Serenaid

Activite physique TDAH

Pratique reguliere d'activite physique comme complement therapeutique dans le TDAH. Ameliore l'attention, la regulation emotionnelle et le sommeil.

Cadre clinique

Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des symptômes persistants d'inattention, d'hyperactivité et d'impulsivité, affectant les fonctions cognitives et émotionnelles. Les critères diagnostiques selon le DSM-5 incluent une persistance des symptômes dans différents contextes (école, domicile, activités sociales) et une altération significative du fonctionnement ou du développement [1]. Le TDAH est souvent associé à des difficultés de coordination motrice, des troubles du sommeil et des comportements agressifs, nécessitant une prise en charge globale [10].

Repères épidémiologiques

Les troubles du sommeil sont fréquents chez les enfants avec TDAH, avec au moins 50 % des enfants rapportant des problèmes de sommeil, notamment des difficultés à s'endormir et à demeurer endormis [10]. Les études montrent également une prévalence élevée de symptômes d'anxiété, de dépression et de comportements agressifs chez ces enfants [11].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic du TDAH repose sur une évaluation clinique approfondie, incluant des entretiens avec les parents et les enseignants, ainsi que des outils d'évaluation standardisés. Il est crucial de rechercher des symptômes de troubles du sommeil, tels que des ronflements fréquents, des pauses respiratoires au cours du sommeil, un sommeil agité, un syndrome des jambes sans repos la nuit, et une somnolence diurne excessive [10]. Les examens tels que la polysomnographie sont plus destinés aux enfants qui ont des symptômes évocateurs et/ou un risque de syndrome d'apnée obstructive du sommeil, de syndrome des jambes sans repos (SJSR) ou de troubles des mouvements périodiques des membres (PLMD) [10].

Interventions recommandées

Activité physique

L'activité physique régulière est recommandée pour les enfants avec TDAH, car elle peut avoir un impact positif sur la croissance structurelle du cerveau et le développement neurocognitif. Une revue systématique de la littérature réalisée par Suarez-Manzano et al. en 2018 a inclus 16 études interventionnelles chez les enfants avec TDAH et retrouve les résultats suivants : une activité physique de 20 à 30 minutes (avec une intensité de 40 % à 75 %) a un impact positif sur la vitesse de traitement, la mémoire de travail, la planification et la résolution de problèmes ; une activité physique au long cours (séances de plus de 30 minutes, de plus de 40 % d’intensité, plus de trois fois par semaine sur plus de 5 semaines) va améliorer l’attention, l’inhibition, le contrôle émotionnel, le comportement et le contrôle moteur [9]. Une méta-analyse de 2022 a retenu 15 essais contrôlés randomisés visant à évaluer l’impact de l’activité physique chez les enfants et les adolescents avec TDAH, mettant en évidence une amélioration de l’attention, des fonctions exécutives et des compétences motrices [9].

Choix du sport

Le choix du sport doit être adapté aux compétences psychomotrices de l’enfant. Il est nécessaire de se rapprocher des professionnels qui prennent en charge votre enfant (notamment son /sa psychomotricien(ne)) pour vous conseiller et vous orienter [3]. Certains sports collectifs peuvent entraîner des comparaisons entre les enfants et augmenter l’isolement de l’enfant, il peut être intéressant de s’entretenir des difficultés de son enfant avec les responsables pour trouver des techniques d’inclusions « sur mesure » [3].

Encadrement et bienveillance

L’encadrant sportif doit être bienveillant, valoriser l’enfant dans ses efforts et réalisations, et prendre en considération son anxiété. Une formation spécifique n’est pas nécessaire, mais une sensibilisation au TDAH peut grandement faciliter l’intégration de l’enfant [5].

Traitement médicamenteux

Le Methylphenidate, la seule molécule commercialisée en France, est compatible avec la pratique du sport. Il n’y a donc pas d’indication à arrêter le traitement pendant la pratique du sport. Néanmoins, il faudra être vigilant aux effets secondaires tels que les palpitations cardiaques ou toute autre symptôme qui devront être signalés au médecin prescripteur et faire l’objet d’aménagements du traitement si nécessaire [5].

Cadre légal et droits

Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés à la pratique d'activité physique pour les enfants avec TDAH.

Voir cet article dans l'application →

Sources mobilisées (4)