Comportements-problèmes
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L’adulte autiste peut développer des comportements-problèmes quand il est confronté à un environ- nement trop contraignant.
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Cadre clinique
Les comportements-problèmes sont définis comme des comportements d’une intensité, fréquence ou durée telles que la sécurité physique de la personne ou d’autrui est probablement mise sérieusement en danger, ou comme des comportements susceptibles de limiter ou d’empêcher l’accès et l’utilisation des services ordinaires de la cité [10]. Ces comportements peuvent inclure des agressions, des auto-agressions, des stéréotypies, des dégradations, ou des comportements de destruction [3]. Ils sont souvent le reflet d’une souffrance physique ou psychique et nécessitent une évaluation approfondie pour identifier les causes sous-jacentes [2].
Les comportements-problèmes peuvent être induits par diverses perturbations subies par la personne, telles que des douleurs viscérales, musculo-squelettiques, dentaires, sinusiennes, ou des céphalées [2]. Ils peuvent également être liés à des changements dans l’environnement, comme un changement d’équipe éducative, d’horaire de coucher, de lieu de vie, ou de mode d’alimentation [2]. Ces comportements sont souvent réactionnels à la situation particulière de la personne et ne sont pas nécessairement des troubles psychiatriques à proprement parler [4].
Repères épidémiologiques
Les comportements-problèmes sont fréquents chez les personnes avec déficience intellectuelle (DI) et peuvent être observés chez 82 % des personnes avec handicaps multiples [3]. Les principaux comportements difficiles sont les auto-agressivités et les stéréotypies, présents chez 45 % des personnes [3]. Ces comportements sont souvent adressés à l’équipe éducative et ont généralement peu de conséquences pour les personnes avec handicaps multiples [3].
Les troubles du sommeil, qui peuvent être associés aux comportements-problèmes, sont fréquents dans la population polyhandicapée, bien que moins étudiés chez l’adulte [2]. Ces troubles peuvent avoir un retentissement important sur la qualité de vie des personnes et de leur entourage [2].
Diagnostic et évaluation
L’évaluation des comportements-problèmes nécessite une méthodologie rigoureuse et des outils spécifiques, tels que l’évaluation fonctionnelle [12]. Il est important d’identifier la fonction du comportement pour comprendre les causes sous-jacentes et mettre en place des stratégies de prévention et d’intervention adaptées [12].
Les comportements-problèmes peuvent être différenciés des troubles psychiatriques en utilisant des systèmes de classification tels que le DC-LD (Diagnostic Criteria for Psychiatric Disorders for Use With Adults With Learning Disabilities/mental Retardation) et le DM-ID (Diagnostic Manual-Intellectual Disability) [8]. Ces outils permettent de différencier les comportements-défis des troubles psychiatriques et d’élaborer des guides de bonnes pratiques de prise en charge [8].
Interventions recommandées
Les interventions pour réduire les comportements-problèmes doivent être multidimensionnelles et inclure des approches biologiques, psychothérapeutiques et contextuelles [6]. Les stratégies de prévention incluent le suivi de santé, la structuration de l’espace et du temps, et l’accès à des outils de communication réceptive et expressive [12].
Les interventions peuvent également inclure des dispositifs d’autorégulation, des programmes de gestion non-violente des comportements-problèmes, et des unités pluridisciplinaires d’évaluation et de traitement des situations de crise [9]. La formation des soignants à la gestion des comportements difficiles est également essentielle pour améliorer l’environnement adapté et apaisant [4].
Cadre légal et droits
Les comportements-problèmes peuvent être pris en charge dans le cadre des dispositifs médico-sociaux, tels que les Centres de Ressources Autisme (CRA), qui offrent des informations, des conseils et des formations [1]. Les personnes avec comportements-problèmes peuvent également bénéficier de l’accompagnement par des éducateurs spécialisés et d’autres professionnels du travail social [KG-8].
Les interventions pour les comportements-problèmes doivent être co-construites avec la personne autiste, en favorisant son autodétermination et son autonomie [10]. Il est important de mettre en place les moyens nécessaires pour rechercher le consentement de la personne autiste, même si la déficience intellectuelle diminue son aptitude à donner un consentement libre et éclairé [10].