Syndrome de Lennox-Gastaut
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Le syndrome de Lennox Gastaut peut survenir plus tardivement
En bref
- Attesté par : 2 documents (dont 2 HAS) — meilleur niveau de preuve : Avis d'experts
Syndrome de Lennox-Gastaut
Définition clinique
Le syndrome de Lennox-Gastaut (LGS) est une forme sévère d'épilepsie de l'enfance, caractérisée par des crises épileptiques variées, des anomalies électroencéphalographiques (EEG) spécifiques et un retard psychomoteur. Ce syndrome est souvent associé à des troubles du neurodéveloppement et peut survenir plus tardivement chez certains patients, notamment ceux atteints de trisomie 21 [2].
Critères diagnostiques
Le diagnostic du LGS repose sur plusieurs critères cliniques et électroencéphalographiques :
- Crises épileptiques variées : Le LGS se manifeste par des crises toniques, atoniques, atonico-axoniques, myocloniques et des absences atypiques. Ces crises peuvent être généralisées ou focales [1].
- Anomalies EEG : L'EEG montre des pointes-ondes lentes (1-2,5 Hz) et des anomalies paroxystiques généralisées. Les pointes-ondes continues du sommeil (POCS) sont également fréquentes [KG-9].
- Retard psychomoteur : Le LGS est souvent associé à un retard du développement psychomoteur, qui peut être présent avant l'apparition des crises ou se développer secondairement [3].
Évaluation
L'évaluation du LGS comprend :
- Examen clinique : Évaluation des crises, du développement psychomoteur et des antécédents médicaux.
- EEG : Examen indispensable pour confirmer le diagnostic et évaluer l'activité épileptique [KG-7].
- Imagerie cérébrale : IRM cérébrale pour identifier d'éventuelles lésions cérébrales sous-jacentes.
- Bilan étiologique : Recherche des causes sous-jacentes, telles que la sclérose tubéreuse de Bourneville ou la trisomie 21 [KG-3] [KG-8].
Intervention
La prise en charge du LGS est multidisciplinaire et comprend :
- Traitement médicamenteux :
- Benzodiazépines : Utilisées pour le traitement des crises prolongées ou des états de mal épileptique. Le clonazépam doit être utilisé avec prudence en raison du risque d'aggravation [4].
- Corticothérapie : Proposée sous forme de cures de plusieurs mois à forte dose dans certains cas de LGS, notamment en présence de régression [5].
- Dérivés du cannabidiol : Efficaces dans le LGS, avec une posologie recommandée de 10 à 20 mg/kg/jour en 2 prises. La titration doit être lente et la surveillance biologique régulière [6].
- Fenfluramine : Efficace dans le LGS, mais nécessite une surveillance cardiologique étroite en raison de la toxicité potentielle sur les valves cardiaques [6].
- Traitement des crises prolongées : Utilisation de benzodiazépines par voie rectale (diazépam) ou buccale (midazolam) pour interrompre les crises longues [4].
- Éducation de la famille et de l'entourage : Formation au maniement des traitements d'urgence et à la gestion des crises [4].
Recommandations officielles
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour la prise en charge des épilepsies de l'enfant incluent :
- Diagnostic et évaluation : Réalisation d'un EEG standard devant toute première crise sans fièvre [KG-7].
- Traitement : Utilisation de traitements antiépileptiques adaptés en fonction du type de crises et des anomalies EEG [1].
- Suivi : Surveillance régulière de l'efficacité du traitement et des effets secondaires.
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge du LGS nécessite une collaboration étroite entre différents professionnels de santé :
- Neurologues et épileptologues : Pour le diagnostic et le traitement médicamenteux.
- Pédiatres : Pour le suivi global de l'enfant.
- Psychologues et orthophonistes : Pour l'évaluation et la prise en charge des troubles du neurodéveloppement associés.
- Ergothérapeutes et psychomotriciens : Pour la rééducation et l'amélioration de l'autonomie.
Références
- HAS. Parcours de santé de l’enfant avec épilepsie. 2023.
- INSERM. Polyhandicap. 2024.
- Délégation interministérielle aux troubles du neurodéveloppement. Livret Epilepsie et troubles du neurodéveloppement. 2026.