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Carence martiale

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L’existence d’un syndrome des jambes sans repos justifie de rechercher une carence martiale afin de la traiter

En bref

Cadre clinique

La carence martiale est un déficit en fer, un élément essentiel à de nombreuses fonctions biologiques. Dans le contexte des troubles du neurodéveloppement, elle est particulièrement associée au syndrome des jambes sans repos (SJSR), un trouble du sommeil caractérisé par des sensations désagréables dans les jambes, augmentant le soir et obligeant le sujet à se relever. Marcher sur un carrelage froid ou une douche froide sur les mollets peut diminuer ces sensations [1].

Le SJSR est secondaire à une carence en fer cérébrale, entraînant un dysfonctionnement de la production de dopamine. Le fer est un cofacteur majeur de l’enzyme tyrosine hydroxylase, une étape limitant la vitesse de synthèse de la dopamine. Une association négative entre la ferritine sérique et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) a été retrouvée, suscitant une interrogation sur l’opportunité de corriger cette carence dans le traitement du TDAH [5].

Repères épidémiologiques

Les troubles du sommeil sont fréquents dans le TDAH : environ 30 à 50 % des cas de TDAH présentent des troubles du sommeil passagers, et 10 % connaîtront des altérations du sommeil plus durables, d’une durée supérieure à 12 mois. Les troubles du sommeil les plus fréquemment observés incluent le retard de phase du sommeil, l’insomnie, les troubles moteurs nocturnes (syndrome des jambes sans repos, bruxisme, rythmies), et les parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels et énurésie) [4].

Une méta-analyse de 18 études portant sur plus de 2 500 enfants et adolescents a trouvé une association modérée entre le syndrome d’apnée du sommeil et le TDAH. De plus, 70 % des enfants avec TDAH présenteront des troubles du sommeil passagers, et 10 % connaîtront des altérations du sommeil plus durables, d’une durée supérieure à 12 mois [5].

Diagnostic et évaluation

La présence d’un syndrome des jambes sans repos de l’enfant dans un contexte de TDAH doit systématiquement faire rechercher une carence martiale [4]. Les outils d’évaluation du sommeil qui peuvent être utiles en soin primaire comprennent des échelles de dépistage ou des entretiens avec les parents. Les examens tels que la polysomnographie sont plus destinés aux enfants qui ont des symptômes évocateurs et/ou un risque de syndrome d’apnée obstructive du sommeil, de SJSR ou de troubles des mouvements périodiques des membres [6].

Il est nécessaire de rechercher des symptômes de troubles du sommeil, tels que des ronflements fréquents, des pauses respiratoires au cours du sommeil, un sommeil agité, un syndrome des jambes sans repos la nuit, et une somnolence diurne excessive. De plus, cette réévaluation comprend aussi la recherche de facteurs de risque des troubles du sommeil, tels qu’une hypertrophie des amygdales et des végétations adénoïdes, un asthme et un terrain allergique, une obésité, des antécédents familiaux de syndrome des jambes sans repos (SJSR) ou de troubles des mouvements périodiques des membres (PLMD) et de carence martiale [6].

Interventions recommandées

Pour limiter l’impact du SJSR sur le TDAH, l’hygiène du sommeil reste l’axe principal, en insistant sur l’évitement des excitants (caféine, nicotine, alcool), puis en corrigeant une éventuelle carence martiale et en prescrivant un agoniste dopaminergique si besoin [5].

Des thérapies du comportement au moment du coucher peuvent considérablement améliorer le sommeil et diminuer les difficultés associées. Selon les lignes directrices de la CADDRA publiées en 2020, les troubles du sommeil, en particulier les symptômes d’insomnie (difficulté à s’endormir et à demeurer endormi et réveil précoce), sont très fréquemment signalés par les personnes TDAH (au moins 50 % des enfants TDAH rapportent des problèmes de sommeil) [6].

Cadre légal et droits

Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés à la carence martiale dans le contexte des troubles du neurodéveloppement.

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Sources mobilisées (4)