Troubles de la voix (pathologies vocales)
Mis à jour le
De nombreux outils ont été créés par les orthophonistes pour la prévention des troubles du langage oral, du langage écrit et des pathologies vocales par exemple
En bref
- Attesté par : 1 document (DGS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Cadre clinique
Les troubles de la voix, ou pathologies vocales, sont inclus dans le champ de compétence des orthophonistes, qui interviennent pour le bilan et le traitement de ces troubles, quel que soit le mode d’exercice (libéral ou salarié) [1]. Ces pathologies peuvent être isolées ou associées à d'autres troubles de la communication, comme les troubles du langage oral ou écrit [1]. Les orthophonistes utilisent divers outils pour la prévention et la prise en charge de ces troubles, notamment des outils spécifiques comme le DPL3 et l'ERTL [1].
Les troubles de la voix peuvent se manifester de différentes manières, notamment par des difficultés articulatoires, des troubles de l’organisation des syllabes, ou des troubles de la fluence (bégaiement) [6]. Ces troubles peuvent avoir des répercussions sur l’intelligibilité de la parole et sur la communication globale de la personne concernée [6].
Repères épidémiologiques
Les troubles de la parole et du langage sont relativement fréquents chez les enfants. Une étude a montré que la prévalence de ces troubles était de 15 % chez les enfants de la maternelle au CE1, correspondant à un score de <-1,65 DS [5]. Une autre étude, menée sur un échantillon représentatif de 1 655 enfants de 5 ans, a révélé que 19 % des enfants présentaient des troubles de la voix ou un bégaiement [5]. Les auteurs de cette étude estiment que la prévalence des troubles de la parole ou du langage dans la population générale des enfants de 5 ans se situerait entre 16,2 % et 21,8 % [5].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic des troubles de la voix repose sur une évaluation approfondie réalisée par un orthophoniste. Cette évaluation peut inclure des tests standardisés pour mesurer les performances linguistiques et articulatoires de l’enfant [5]. Par exemple, le Bankson Language Screening Test (BLST), le Screening Test for Auditory Comprehension of Language (STACL) et le Photo Articulation Test (PAT) sont des outils utilisés pour dépister les troubles de la parole et du langage [5].
Les critères diagnostiques peuvent varier selon les études et les outils utilisés. Par exemple, dans l’étude de Beitchman et al., les troubles de la parole étaient retenus si l’enfant présentait au moins un des trois critères suivants : un score inférieur à -2DS au test d’articulation de mots, un score inférieur à -2DS au test de discrimination de mots, ou un trouble de la voix, un bégaiement ou une dysarthrie [5]. Les troubles du langage étaient retenus si l’enfant présentait au moins un des critères suivants : un score inférieur à -1DS au spoken language quotient du Test of Language Development (TOLD), un score inférieur à -2DS à au moins un des subtests de langage, un score inférieur à -1DS au Peabody test, ou un score inférieur à -1DS à un test de mémoire auditivo-verbale [5].
Interventions recommandées
La prise en charge des troubles de la voix et de la parole repose sur des approches faisant consensus, permettant de favoriser le développement et la réhabilitation du langage, de la communication et des fonctions cognitives [6]. Par exemple, le plan phonatoire est une intervention qui vise à diminuer l’impact sur l’intelligibilité en travaillant sur la compensation des troubles articulatoires, des troubles de la parole et des troubles de la voix [6].
Les orthophonistes utilisent également des outils spécifiques pour la rééducation des troubles du langage oral, comme le texte MonPaGe, qui est adapté pour les populations d’enfants et de jeunes ados [8]. Ce texte a un score de lisibilité de Flesch de 90, ce qui le rend très facile à lire pour les enfants âgés de plus de 10 ans [8].
Cadre légal et droits
Les orthophonistes sont des professionnels de santé qui interviennent dans le cadre de la rééducation des troubles du langage oral, de la parole et de la voix [9]. Leur intervention est cotée dans la nomenclature générale des actes professionnels, ce qui permet une prise en charge par la sécurité sociale [9].
Les orthophonistes sont également engagés dans la prévention des troubles du langage et des apprentissages. Ils collaborent avec différentes associations de patients et de professionnels pour mettre en œuvre des opérations de dépistage, de repérage et d’information [10]. Par exemple, ils interviennent auprès des personnels de PMI, de crèches et de lieux de garde de la petite enfance pour former les professionnels à la passation du DPL3 [10].
En conclusion, les troubles de la voix sont des pathologies qui peuvent avoir un impact significatif sur la communication et la qualité de vie des personnes concernées. Une évaluation approfondie par un orthophoniste est essentielle pour établir un diagnostic précis et mettre en place une prise en charge adaptée. Les interventions recommandées visent à favoriser le développement et la réhabilitation du langage, de la communication et des fonctions cognitives, en utilisant des outils spécifiques et des approches faisant consensus.
Sources mobilisées (7)
- [1] HAS TDAH 2024 — HAS (2024) 📄 (1 extrait)
- [2] src-dgs-sfp-langage-collection-01-ortoph-anaes-2001-2 — ANAES (2007) 📄 (4 extraits)
- [3] PNDS T21 2020 — HAS (2020) 📄 (1 extrait)
- [4] src-dgs-sfp-langage-collection-langes-actes-dgs — DGS (2007) 📄 (3 extraits)
- [5] FNO — FNO (2018) 📄 (1 extrait)
- [6] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2023) 📄 (1 extrait)
- [7] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2023) 📄 (1 extrait)