Dysorthographie
Trouble spécifique de l'acquisition de l'orthographe, souvent associé à la dyslexie. Se manifeste par des erreurs persistantes en orthographe d'usage et grammaticale, malgré un enseignement adapté. Le bilan orthophonique permet le diagnostic et guide la rééducation. Des aménagements scolaires (utilisation de l'ordinateur, dictée aménagée) sont recommandés.
Cadre clinique
La dysorthographie est un trouble spécifique de l'acquisition de l'orthographe, souvent associé à la dyslexie. Elle se manifeste par des erreurs persistantes en orthographe d'usage et grammaticale, malgré un enseignement adapté. Ce trouble fait partie des troubles spécifiques des apprentissages, reconnus comme des entités cliniques distinctes selon la classification internationale DSM-5 [1].
Les troubles spécifiques des apprentissages comprennent :
- Le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie)
- Le trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite (dysorthographie)
- Le trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul (dyscalculie) [1]
La dysorthographie est un trouble spécifique de l'orthographe, qui accompagne la dyslexie, le dysfonctionnement cognitif à la base des deux troubles étant probablement commun. Dans la dysorthographie, l'orthographe des mots est très déficitaire, conséquence directe du trouble phonologique des enfants dyslexiques [3].
Repères épidémiologiques
Les troubles spécifiques des apprentissages concernent 5 à 7% des enfants d’âge scolaire. Les troubles spécifiques des apprentissages avec déficit en lecture ou avec déficit du calcul sont fréquemment associés à des troubles développementaux de la coordination ou à des déficits de l’attention. En outre, un trouble du langage oral sera suivi d’un risque de trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture dans plus de 50% des cas [1].
La dyslexie/dysorthographie développementale concerne au minimum 3 à 5% des enfants, avec une prédominance masculine de 2/1 [7]. La dyslexie est un trouble fréquent, touchant près de 4% des enfants. Elle concerne davantage les garçons et les enfants issus de milieux défavorisés, mais tous les enfants peuvent être touchés par ce trouble, y compris des enfants très intelligents et de milieux favorisés [12].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic de dysorthographie repose sur un bilan orthophonique complet. Ce bilan permet de poser le diagnostic et de déterminer les mécanismes de la lecture qui feront l’objet d’une rééducation. Le bilan orthophonique vérifiera d’abord que les compétences en lecture sont significativement inférieures à ce qui est attendu pour l’âge et la classe de l’enfant [11].
Ensuite, le bilan permettra de déterminer si les difficultés en lecture sont notamment expliquées par un déficit d’identification des mots écrits. Ceci se fait grâce à des épreuves de lecture de mots réguliers, irréguliers, fréquents, peu fréquents, et de pseudo-mots (faux mots prononçables qui évaluent les compétences de décodage sans appui sur le sens). On se base également sur des épreuves de conscience phonologique, de mémoire verbale à court-terme, et de dénomination rapide automatique. Pour les petits enfants, on teste de façon plus élémentaire la reconnaissance des graphèmes (les lettres ou groupes de lettres qui représentent les sons de la langue). On évalue également la compréhension écrite et l’orthographe [11].
Le bilan évaluera également le niveau de langage oral [11].
Interventions recommandées
La prise en charge de la dysorthographie doit être pluridisciplinaire et inclure des professionnels spécialisés selon le diagnostic (orthophonistes, neuropsychologues, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes) [4].
Une rééducation orthophonique individuelle est préconisée dès le CP s’il persiste un trouble du langage oral, ou dès la fin du CP si la réponse pédagogique adaptée initiale s’est avérée insuffisante, ou en cas de signes de gravité comme l’absence de correspondance graphème-phonème ou syllabique (/b/a/→ /ba/), tout particulièrement s’il existe un antécédent familial de trouble du langage ou personnel de retard de langage oral. La rééducation de la lecture et de l’orthographe menée simultanément semble préférable [4].
Les axes de la rééducation sont déterminés par les résultats précis de l’évaluation individuelle des stratégies déficitaires et préservées, des fonctions cognitives sous-jacentes en langage oral, compétences phonologiques et traitement visuel, évaluation quantitative et qualitative à l’aide de tests étalonnés. Le décodage et l’encodage par assemblage et les compétences phonologiques sont le premier temps de la rééducation, s’ils ne sont pas suffisamment efficients et automatisés [4].
Après l’arrêt de la rééducation, les adaptations en milieu scolaire demeurent indispensables en fonction du handicap en terme de vitesse de lecture et dysorthographie. Pour cela, l’outil informatique peut s’avérer utile : traitement de texte (en cas de troubles du graphisme associés), correcteur orthographique, dictée vocale (en cas de séquelles importantes) pour offrir à l’enfant la lecture de textes par l’ordinateur et améliorer la lisibilité des productions écrites [5].
Cadre légal et droits
Les enfants présentant une dysorthographie peuvent bénéficier d'aménagements d'examens, dispositif officiel permettant aux candidats en situation de handicap de bénéficier d'aménagements particuliers [KG-6].
Les enfants avec des troubles spécifiques des apprentissages peuvent également bénéficier de parcours coordonnés par les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) pour les enfants avec suspicion de troubles du neurodéveloppement [KG-5].
Les enfants dys peuvent être scolarisés en ULIS spécialisée pour les élèves dys (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dyscalculie) et TDAH avec retard mental associé [KG-4].
Sources mobilisées (7)
- [1] INSERM Dys Dossier — INSERM (2024) 📄 (1 extrait)
- [2] src-dgs-sfp-langage-collection-03-expert-coll — DGS-SFP (2007) 📄 (4 extraits)
- [3] src-dgs-sfp-langage-collection-difficultes-et-troubles-des-apprentissages-chez-l — DGS-SFP (2007) 📄 (2 extraits)
- [4] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-3 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [5] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-2-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [6] src-dgs-sfp-langage-collection-06-lexique — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [7] Difficultés d’apprentissage de la lecture : mon enfant est-il dyslexique ? — expert (2024) 📄 (2 extraits)