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Détresse psychique et souffrance émotionnelle

Mal-être psychologique, anxiété, dépression ou idées suicidaires chez l'enfant et l'adolescent. Risque majoré chez les jeunes TND, victimes de harcèlement ou isolés. Lignes d'écoute et accompagnement.

Cadre clinique

La détresse psychique et la souffrance émotionnelle chez l'enfant et l'adolescent se manifestent par des idées noires ou suicidaires, perçues comme des solutions à une situation de douleur ou de détresse jugée insupportable [1] [3]. Ces idées peuvent survenir dans le contexte d'une pathologie psychiatrique (dépression, trouble anxieux, trouble des conduites alimentaires, trouble schizophrénique, trouble bipolaire) mais aussi sans trouble sous-jacent [3]. Des traits de tempérament ou de personnalité, comme l'impulsivité, la difficulté de gestion des émotions ou la rigidité, peuvent représenter des facteurs de vulnérabilité [3].

Les périodes de stress intense, liées à l'isolement ou à l'incertitude par rapport au futur, peuvent favoriser l'apparition ou l'aggravation de ces idées [2] [4]. La détresse émotionnelle déclenche des pensées négatives automatiques, conduisant à une interprétation négative de la réalité et pouvant aller jusqu'à imaginer que la mort ou le suicide est la seule façon de soulager la souffrance [3].

Repères épidémiologiques

Les idées suicidaires sont plus fréquentes chez les adolescents que chez les enfants et plus fréquentes chez les filles que chez les garçons [3]. En France, environ 6% à 10% des élèves sont victimes de harcèlement scolaire chaque année, un facteur de risque majeur pour la détresse psychique [12]. Les élèves présentant des troubles du neurodéveloppement (TND) sont particulièrement exposés, avec des taux de harcèlement bien supérieurs à la moyenne nationale [12]. Par exemple, 60% des élèves avec des troubles dys déclarent avoir subi du harcèlement scolaire [12].

Diagnostic et évaluation

Le repérage des signes de détresse psychique et de souffrance émotionnelle passe par une écoute bienveillante et une évaluation des idées suicidaires. Il est possible de poser des questions directement sur le suicide, ce qui n'augmente pas le risque de passage à l'acte mais permet d'évaluer le degré d'urgence de la situation [1]. Les parents peuvent être guidés par des vidéos et des fiches pratiques pour mieux comprendre et accompagner leur enfant [1] [4].

En cas d'idées suicidaires, il est important de consulter rapidement un médecin (généraliste, pédiatre, service d'urgences) pour évaluer l'urgence de la situation [6]. Si la situation n'est pas urgente, une orientation vers un professionnel (psychologue, psychiatre) peut être proposée pour aider l'enfant à mieux gérer sa souffrance [6]. En cas de haut risque de passage à l'acte, une hospitalisation peut être proposée pour évaluer et mettre en place des prises en charge adaptées [6].

Interventions recommandées

L'accompagnement au quotidien est essentiel pour prévenir le risque suicidaire. Il est recommandé de se montrer disponible, à l'écoute, et d'accueillir la parole de l'enfant avec bienveillance [9]. Les parents peuvent aider leur enfant à identifier des comportements apaisants et à les mettre en pratique lorsqu'il est en difficulté [9].

En cas de harcèlement scolaire, il est important d'encourager l'empathie, de renforcer des valeurs positives et de créer un environnement de dialogue régulier [10]. Le programme pHARe, dispositif national de lutte contre le harcèlement à l'école, propose des pistes pour prévenir et agir efficacement [11].

Cadre légal et droits

Les lignes téléphoniques d'écoute et d'aide sont disponibles pour soutenir les parents et les enfants en détresse psychique. Le numéro national de prévention du suicide (3114) est accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 [5]. D'autres ressources comme SOS Suicide Phénix Écoute, Suicide Écoute et SOS Amitié (Ile de France) sont également disponibles pour offrir un soutien immédiat [5].

En cas de besoin, les parents peuvent demander conseil à leur pédiatre ou médecin généraliste ou se rendre aux urgences les plus proches de chez eux pour une évaluation plus approfondie [5] [6].

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Sources mobilisées (5)