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Accueillir l'enfant à risque de TND en crèche ou en collectivité le plus tôt possible

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La HAS recommande que les jeunes enfants à risque de trouble du neurodéveloppement, ou chez qui un trouble est suspecté, soient accueillis en crèche, halte-garderie ou multi-accueil le plus tôt possible, avec des places réservées. Cette socialisation précoce soutient le développement et prépare l'entrée à l'école ; elle n'attend pas la fin des bilans.

En bref

Cadre clinique

Les troubles du neurodéveloppement regroupent un ensemble d'affections débutant durant la période du développement. Ils entraînent des difficultés significatives dans l'acquisition et l'exécution de fonctions spécifiques intellectuelles, motrices, sensorielles, comportementales ou sociales [KG-1]. Les classifications médicales récentes, comme le DSM-5 (2015) et la CIM-11 (2018), définissent ces troubles qui incluent l'autisme, le TDAH, les troubles dys, et d'autres [6].

Repères épidémiologiques

Les troubles du neurodéveloppement affectent une part significative de la population pédiatrique. Par exemple, 70 % des personnes concernées par ces troubles ont des difficultés cognitives persistantes à l'âge adulte [12]. La prévalence exacte varie selon les troubles spécifiques, mais l'importance du repérage précoce est soulignée par la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027, qui vise à améliorer l'identification et l'accompagnement des enfants concernés [9].

Diagnostic et évaluation

Le repérage précoce des troubles du neurodéveloppement est essentiel pour permettre une intervention rapide et adaptée. Les parents sont souvent les premiers à remarquer des signes inhabituels, mais d'autres professionnels comme les médecins généralistes, les pédiatres, les professionnels de la petite enfance, et les enseignants en école maternelle peuvent également jouer un rôle clé [12]. Les signes d'alerte incluent l'absence de babillage ou de contact visuel, des difficultés à interagir avec autrui, des retards dans le langage ou la marche, des comportements répétitifs, et des difficultés de concentration [12].

Le carnet de santé intègre désormais des pages concernant le repérage précoce, facilitant ainsi l'identification des signes d'alerte [11]. Les professionnels disposent de plusieurs ressources pour faciliter ce repérage, notamment des grilles d'observation validées, des recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), et des modules de formation dans le cadre de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement [11].

Interventions recommandées

Inclusion en collectivité

Il est recommandé de mettre en place une inclusion précoce des enfants à haut risque de troubles du neurodéveloppement ou avec des troubles du neurodéveloppement suspectés en établissement d'accueil du jeune enfant (halte-garderie, crèche, lieu de rencontre parents) le plus tôt possible. Cette inclusion permet de préparer l'inclusion scolaire et d'accompagner les familles [2] [3]. Les places en crèche ou multi-accueil doivent être réservées pour ces jeunes enfants [1].

Guidance parentale

Les parents jouent un rôle central dans la prise en charge et l'éducation de leur enfant. Il est recommandé d'intégrer très précocement des stratégies d'accompagnement et de soutien au développement des compétences de régulation émotionnelle aux programmes d'intervention et de formation habituellement proposés aux parents d'enfants vulnérables et « à risque » [1] [3]. La guidance parentale doit débuter dès les premiers signes d'alerte et continuer en attendant la mise en place des interventions précoces [5].

Suivi médical et réévaluation

Le repérage de troubles du neurodéveloppement ne dispense pas d'un suivi médical régulier de l’enfant par son médecin traitant (médecin généraliste ou pédiatre) ou le médecin de PMI. Le médecin traitant assure le repérage des signes d’alerte de troubles du neurodéveloppement et peut être initialement le médecin référent du suivi de ces troubles [3]. Un lien doit être établi avec l'école, avec l'accord des parents, pour faciliter la coordination entre les différents intervenants [2].

Cadre légal et droits

La stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027 met en place un dispositif national de repérage et d'intervention précoce pour les enfants de 0 à 6 ans. Ce dispositif inclut une consultation avec un professionnel de santé, l'utilisation d'outils validés pour repérer les signes de troubles du neurodéveloppement, et une orientation vers une plateforme de coordination et d’orientation (PCO). Les bilans et interventions sont pris en charge sans avance de frais grâce à un financement par l'Assurance Maladie [11].

Les parents doivent être informés que les échanges effectués entre les intervenants respecteront le principe de confidentialité [2]. Les professionnels de santé, les enseignants, et les parents peuvent tous jouer un rôle dans l'alerte et l'orientation vers une évaluation spécialisée [12].

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Sources mobilisées (3)