Épilepsie
Maladie neurologique chronique caractérisée par des crises épileptiques récurrentes dues à une activité électrique anormale du cerveau. Touche 0,5-1% des enfants. Peut affecter l'attention, la mémoire et les apprentissages. Le diagnostic repose sur l'EEG et l'évaluation neurologique. Le traitement est médicamenteux (antiépileptiques) et nécessite un suivi neurologique régulier. Un bilan neuropsychologique est recommandé pour évaluer les retentissements cognitifs.
Cadre clinique
L'épilepsie est une pathologie cérébrale caractérisée par une prédisposition durable à générer des crises et par les conséquences cognitives, comportementales, psychologiques et sociales de cette condition [1]. Elle se manifeste par des décharges électriques excessives et synchrones dans le cerveau, pouvant concerner l’ensemble des neurones (crise généralisée) ou une partie des neurones (crise focale) [3]. Les crises peuvent survenir à tout âge, mais deux périodes sont plus fréquentes : l’enfance et après 50 ans [3].
L'épilepsie est une maladie chronique qui peut entraîner des retentissements importants sur la vie quotidienne des personnes concernées ainsi que de leurs proches [3]. Les crises d’épilepsie peuvent survenir le jour et/ou la nuit [3]. Elles sont fréquentes chez l’enfant : 5 % environ d’une classe d’âge ont au moins une crise avant 5 ans. Dans la plupart des cas, il s’agira d’un épisode unique, souvent en rapport avec la fièvre. On parle alors de crise épileptique occasionnelle et non pas d’épilepsie, l’épilepsie se caractérisant par la survenue récurrente et spontanée de crises d’épilepsie [1].
Repères épidémiologiques
En France, près de 400 000 personnes sont touchées par l'épilepsie, soit 1 personne sur 100 [11]. L'incidence des épilepsies est beaucoup plus importante à l’âge pédiatrique que chez les adultes [1]. Plusieurs formes de maladies épileptiques sont recensées [11]. Les épilepsies focales représentent 70 % des situations, les épilepsies généralisées 30 %, et dans 10 % des situations, le type d’épilepsie demeure indéterminé [7].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic d’épilepsie est posé dans trois situations : 1) Survenue de deux crises d’épilepsie sans facteur déclenchant, séparées d’au moins 24 heures ; 2) Survenue d’une crise d’épilepsie dont le bilan permet de poser un diagnostic de syndrome épileptique ; 3) Survenue d’une crise d’épilepsie dont le bilan retrouve une cause d’épilepsie [1].
La description de l’épisode est capitale pour le professionnel de santé. Il est essentiel de pouvoir relater de façon précise l’évènement suspecté d’être une crise d’épilepsie. Si possible, il faut filmer l’épisode [5]. Les signes cliniques, la durée et la répétition des épisodes peuvent faire suspecter une éventuelle épilepsie [5].
Les examens complémentaires incluent un électroencéphalogramme (EEG) permettant d’enregistrer l’électricité cérébrale ainsi qu’un scanner ou une IRM cérébrale dans le but de rechercher une anomalie cérébrale [5]. L’IRM cérébrale est l'examen de référence pour la recherche de lésion épileptogène (tumeur, malformation, lésion séquellaire) [KG-2]. L'EEG standard est prescrit devant toute première crise sans fièvre. Il permet d'orienter le diagnostic syndromique [KG-5].
Interventions recommandées
Le traitement de l'épilepsie repose principalement sur des médicaments antiépileptiques. Le choix du traitement dépend du type d'épilepsie et de la réponse individuelle du patient. Un suivi neurologique régulier est essentiel pour ajuster le traitement et surveiller les effets indésirables [1].
Une évaluation globale intégrant les perspectives biologique, psychologique et sociale est indispensable. Cette évaluation permet d'estimer le degré de complexité de la situation de l'enfant et d'organiser la réponse en définissant et en actualisant le projet de soins et le projet d’accompagnement [8].
Les troubles cognitifs, psychopathologiques, moteurs et sensoriels doivent être évalués et pris en charge de manière appropriée. Une consultation chez l’orthophoniste peut être nécessaire en cas de difficultés de langage [10]. Les comportements défis et problèmes doivent être compris et gérés en tenant compte des difficultés cognitives et psychiques sous-jacentes [8].
Cadre légal et droits
Les enfants épileptiques peuvent bénéficier d'un Projet d'Accueil Individualisé (PAI) pour organiser leur accueil en milieu scolaire [KG-7]. Ce document permet de mettre en place des aménagements adaptés aux besoins de l'enfant.
Le suivi de l'enfant épileptique implique une coordination entre le médecin traitant, le neurologue pédiatrique et l'épileptologue. Le médecin traitant assure le repérage précoce des troubles du neurodéveloppement et le suivi régulier de l'enfant [KG-6]. Le neurologue pédiatrique et l'épileptologue sont responsables du diagnostic, de l'évaluation, du traitement et de la gestion de l'épilepsie de l'enfant [6].
En cas de difficultés d'observance du traitement, d'effets indésirables ou de comorbidités, une réévaluation par le spécialiste est sollicitée, possiblement par téléexpertise [4]. Le suivi est possible en téléconsultation pour faciliter l'accès aux soins [4].