Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle adaptée
Mis à jour le
La HAS recommande une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) adaptée à chaque enfant ou adolescent autiste : progressive, concrète, avec des supports visuels, commencée avant la puberté, et à laquelle les familles sont associées.
En bref
- Cité par : HAS, HAS et Anesm
Cadre clinique
L'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVRAS) adaptée est une composante essentielle de l'accompagnement des enfants, adolescents et adultes autistes. Elle doit être intégrée de manière régulière et anticipée dans les programmes d'accompagnement, avant la puberté et tout au long de l'adolescence et de la transition vers l'âge adulte [1]. Cette éducation s'inscrit dans la continuité des référentiels de l'Éducation nationale, tout en étant adaptée aux spécificités de chaque personne autiste [1].
L'EVRAS doit être progressive, concrète et soutenue par des supports visuels, pictogrammes ou vidéos si nécessaire [3]. Les contenus et les outils d'EVRAS doivent être adaptés aux profils spécifiques des enfants ou adolescents autistes, en tenant compte de leurs particularités sensorielles, cognitives et communicatives [4]. Les notions de respect de soi et d'autrui, ainsi que de consentement explicite, doivent être mises en avant [4].
Repères épidémiologiques
Les sources disponibles ne précisent pas de données épidémiologiques spécifiques sur l'EVRAS adaptée pour les personnes autistes. Cependant, il est important de noter que les besoins en matière de vie affective, relationnelle et sexuelle sont universels et concernent toutes les personnes, y compris celles avec des troubles du spectre de l'autisme (TSA) [5].
Diagnostic et évaluation
L'évaluation des besoins en EVRAS doit être individualisée et prendre en compte les capacités de compréhension et les modalités de communication habituelles de la personne autiste [3]. Il est recommandé de fournir une information adaptée à l'âge développemental et aux particularités sensorielles et cognitives de l'enfant ou de l'adolescent [3].
En cas d'incongruence ou de dysphorie de genre chez une personne autiste, une approche prudente s'impose, nécessitant une collaboration étroite entre spécialistes de l'autisme et experts de l'incongruence/dysphorie de genre [3]. Il est rappelé qu’il n’y a pas de données probantes sur l’association entre autisme et incongruence/dysphorie de genre [3].
Interventions recommandées
Pour les enfants et adolescents autistes
- Information adaptée : Fournir une information adaptée à l'âge développemental, aux capacités de compréhension et aux modalités de communication habituelles, afin de soutenir l'expression verbale et non verbale sur les changements corporels liés à la puberté [3].
- Apprentissage à demander de l'aide : Apprendre à demander de l'aide sur ces sujets en informant de l'existence de plusieurs interlocuteurs possibles, tels que les membres de la famille, les professionnels de l'accompagnement, les personnels du planning familial ou les centres ressources spécialisés [3].
- Adaptation des supports éducatifs : Adapter les supports éducatifs existants pour aborder les grandes thématiques de l'EVRAS, en tenant compte du niveau de compréhension et des particularités sensorielles et cognitives de l'enfant ou de l'adolescent autiste [3].
Pour les adultes autistes
- Éducation à la sexualité : L'éducation à la sexualité s'inscrit dans chaque projet personnalisé et nécessite le recueil du consentement de l'adulte autiste [5].
- Apprentissages spécifiques : Mener des apprentissages autour du repérage du lieu pour un acte intime, de la structuration et de la fonction du lieu, ainsi que de la contraception, des maladies sexuellement transmissibles et des mesures d'hygiène [5].
- Prévention des violences et des abus sexuels : Délivrer des informations claires et précises sur la prévention des violences et des abus sexuels [5].
Outils et ressources
- Scénarios sociaux : Utilisation de scénarios sociaux, accompagnés de pictogrammes, pour la vie affective [7].
- Ateliers d'habiletés sociales : Organisation d'ateliers d'habiletés sociales sur la thématique de la vie affective et sexuelle, ainsi que de scénarios sociaux [8].
- Formation des équipes : Formation des équipes sur la thématique de la vie sexuelle et affective, création de groupes de réflexion, élaboration d’une charte, et mise en place de programmes d'éducation sexuelle [8].
Ressources mobilisables
- Psychologues, infirmiers, éducateurs : Ces professionnels peuvent être impliqués dans un accompagnement global [6].
- Planning familial : Ressource mobilisable pour l'accompagnement en matière de vie affective et sexuelle [6].
- Centres de Ressources Autisme (CRA) : Information, conseils et formation disponibles auprès des CRA [6].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas de cadre légal spécifique à l'EVRAS adaptée pour les personnes autistes. Cependant, il est important de noter que la vie intime, affective et sexuelle est une composante de la dignité humaine et une des libertés fondamentales [1].
En cas de violences sexuelles, il est recommandé de proposer un accompagnement pluridisciplinaire adapté, permettant un accueil sécurisant, une prise en charge médicale respectueuse et un accès facilité aux démarches judiciaires, avec soutien psychologique spécifique [4].
Les familles doivent être associées à l'approche éducative sur la vie relationnelle, affective et sexuelle de leur enfant [4].