Dépression de l'enfant et de l'adolescent
Trouble de l'humeur affectant le fonctionnement quotidien de l'enfant ou de l'adolescent. Présentation parfois atypique (irritabilité plutôt que tristesse chez l'enfant, refus scolaire, plaintes somatiques). Touche environ 2-3% des enfants prépubères et 4-8% des adolescents. Comorbidités fréquentes : anxiété, TDAH, troubles dys. La prise en charge associe psychothérapie (TCC, ACT, art-thérapie, IPT) et, si sévérité ou résistance, traitement antidépresseur sous surveillance.
Cadre clinique
La dépression chez l'enfant et l'adolescent se manifeste différemment de celle de l'adulte. Elle ne se limite pas à des périodes transitoires de baisse de moral, mais constitue une entité clinique sévère nécessitant une intervention adaptée [4]. Les symptômes peuvent inclure une humeur triste quasi permanente, une irritabilité accrue, des crises de colère explosives, des sautes d'humeur, et des problèmes de comportement inhabituels [11]. Les enfants déprimés peuvent également présenter une baisse marquée d'intérêt pour les activités qu'ils appréciaient auparavant, une tendance à l'isolement, des perturbations de l'appétit et du sommeil, ainsi qu'une dévalorisation de soi [11].
Repères épidémiologiques
La dépression touche environ 2-3% des enfants prépubères et 4-8% des adolescents [1]. Elle est souvent comorbidique avec d'autres troubles, notamment les troubles anxieux (30% des cas de TDAH) et les troubles obsessionnels-compulsifs (6 à 10% des cas de TDAH) [2]. La prévalence du TDAH dans les troubles de l'humeur est de 28% dans l'enfance, 17% à l'adolescence et 7% à l'âge adulte [2]. Les enfants TDAH peuvent également ressentir des symptômes dépressifs comorbides, particulièrement à l'approche de l'adolescence et de l'âge adulte [10].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic de dépression chez l'enfant et l'adolescent repose sur une évaluation clinique approfondie. Les critères diagnostiques du trouble dépressif majeur (TDM) incluent une humeur dépressive ou une perte d'intérêt ou de plaisir, accompagnés d'au moins quatre autres symptômes parmi les suivants : perte ou gain de poids significatif, insomnie ou hypersomnie, agitation ou ralentissement psychomoteur, fatigue ou perte d'énergie, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, diminution de la capacité de penser ou de se concentrer, et pensées récurrentes de mort ou idées suicidaires [5].
Il est recommandé de rechercher systématiquement les comorbidités fréquentes, telles que les troubles anxieux, les troubles oppositionnels avec provocation (TOP), les troubles des conduites (TC), et les troubles du sommeil [3]. La concomitance du trouble bipolaire (TB) et du TDAH peut être difficile à diagnostiquer et nécessite une exploration clinique minutieuse [5].
Interventions recommandées
La prise en charge de la dépression chez l'enfant et l'adolescent repose sur une approche multimodale. Pour les dépressions légères, une psychothérapie de soutien est souvent suffisante [9]. Pour les dépressions modérées, une psychothérapie ciblée, de type cognitivo-comportementale (TCC), est recommandée [9]. La TCC vise à identifier et remplacer les schémas de pensée négatifs par des schémas alternatifs plus positifs [9]. Les adolescents atteints de TDAH et d'anxiété/dépression semblent tirer davantage profit de la TCC que ceux présentant un trouble oppositionnel avec provocation [6].
Pour les dépressions sévères ou modérées ne s'étant pas suffisamment améliorées après une TCC, une psychothérapie combinée à un traitement médicamenteux spécifique, type antidépresseur, est ajoutée [9]. La fluoxétine, en particulier, bénéficie de l'autorisation de mise sur le marché pour l'enfant à partir de l'âge de 8 ans, suite à un nombre d'études considérables et un recul suffisant sur son efficacité et sa tolérance [9]. Une prescription conjointe d'un traitement anxiolytique pendant les quelques semaines est une pratique courante pour baisser le niveau d'anxiété de l'enfant, le protéger d'une potentielle augmentation des idées suicidaires et régulariser son sommeil [8].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés à la dépression de l'enfant et de l'adolescent.