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Poursuite oculaire

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Le BSEDS comporte l'évaluation clinique de la poursuite oculaire (demander à l'enfant de suivre avec les yeux un objet se déplaçant lentement en formant une figure de 8 horizontal)

En bref

Qu'est-ce que la poursuite oculaire ?

La poursuite oculaire est une compétence visuelle qui permet de suivre du regard un objet en mouvement. Chez l'enfant, elle se développe progressivement et peut être évaluée dans le cadre du Bilan de Santé Évaluation du Développement pour la Scolarité (BSEDS) entre 5 et 6 ans. Cet examen consiste à demander à l'enfant de suivre avec les yeux un objet se déplaçant lentement en formant une figure de 8 horizontal [1].

Entre 15% et 20% des enfants présentent des difficultés à cet examen. Ces difficultés peuvent être associées à des performances plus basses dans plusieurs épreuves du BSEDS, notamment à une épreuve visuelle de reproduction de trajets et à l'épreuve de conscience phonologique. Les enfants avec des difficultés de poursuite oculaire sont également signalés plus souvent par les enseignants comme distraits, avec des problèmes de concentration et des difficultés d'apprentissage [1].

La poursuite oculaire est également un indicateur du développement neurocognitif. Une étude récente a montré que la poursuite visuelle à l’âge corrigé de 4 mois chez les grands prématurés est un élément prédictif significatif du neurodéveloppement ultérieur, notamment sur le plan des fonctions cognitives, du langage et de la motricité fine [2].

Ce que cela change au quotidien

Les difficultés de poursuite oculaire peuvent avoir un impact sur la vie quotidienne et les apprentissages de l'enfant. Elles peuvent entraîner des troubles de la concentration, des difficultés d'apprentissage et des problèmes de lecture. Par exemple, les enfants avec des difficultés de poursuite oculaire ont des performances légèrement plus basses en lecture au CP et au CE1, ainsi qu’à certaines épreuves très spécifiques de l'évaluation nationale, comme le comptage des lignes d'un texte ou l’évaluation des distances [1].

Ces difficultés peuvent également affecter la motricité fine et les praxies, c'est-à-dire les gestes précis des mains et des doigts nécessaires pour la préhension, la manipulation et le graphisme. Les enfants peuvent avoir des difficultés à choisir des jeux de construction ou à dessiner, ce qui peut avoir un impact sur leur estime de soi et leurs résultats scolaires [6].

Ce qui peut aider

La prise en charge des difficultés de poursuite oculaire peut inclure plusieurs approches. Tout d'abord, un examen ophtalmologique est recommandé pour dépister d'éventuels troubles visuels tels que le strabisme ou l'amblyopie, qui peuvent être traités efficacement s'ils sont dépistés précocement [4] [5].

Des exercices de rééducation visuelle peuvent également être proposés pour améliorer la poursuite oculaire. Ces exercices sont souvent réalisés par un orthoptiste ou un ergothérapeute et visent à renforcer les muscles oculaires et à améliorer la coordination des mouvements des yeux [6].

Enfin, des adaptations pédagogiques peuvent être mises en place à l'école pour aider l'enfant à compenser ses difficultés. Par exemple, utiliser des supports visuels clairs et structurés, limiter les distractions visuelles et permettre à l'enfant de se déplacer pour suivre les consignes peuvent faciliter son apprentissage [8].

Si vous avez des préoccupations concernant la poursuite oculaire de votre enfant, il est important d'en parler à votre médecin traitant ou à un spécialiste pour une évaluation et une prise en charge adaptée.

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Sources mobilisées (4)