Crises épileptiques nocturnes
Mis à jour le
Survenue de crises épileptiques pendant le sommeil.
Crises épileptiques nocturnes
En bref
Introduction Définition de l’épilepsie L’épilepsie a été définie conceptuellement par la Ligue internationale contre l’épilepsie comme une pathologie cérébrale caractérisée par une prédisposition… ractère épileptique ou non d’un évènement paroxystique. Orientation de l’enfant 1.3.1.
HAS Épilepsie Enfant 2023 — HAS (2023)
Introduction Définition de l’épilepsie L’épilepsie a été définie conceptuellement par la Ligue internationale contre l’épilepsie comme une pathologie cérébrale caractérisée par une prédisposition durable à générer des crises et par les conséquences cognitives, comportementales, psychologiques et sociales de cette con- dition. Cette maladie chronique ne se résume donc pas à la survenue de crises, et elle peut retentir sur la qualité de vie des PAE par ses conséquences sur leur fonctionnement habituel. Les crises d’épilepsie sont fréquentes chez l’enfant : 5 % environ d’une classe d’âge ont au moins une crise avant 5 ans. Dans la plupart des cas, il s’agira d’un épisode unique, le plus souvent en rapport avec la fièvre. On parle alors de crise épileptique occasionnelle et non pas d’épilepsie, l’épilepsie se caractérisant par la survenue récurrente et spontanée de crises d’épilepsie. L’incidence des épilepsies est beaucoup plus importante à l’âge pédiatrique que chez les adultes. Elles constituent un groupe de maladies hétérogènes par leurs étiologies et leurs re- tentissements, surtout lorsqu’elles débutent dans un cerveau en développement. L’épilepsie est également une maladie particulièrement anxiogène et son retentissement au sein de la famille et sur les apprentissages, la scolarité, et les activités extrascolaires doit être évalué et le plus possible maîtrisé. Comme toute maladie chronique, l’implication personnelle de l’enfant doit être recherchée dès le plus jeune âge, en fonction de ses capacités, par des explications directes à l’enfant et par l’autonomisation dans la prise du traitement et dans la gestion quoti- dienne de sa maladie. La démarche diagnostique est identique à l’âge adulte mais le nombre de possibilités diagnos- tiques est plus large. De plus, un enfant peut évoluer d’un syndrome épileptique à un autre avec le temps. Sur le plan opérationnel, le diagnostic d’épilepsie est posé dans trois situations : 1) Survenue de deux crises d’épilepsie sans facteur déclenchant, séparées d’au moins 24 heures ; 2) Sur- venue d’une crise d’épilepsie dont le bilan permet de poser un diagnostic de syndrome épilep- tique (par exemple, épilepsie à pointes centro-temporales, ou épilepsie généralisée idiopathique) ; 3) Survenue d’une crise d’épilepsie dont le bilan retrouve une cause d’épilepsie (par exemple, diagnostic de malformation épileptogène du cortex). — p.6
ractère épileptique ou non d’un évènement paroxystique. Le diagnostic positif repose donc sur l’interrogatoire des témoins et de l’enfant si possible.
1.2.4. Prise en chargeLa prise en charge en urgence dépend avant tout de l’âge de l’enfant au moment de la surve- nue de la première crise.
1.2.4.1. Avant 1 anLa survenue d’une authentique crise épileptique sans fièvre nécessite une hospitalisa- tion. Il est indispensable d’éliminer rapidement quelques causes nécessitant une prise en charge urgente : ‒ cause traumatique : une crise non fébrile avant l’âge de 1 an doit faire évoquer un hé- matome sous-dural par traumatisme induit. Une augmentation récente du périmètre
HAS • Parcours de santé de l’enfant avec épilepsie • mars 2023 14 — _p.14_
1.3. Orientation de l’enfant
1.3.1. Critères d’hospitalisation‒ État de mal épileptique ‒ Crise épileptique néonatale ‒ Crise épileptique chez un enfant de moins de 1 an ‒ Examen neurologique anormal ‒ Spasmes épileptiques avant l’âge de 2 ans
1.3.2. En l’absence de critère d’hospitalisation 1.3.2.1. En cas de crise d’épilepsie reconnue par les parents ou un tiers (professionnel de santé ou non)Des explications doivent être données aux parents autour du symptôme crise, visant à les rassurer et à éviter les représentations erronées. Le neuropédiatre ou un médecin formé à l’épileptologie confirmera ou non le diagnostic d’épi- lepsie et, le cas échéant, établira un diagnostic syndromique, un diagnostic étiologique et re- cherchera l’existence de troubles associés cognitifs et psychiatriques.
1.3.2.2. En cas de manifestations cliniques paroxystiques stéréotypées‒ Avant 1 an : avis spécialisé urgent. ‒ Après 1 an avec examen neurologique normal : avis pédiatrique.
HAS • Parcours de santé de l’enfant avec épilepsie • mars 2023 16 — _p.16_
l’épilepsie. Ce suivi est possible en téléconsultation. Si besoin, une réévaluation par le spécialiste est sollicitée, possiblement par téléexpertise.
HAS • Parcours de santé de l’enfant avec épilepsie • mars 2023 21 — _p.21_
Livret Epilepsie-TND 2026 — DGS (2026)
32
9Mieux comprendre les épilepsies et leurs liens avec les troubles du neurodéveloppement - 2026
Quelle définition des épilepsies ? Le terme « épilepsie » désigne une pathologie cérébrale caractérisée par la prédisposition durable à générer des crises et par les conséquences cognitives, comportementales, psychologiques et sociales de cette condition. Il s’agit d’une maladie chronique qui peut entrainer des retentissements importants sur la vie quotidienne pour les personnes concernées ainsi que leurs proches. Les crises d’épilepsie peuvent survenir le jour et/ou la nuit.
A quoi sont dues les crises d’épilepsies ?Les crises d’épilepsie sont dues à une décharge électrique excessive et synchrone qui peut concerner l’ensemble des neurones (on parle de crise généralisée), ou une partie des neurones (on parle alors de crise focale).
A quel âge l’épilepsie débute-t-elle ?Les épilepsies peuvent apparaître à tout âge, mais il existe deux périodes au cours desquelles il est plus fréquent de les voir apparaître : l’enfance et après 50 ans.
10 — p.10
paraître à tout âge, mais il existe deux périodes au cours desquelles il est plus fréquent de les voir apparaître : l’enfance et après 50 ans.
10
Mieux comprendre les épilepsies et leurs liens avec les troubles du neurodéveloppement - 2026
Les crises d’épilepsie sont-elles forcément caractérisées par des convulsions ?Les crises d’épilepsie ne sont pas forcément caractérisées par des convulsions : les signes cliniques des crises sont variables selon les régions cérébrales impliquées, avec une diversité importante des manifestations et des conséquences. Ainsi, une crise peut se traduire par :
Des signes sensitifs (hallucinations ou déformations auditives, visuelles, olfactives, gustatives, tactiles) ;
Des mouvements répétés du corps ou d’une partie du corps ; Des signes psychiques (angoisse, peur, sensation de déjà vécu…) ; Des signes végétatifs (palpitations, bouffées de chaleur, frissons, sueurs…) ; Une altération de contact.
Les crises les plus connues sont les crises généralisées tonico-cloniques, qui se manifestent par une perte de connaissance avec raideur généralisée puis des convulsions. Ces crises, qui peuvent avoir des conséquences traumatiques et qui sont souvent impressionnantes pour les témoins, ne sont cependant pas les plus fréquentes. On les appelait autrefois «grand mal».
Quand parle-t-on d’épilepsie sévère ?Une épilepsie sévère est une épilepsie pharmaco-résistante et non stabilisée, dont les crises et les troubles associés réduisent significativement la possibilité pour la personne de mobiliser ses compétences (mentales, cognitives, psychiques, sensorielles, motrices). Ces crises peuvent induire un risque vital pour lequel la personne ne peut prévenir les secours. Ainsi, l’épilepsie sévère peut entraîner une situation de handicap.
11 — _p.11_
suivi d’un régime alimentaire spécifique, etc.
19Mieux comprendre les épilepsies et leurs liens avec les troubles du neurodéveloppement - 2026
COMMENT LIMITER LE RISQUE DE FAIRE UNE CRISE QUAND ON A UNE EPILEPSIE ? Les facteurs favorisant le risque de crise peuvent varier selon les personnes. Il est important de les connaître pour les repérer et tenter de les éviter. On peut notamment citer : la fatigue ; la dette de sommeil (troubles du sommeil, décalage horaire ...) ; le stress ; la fièvre ; la consommation de toxiques ou le sevrage ; la surconsommation d’excitants (caféine) ; les oublis ou prises irrégulières de traitements anti-crise ; la prise de certains médicaments (toujours signaler que l’on a une épilepsie) ; de nombreuses huiles essentielles ; pour certaines personnes : les émotions fortes positives ou négatives, les transitions thermiques brutales (sortie d’un véhicule climatisé par temps de canicule, sortie de douche…), les simulations lumineuses (en cas de photosensibilité) ; pour certaines femmes : des liens potentiels avec le cycle menstruel.20 — p.20
nne avec épilepsie sévère et troubles associés.
23Mieux comprendre les épilepsies et leurs liens avec les troubles du neurodéveloppement - 2026
QUELS LIENS ENTRE EPILEPSIE ET TROUBLES DU NEURODÉVELOPPEMENT ? Il existe différents liens entre épilepsie et troubles du neurodéveloppement (TND). Si ces liens ne sont pas encore entièrement élucidés par la recherche, la littérature scientifique disponible à ce jour suggère néanmoins que les épilepsies de la petite enfance sont souvent associées aux TND, soit parce que la maladie génétique ou la lésion du cerveau à l’origine de l’épilepsie est également à l’origine des TND, soit parce que la répétition de crises épileptiques perturbe le neurodéveloppement. Source : IMIND : https://centre-imind.fr/epilepsie_tnd/24 — p.24
Cauchemars, terreurs nocturnes, éveils confusionnels — expert (2024)
ent de stress ou de souffrance morale. (Fiche stress aigu et dépression)
Pour les terreurs nocturnes ou éveils confusionnels, il faut être attentif :
En cas de terreurs nocturnes ou d’éveils confusionnels, le principal risque est une mise en danger lors d’un épisode surtout s’il présente un réflexe d’échappement (tentative de fuite du lit ou de la pièce). Cela reste rare, mais peut survenir si votre enfant tente de fuir, se cogne, tombe, ou manifeste une agitation importante. Le plus important est alors de sécuriser la chambre et le domicile.
Il est conseillé de consulter un professionnel de santé en cas :
d’épisodes fréquents, de mise en danger potentielle, ou de répercussions sur le quotidien (fatigue, difficulté de concentration, irritabilité, etc.).
À noter : Les terreurs nocturnes et les éveils confusionnels appartiennent à un même groupe de troubles du sommeil, auquel est également rattaché le somnambulisme. Une fiche dédiée à ce sujet sera prochainement disponible : Somnambulisme : comment réagir quand votre enfant marche en dormant ?
Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).
Auteurs M Mylene Fefeu C CléPsy Articles similaires — p.1
mais elles peuvent évoluer vers du somnambulisme. Dans les situations de terreurs nocturnes, on retrouve souvent plusieurs cas dans une même famille.
3- Les éveils confusionnels sont également des épisodes survenant pendant le sommeil profond, souvent confondus avec les terreurs nocturnes. Ils sont pourtant moins intenses et plus progressifs.
Ils apparaissent en début de nuit ou au cours d’une sieste, et peuvent se répéter plusieurs fois au cours de la nuit. Votre enfant semble réveillé, alors qu’il dort encore. Il peut grogner, pleurer, parler lentement, s’agiter, mais sort plus rarement du lit. Il ne répond pas à votre présence, et peut repousser vos tentatives de le consoler.
Ces épisodes peuvent durer de quelques minutes à plus d’une heure. Habituellement, il n’y a pas de terreurs intenses, pas de cris, ni de sueur ou de respiration saccadée. Au réveil, votre enfant ne garde aucun souvenir de l’épisode.
Ces accès sont fréquents chez les enfants : environ 17 % en font l’expérience, filles et garçons confondus. Ils peuvent survenir dès l’âge de 3 ans, diminuent dès l’âge de 5 ans, et peuvent persister à l’âge adulte dans environ 3 % des cas. Il existe également une prédisposition familiale pour les éveils confusionnels.
Quels facteurs peuvent favoriser leur apparition ?
Après avoir identifié le type d’épisode, il peut être utile de repérer ce qui, dans l’environnement ou le quotidien de votre enfant, pourrait favoriser leur apparition. — p.1
Somnambulisme : réagir quand votre enfant marche en dormant — expert (2024)
euvent favoriser leur apparition ?
Tout comme les terreurs nocturnes ou les éveils confusionnels, les épisodes de somnambulisme sont favorisés par :
manque de sommeil, une fatigue excessive, un décalage horaire ou encore des rythmes irrégulier de lever/coucher, stress ou anxiété, activité physique trop intense le soir, environnement peu propice au sommeil (bruit, lumière…), prise de substances excitantes (thé, café à l’adolescence), maladies gênant le sommeil (fièvre, reflux, toux…), vessie pleine à cause d’une consommation excessive de liquides le soir. Qu’en est-il des enfants avec un trouble du neurodéveloppement ?
Les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont souvent plus sensibles aux perturbations du sommeil. Ils peuvent présenter plus fréquemment des épisodes de cauchemars ou de terreurs nocturnes.
Cette sensibilité peut s’expliquer par une hypersensibilité sensorielle, des rythmes de sommeil particuliers ou des difficultés de régulation émotionnelle. Un accompagnement spécifique et une approche individualisée peuvent alors aider à améliorer la qualité du sommeil.
Que faire pendant et après un épisode de somnambulisme ?
Ces épisodes peuvent être déstabilisants pour vous, surtout lorsqu’ils impliquent des déplacements physiques ou un risque potentiel de blessure. — p.1
Tous à l'école — expert (2024)
ce : l’hormone de croissance est sécrétée pendant les phases de sommeil profond. Il joue un rôle dans le bon fonctionnement des défenses immunitaires.
Le sommeil a un rôle important pour la mémorisation, le traitement de l’information et l’apprentissage de nouvelles tâches. Il facilite également l’oubli en éliminant les souvenirs inutiles.
Troubles du sommeil et maladies chroniques
Il existe des causes très diverses aux troubles du sommeil chez l’enfant malade : douleurs, crises (en cas d’épilepsie, d’asthme, de drépanocytose…). A titre d’exemple, concernant l’épilepsie, la relation entre cette maladie et le sommeil est très complexe. Le manque de sommeil est un facteur favorisant les crises. À l’inverse, la survenue de crises peut altérer la qualité du sommeil et entraîner divers troubles. La prise de médicaments antiépileptiques est aussi parfois mise en cause.
Les atteintes respiratoires sévères peuvent provoquer une insuffisance d’oxygénation au niveau cérébral et entraîner une somnolence et des maux de tête, qui en classe vont perturber les apprentissages.
Quand la maladie entraîne une situation de handicap moteur , de nombreux facteurs peuvent concourir à provoquer des insomnies : l’inconfort ou les douleurs liées à l’immobilité, aux postures imposées ou à l’appareillage, des troubles respiratoires, des mouvements incontrôlés ou encore un déséquilibre alimentaire. — p.1
Sources mobilisées (5)
- [1] HAS Épilepsie Enfant 2023 — HAS (2023) 📄 (4 extraits)
- [2] Livret Epilepsie-TND 2026 — DGS (2026) 📄 (4 extraits)
- [3] Cauchemars, terreurs nocturnes, éveils confusionnels — expert (2024) 📄 (2 extraits)
- [4] Somnambulisme : réagir quand votre enfant marche en dormant — expert (2024) 📄 (1 extrait)
- [5] Tous à l'école — expert (2024) 📄 (1 extrait)