Dénutrition
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Les troubles digestifs et les troubles liés à l’alimentation (dysphagie, dénutrition, reflux gastro-œsophagien, constipation) sont très fréquents chez les patients polyhandicapés
En bref
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Cadre clinique
La dénutrition est un trouble fréquent chez les personnes polyhandicapées, souvent associé à d'autres troubles digestifs et liés à l'alimentation tels que la dysphagie, le reflux gastro-œsophagien et la constipation. Ces troubles présentent des intrications avec d’autres troubles, notamment respiratoires, moteurs, orthopédiques et la douleur [1]. La dénutrition peut avoir des conséquences multiples sur la santé, incluant un retentissement sur le fonctionnement du corps, le moral et les relations aux autres [8].
Repères épidémiologiques
Les troubles digestifs et les troubles liés à l’alimentation sont très fréquents chez les patients polyhandicapés. Selon les recommandations de la Société européenne de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN), ces troubles sont souvent associés à d’autres troubles tels que les troubles respiratoires, moteurs, orthopédiques et la douleur [1]. La dénutrition est également fréquente dans cette population, avec des études montrant des relations entre l’état nutritionnel et la santé osseuse [2].
Diagnostic et évaluation
L’évaluation de l’état nutritionnel est indispensable et ne peut se faire par un seul paramètre. Elle doit s’intégrer dans un suivi régulier, que ce soit dans le secteur médico-social ou hospitalier. Les signes d’alerte devant faire se poser la question d’une dénutrition chez l’enfant selon les critères de l’ESPGHAN incluent la présence de complications de décubitus ou de signes de carences (phanères, œdèmes, etc.), un poids pour l’âge <–2 DS (sur les courbes en population standard), une épaisseur du pli cutané tricipital <10e percentile pour l’âge et le sexe, un périmètre brachial <10e percentile, et une perte de poids [1].
Une surveillance annuelle biologique des micronutriments est préconisée, notamment pour le fer, la vitamine D, le calcium et le phosphore [1]. L’évaluation des troubles de la déglutition doit être réalisée par des orthophonistes et en vidéofluoroscopie pour mettre en œuvre des mesures adaptées pour faciliter la prise alimentaire [1].
Interventions recommandées
Les recommandations de l’ESPGHAN insistent sur plusieurs points clés pour la prise en charge de la dénutrition chez les personnes polyhandicapées :
- La recherche de troubles de déglutition et leur évaluation avec recours aux évaluations orthophonistes et en vidéofluoroscopie.
- L’ajustement des apports nutritionnels en partant des références standards pour l’âge et en ajustant à l’évolution des paramètres anthropométriques mesurés régulièrement (au moins tous les 6 mois) [1].
- La mise en place d’une gastrostomie est préconisée quand une nutrition entérale est prolongée au-delà de plusieurs semaines, avec une discussion préalable avec la famille et les aidants professionnels [1].
L’orthophoniste joue un rôle crucial dans la prescription des textures alimentaires et des consistances de boissons appropriées, ainsi que dans l’accompagnement gestuel et verbal pendant les repas. Il forme également les aidants professionnels et familiaux sur la prévention des troubles de la communication, des troubles de la déglutition, avec comme objectifs la prévention de la dénutrition, de la déshydratation et des pneumopathies d’inhalation [7].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés à la dénutrition chez les personnes polyhandicapées.
Sources mobilisées (5)
- [1] INSERM Polyhandicap 2024 — INSERM (2024) 📄 (4 extraits)
- [2] src-maison-autisme — Délégation interministérielle TND 📄 (2 extraits)
- [3] FNO — FNO (2025) 📄 (1 extrait)
- [4] Émétophobie (peur de vomir) et phagophobie (peur de s’étouffer) : que faire ? — Institut du Cerveau de l'Enfant (2024) 📄 (1 extrait)
- [5] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2024) 📄 (4 extraits)