Entraînement de la conscience morphologique
Mis à jour le
Elbro et Arnbak (2000) ont mené une expérience d’entraînement à la cons- cience morphémique, qui s’est avérée bénéfique pour les enfants suivis en tout petits groupes (de un ou deux)
En bref
- Cité par : INSERM
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Cadre clinique
L'entraînement de la conscience morphologique est une intervention complémentaire à la rééducation orthophonique classique, visant à renforcer les compétences en lecture et en compréhension chez les enfants dyslexiques. Cette approche se concentre sur l'utilisation des unités morphémiques, c'est-à-dire les éléments de sens des mots, comme les préfixes, les suffixes et les bases lexicales. Elle est particulièrement utile pour les enfants en fin de primaire ou au collège, qui présentent des difficultés phonologiques persistantes [1].
Repères épidémiologiques
Les troubles spécifiques de l'apprentissage de la lecture, ou dyslexie, affectent environ 5 à 10 % des enfants en âge scolaire. Ces troubles se caractérisent par des difficultés persistantes dans le décodage et la compréhension des textes, malgré une scolarisation normale et une intelligence préservée. La dyslexie est souvent associée à des déficits phonologiques, mais aussi à des difficultés dans le traitement morphologique des mots [2].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic de la dyslexie repose sur les critères du DSM-5 ou de la CIM-10, qui incluent des difficultés significatives dans la précision ou la fluidité de la lecture, ainsi que des déficiences dans la compréhension de texte. L'évaluation orthophonique permet de préciser les profils de difficultés, notamment en ce qui concerne les compétences phonologiques et morphologiques. Les tests standardisés, comme le test de l'Alouette, sont utilisés pour mesurer les progrès en lecture et en compréhension [1].
Interventions recommandées
L'entraînement de la conscience morphologique consiste en des séances intensives de 12 heures, réparties sur une courte période. Ces séances visent à améliorer la reconnaissance des mots et la compréhension en se concentrant sur les unités morphémiques. Les enfants sont encouragés à identifier et à manipuler les bases, les préfixes et les suffixes dans des mots de la même famille. Cette méthode a montré des effets positifs sur le déchiffrage et la compréhension, notamment chez les collégiens dyslexiques [1] [3].
Les effets de cet entraînement sont variables selon les enfants, mais ils sont généralement plus marqués chez ceux qui ont un niveau de vocabulaire plus élevé. L'entraînement peut être réalisé en petits groupes ou en individuel, et il est souvent complété par une rééducation orthophonique classique pour maximiser les résultats [2].
Cadre légal et droits
En France, les enfants dyslexiques bénéficient de droits spécifiques pour compenser leurs difficultés d'apprentissage. La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) instruit les demandes et notifie les droits ouverts aux familles [3]. Les enfants peuvent obtenir des aménagements pédagogiques, comme un temps supplémentaire pour les évaluations ou l'utilisation de logiciels d'aide à la lecture et à l'écriture. Ces dispositifs sont mis en place pour favoriser leur inclusion scolaire et leur réussite éducative.
Les sources disponibles ne précisent pas les modalités exactes de prise en charge par la MDPH pour les troubles spécifiques des apprentissages.
Sources mobilisées (1)
- [1] INSERM Dys 2007 — INSERM (2007) 📄 (3 extraits)