Serenaid

Enseignant

Mis à jour le

la connaissance de l’histoire familiale de difficultés langagières peut aider à alerter les professionnels (pédiatres, médecins scolaires, enseignants) afin de surveiller le développement langagier de l’enfant

En bref

Cadre clinique

Les enseignants jouent un rôle clé dans le repérage des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA). Leur observation quotidienne des enfants leur permet d'identifier des signes d'alerte et d'orienter vers les professionnels de santé compétents. Les outils de repérage utilisés par les enseignants, bien que non diagnostiques, permettent d'objectiver les difficultés langagières et d'alerter les familles. Ces outils modifient le regard de l'enseignant sur l'enfant et peuvent influencer la pratique pédagogique en formalisant une suspicion de trouble du langage [1].

Les enseignants sont également impliqués dans la coordination pédagogie/santé. Ils doivent être informés des difficultés fonctionnelles en rapport avec les troubles et des possibilités d'adaptations pédagogiques. Cette information peut être dispensée, avec l'accord des parents, par le médecin de l'enfant, le médecin scolaire, le rééducateur et/ou par défaut, par les parents [4].

Repères épidémiologiques

Environ 4 à 5% des enfants d'une tranche d'âge sont concernés par des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, soit environ un enfant par classe. Parmi ces enfants, un quart d’entre eux ont des troubles vraiment sévères. Les enseignants rencontreront forcément dans leur carrière un élève atteint de ces troubles [8].

Diagnostic et évaluation

Le repérage des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) est réalisé par les enseignants en collaboration avec les autres professionnels de l'Éducation nationale. Les enseignants utilisent des évaluations normées (Eduscol) et peuvent être accompagnés par les enseignants des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et par les psychologues de l'Éducation nationale [12].

Les enseignants sont également impliqués dans le dépistage des troubles du langage oral et écrit. Ils peuvent utiliser des outils d'aide au repérage, en particulier des questionnaires, pour identifier les difficultés dans l’un ou l’autre des domaines cognitifs. Le premier dépistage est réalisé par le médecin de PMI, à l'occasion du bilan de 3-4 ans, sur la base des informations fournies par l'enseignant, la famille, les membres des RASED [6].

Interventions recommandées

Les enseignants ont besoin de formation initiale et continue pour repérer les difficultés et les besoins spécifiques de certains enfants. Des outils très simples permettraient aux enseignants d’être alertés et d'orienter vers les professionnels de santé de l’école (médecins scolaires et psychologues) et/ou le médecin référent de l’enfant (médecin généraliste, pédiatre) pour réaliser le dépistage et le diagnostic de troubles du langage et des troubles associés [2].

Les enseignants doivent également être informés des aménagements et adaptations en lien avec les difficultés repérées. La connaissance des troubles spécifiques des apprentissages et les aménagements à proposer en fonction du trouble de l’élève (éviter la « double tâche » / stratégies de contournement) est essentielle. La reconnaissance d’une situation de handicap d’un enfant justifiant la mise en œuvre d’adaptations ou d’aides, indépendamment d’un éventuel dossier déposé à la MDPH, est également importante [5].

Cadre légal et droits

Les enseignants sont impliqués dans l'élaboration d'un cadre législatif permettant la coordination pédagogie/santé. Ils doivent prendre en compte, pour les enseignants, les temps de concertation et de préparation des cours et accompagnement des élèves avec TSLA. Les enseignants doivent également être informés des aménagements et adaptations en lien avec les difficultés repérées [5].

Les enseignants sont également impliqués dans la mise en place d'un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) pour les élèves en situation de handicap. Ce document contractuel élaboré par la CDAPH/MDPH définit les modalités de scolarisation d'un élève [KG-12].

Voir cet article dans l'application →

Sources mobilisées (3)