Dénutrition
Mis à jour le
Les troubles digestifs et les troubles liés à l’alimentation (dysphagie, dénutrition, reflux gastro-œsophagien, constipation) sont très fréquents chez les patients polyhandicapés
En bref
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Définition clinique
La dénutrition est un état pathologique résultant d'un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l'organisme. Elle se caractérise par une perte de poids involontaire, une diminution de la masse musculaire et des réserves énergétiques, ainsi que des carences en micronutriments essentiels. Chez les personnes polyhandicapées, la dénutrition est fréquente et souvent associée à d'autres troubles, tels que les troubles digestifs et les troubles de la déglutition [1].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la dénutrition chez l'enfant, selon les recommandations de la Société européenne de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN), incluent :
- La présence de complications de décubitus ou de signes de carences (phanères, œdèmes, etc.)
- Un poids pour l’âge inférieur à –2 DS (sur les courbes en population standard)
- Une épaisseur du pli cutané tricipital inférieure au 10e percentile pour l’âge et le sexe
- Un périmètre brachial inférieur au 10e percentile
- Une perte de poids [1]
Évaluation
L'évaluation de l'état nutritionnel doit être régulière et intégrée dans le suivi de la personne polyhandicapée. Elle ne peut se faire par un seul paramètre et doit inclure :
- Un suivi des paramètres anthropométriques (poids, taille, périmètre brachial, épaisseur du pli cutané tricipital) mesurés régulièrement (au moins tous les 6 mois)
- Une surveillance annuelle biologique des micronutriments (fer, vitamine D, calcium, phosphore)
- Une évaluation des troubles de déglutition avec recours aux évaluations orthophonistes et en vidéofluoroscopie [1]
Intervention
Les interventions pour prévenir et traiter la dénutrition chez les personnes polyhandicapées incluent :
- L'ajustement des apports nutritionnels en partant des références standards pour l’âge et en ajustant à l’évolution des paramètres anthropométriques
- La mise en place de mesures adaptées pour faciliter la prise alimentaire, notamment en cas de troubles de déglutition
- La mise en place d’une nutrition entérale prolongée au-delà de plusieurs semaines, avec discussion préalable avec la famille et les aidants professionnels des objectifs et modalités de la gastrostomie [1]
- La modification des textures alimentaires et des consistances de boissons appropriées, un accompagnement gestuel et verbal pendant les repas, ainsi qu’un positionnement idéal [7]
Recommandations officielles
La Société européenne de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN) recommande :
- « la recherche de troubles de déglutition, leur évaluation (avec recours aux évaluations orthophonistes et en vidéofluoroscopie) et la mise en œuvre de mesures adaptées pour faciliter la prise alimentaire »
- « l’évaluation de l’état nutritionnel est indispensable et ne peut se faire par un seul paramètre et doit s’intégrer dans un suivi régulier, que ce soit dans le secteur médico-social ou hospitalier. Il faut ajuster les apports nutritionnels, en partant des références standards pour l’âge et en ajustant à l’évolution des paramètres anthropométriques mesurés régulièrement (au moins tous les 6 mois) »
- « une surveillance annuelle biologique des micronutriments est préconisée (fer, vitamine D, calcium, phosphore) »
- « quand une nutrition entérale est prolongée au-delà de plusieurs semaines, la mise en place d’une gastrostomie est préconisée, dont les objectifs et modalités devront être préalablement discutés avec la famille et les aidants professionnels »
- « l’évaluation et le traitement des troubles digestifs fréquents dans cette population (reflux gastro-œsophagien et constipation) doivent être systématiques » [1]
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge de la dénutrition chez les personnes polyhandicapées nécessite une approche multidisciplinaire. Les professionnels impliqués incluent :
- Les orthophonistes, qui prescrivent les textures alimentaires et les consistances de boissons appropriées, accompagnent et forment les aidant·es professionnels et familiaux sur la prévention des troubles de la communication, des troubles de la déglutition [7]
- Les diététiciens, spécialisés dans la nutrition et l'alimentation, qui jouent un rôle clé dans l'ajustement des apports nutritionnels [KG-1]
- Les gastro-entérologues, spécialistes de l'appareil digestif, qui traitent les troubles digestifs associés [KG-11]
- Les médecins et les infirmiers, qui assurent le suivi médical et la surveillance de l'état nutritionnel
Références
- INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.101 [1]
- INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.362-363 [2]
- INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.12 [3]
- INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.350-351 [4]
- Délégation interministérielle aux troubles du neurodéveloppement — src-maison-autisme (?) [5]
- Délégation interministérielle aux troubles du neurodéveloppement — src-maison-autisme (?) [6]
- FNO — FNO (2025), p.1 [7]
- Institut du Cerveau de l'Enfant — Émétophobie (peur de vomir) et phagophobie (peur de s’étouffer) : que faire ? (2024), p.1 [8]
- Revue Glossa (UNADREO) — Glossa (2024), p.11 [9]
- Revue Glossa (UNADREO) — Glossa (2024), p.12 [10]
- Revue Glossa (UNADREO) — Glossa (2024), p.48 [11]
- Revue Glossa (UNADREO) — Glossa (2024), p.50 [12]
Sources mobilisées (5)
- [1] INSERM Polyhandicap 2024 — INSERM (2024) 📄 (4 extraits)
- [2] src-maison-autisme — Délégation interministérielle TND 📄 (2 extraits)
- [3] FNO — FNO (2025) 📄 (1 extrait)
- [4] Émétophobie (peur de vomir) et phagophobie (peur de s’étouffer) : que faire ? — Institut du Cerveau de l'Enfant (2024) 📄 (1 extrait)
- [5] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2024) 📄 (4 extraits)