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Orthoptiste

Professionnel de santé spécialisé dans la rééducation de la fonction visuelle. Évalue et traite les troubles oculomoteurs (strabisme, insuffisance de convergence), les troubles neurovisuels et les difficultés de coordination oeil-main. Souvent impliqué dans la prise en charge de la dyslexie (composante visuelle) et des troubles visuo-spatiaux. Remboursé par l'Assurance maladie sur prescription.

Cadre clinique

L'orthoptiste est un professionnel paramédical spécialisé dans le dépistage, la rééducation et l'exploration fonctionnelle des troubles de la vision. Sa mission couvre un large spectre d'âges, du nourrisson à la personne âgée. La formation pour devenir orthoptiste s'étend sur trois années après un examen d'entrée, et est dispensée dans les Unités de Formation et de Recherche (UFR) de Médecine. Les étudiants effectuent des stages réguliers en milieu hospitalier, et obtiennent à l'issue de leur formation un Certificat de Capacité d'Orthoptiste, instauré par le Décret du 11 août 1956 [1].

L'exercice de l'orthoptie est strictement encadré par le Code de la Santé Publique. Les actes orthoptiques ne peuvent être réalisés que sur prescription médicale indiquant la nature de l'examen demandé. La prise en charge orthoptique est remboursée par l'Assurance Maladie [1].

Repères épidémiologiques

Les sources disponibles ne précisent pas la prévalence des troubles visuels nécessitant une intervention orthoptique. Cependant, l'orthoptiste intervient dans divers domaines, notamment les troubles de la vision binoculaire (strabismes, paralysies des muscles oculomoteurs, troubles de la convergence), la malvoyance, les troubles neurovisuels (agnosies, troubles du champ visuel), et les troubles des apprentissages comme la dyslexie visuo-attentionnelle et la dyspraxie visuo-spatiale [1] [12].

Diagnostic et évaluation

Le bilan orthoptique comprend trois axes principaux : le bilan sensoriel, le bilan oculomoteur, et l'évaluation des troubles neurovisuels. Le bilan sensoriel examine l'acuité visuelle, le champ visuel, la vision des couleurs et des contrastes, ainsi que la vision stéréoscopique. Le bilan oculomoteur recherche les déséquilibres oculomoteurs et examine la motricité conjuguée des yeux. Pour les troubles neurovisuels, un bilan neurovisuel spécifique est réalisé, notamment pour les personnes présentant des difficultés d'apprentissage (lecture, écriture, troubles de l'attention, repérage dans l'espace) [12].

Interventions recommandées

L'orthoptiste joue un rôle crucial dans la prise en charge des troubles visuels, notamment en collaboration avec les enseignants pour adapter l'environnement scolaire aux besoins des enfants. Les adaptations peuvent inclure l'installation dans la classe (plan incliné, modalités d'éclairage), la présentation des exercices, la taille des caractères, et l'utilisation d'aides techniques comme des guides-lignes, des loupes, ou des logiciels spécifiques sur ordinateur [2].

Pour les enfants présentant des difficultés de lecture, un suivi orthoptique peut être complémentaire à un suivi orthophonique. Le bilan neurovisuel permet d'obtenir des éléments supplémentaires pour mieux traiter le trouble et aider l'orthophoniste dans la prise en charge de l'enfant. Cette prise en soin est généralement brève, s'étalant sur quelques semaines, et peut être effectuée en parallèle ou en décalé d'une prise en soin orthophonique [6] [9].

Cadre légal et droits

Les actes orthoptiques sont pris en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale. Les orthoptistes exercent dans le cadre légal défini par le Code de la Santé Publique, garantissant ainsi une pratique réglementée et sécurisée pour les patients [1].

Pour les enfants présentant des troubles visuels nécessitant des aménagements significatifs à l'école, un Projet d'Accueil Individualisé (PAI) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) peut être mis en place. Ces projets sont contractés entre la famille, l'école d'accueil, et le médecin scolaire ou le médecin de Protection Maternelle et Infantile (PMI) pour les enfants de moins de trois ans. Ces dispositifs peuvent être validés par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) si nécessaire [3] [11].

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Sources mobilisées (4)