuels [5].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande :
- D'intégrer de façon régulière et anticipée des sessions d'EVRAS dans les programmes d'accompagnement avant la puberté, puis tout au long de l'adolescence et de la transition vers l'âge adulte. Ces sessions doivent s'inscrire dans la continuité des référentiels de l'Éducation nationale, tout en étant adaptées [1].
- D'adapter les contenus et les outils d'EVRAS aux profils spécifiques des enfants ou adolescents autistes, en tenant compte de leurs particularités sensorielles, cognitives et communicatives. Les outils peuvent inclure des scénarios sociaux, des bandes dessinées sociales ou des outils numériques visuels, des objets concrets [4].
- De mettre l'accent, dans ces outils d'EVRAS, sur les notions de respect de soi et d'autrui et de consentement explicite [4].
- De sensibiliser et former l'ensemble des professionnels intervenant dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), les établissements scolaires ou les établissements sanitaires, ainsi que les familles, à l'importance de l'EVRAS, y compris à l'identification des signes de vulnérabilité, de maltraitance ou d'abus [4].
- De proposer aux personnes autistes victimes de violences sexuelles un accompagnement pluridisciplinaire adapté, permettant un accueil sécurisant, une prise en charge médicale respectueuse et un accès facilité aux démarches judiciaires, avec soutien psychologique spécifique [4].
- D'intégrer dans le soutien aux familles l'approche éducative sur la vie relationnelle, affective et sexuelle de leur enfant [4].
Articulation avec autres professionnels
L'EVRAS doit être réalisée en collaboration avec divers professionnels, notamment :
- Psychologues : Pour réaliser l'évaluation psychologique et participer aux ateliers d'habiletés sociales sur la thématique de la vie affective et sexuelle [KG-4].
- Planning familial : Pour fournir des informations et un soutien en matière de contraception, de prévention des maladies sexuellement transmissibles et de prévention des violences et des abus sexuels [KG-5].
- Centres de Ressources Autisme (CRA) : Pour l'information, les conseils et la formation [KG-6].
- Établissements ou services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) : Pour l'accompagnement global et la mise en place d'ateliers et de programmes d'éducation à la vie affective et sexuelle [KG-7].
Références
- HAS. Trouble du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent. janvier 2026 [1] [2] [3] [4].
- HAS. Trouble du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie de l'adulte. 2018 [5] [6] [7] [8].
- INSERM. Polyhandicap. 2024 [9].
- HAS et Anesm. Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l'enfant et l'adolescent. mars 2012 [10].