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Anticiper le passage à l'âge adulte (soins, formation, droits)

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La HAS recommande d'anticiper l'entrée dans la vie adulte dès 14-15 ans chez l'adolescent autiste, et plusieurs mois à l'avance dans le TDAH, pour éviter les ruptures de soins et de parcours. L'adolescent et sa famille sont associés, avec un relais organisé vers les professionnels de l'adulte.

En bref

Cadre clinique

La transition vers l'âge adulte représente un enjeu majeur pour les adolescents présentant des troubles du neurodéveloppement. Cette période nécessite une anticipation et une coordination rigoureuse des soins pour assurer une continuité des interventions adaptées. Les recommandations de la HAS soulignent l'importance d'anticiper cette transition dès l'âge de 14-15 ans pour les adolescents autistes, et plusieurs mois à l'avance pour ceux atteints de TDAH [1] [2]. Cette anticipation permet de prévenir les ruptures de parcours et d'assurer une continuité des soins et des interventions spécialisées [1] [2].

Repères épidémiologiques

Les troubles du neurodéveloppement, incluant l'autisme, le TDAH, et le polyhandicap, concernent une part significative de la population pédiatrique. La survie des enfants atteints de maladies chroniques, notamment neurologiques, a considérablement augmenté, avec plus de 90 % des patients survivant au-delà de 20 ans [8]. Cette amélioration de la survie rend la transition vers l'âge adulte d'autant plus cruciale, nécessitant une planification rigoureuse et une coordination entre les professionnels de santé [8].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic des troubles du neurodéveloppement doit être posé de manière rigoureuse, en s'appuyant sur une approche clinique multidimensionnelle et pluriprofessionnelle. Pour l'autisme, par exemple, il est essentiel de prévenir tout risque de surdiagnostic ou de sous-diagnostic [6]. La HAS recommande une évaluation rigoureuse des capacités motrices, cognitives, d'autonomie et d'adaptation de l'adolescent pour élaborer un projet de transition adapté [3] [4]. Cette évaluation doit être réalisée de manière anticipée, idéalement à partir de 13 ans pour les personnes polyhandicapées [3] [4].

Interventions recommandées

Coordination des soins

La coordination entre les professionnels de santé est un élément clé de la transition vers l'âge adulte. La HAS recommande de mettre en place une coordination entre les professionnels concernés, si possible pilotée par un référent, pour assurer une continuité des soins [2]. Cette coordination doit inclure une collaboration anticipée et coordonnée avec la médecine de l'adulte, notamment entre 16 et 18 ans pour les adolescents autistes [1]. Un plan de transition écrit doit être élaboré à l'âge de 14 ans, incluant les soins à prodiguer et les personnes qui les fourniront [5].

Implication de la famille

L'implication de l'adolescent et de sa famille est essentielle lors de la transition vers l'âge adulte. Les recommandations insistent sur la nécessité d'impliquer le patient et sa famille dans le processus de transition, en les associant à la réévaluation des difficultés et des besoins du jeune patient [2]. Cette implication permet d'adapter le traitement et de soutenir le développement de l'autonomie de l'adolescent [2].

Continuité des interventions

La continuité des interventions spécialisées est cruciale pour assurer une transition réussie. Les recommandations soulignent l'importance de transmettre un compte-rendu écrit du parcours de soins à l'équipe en charge de la poursuite du suivi, avec l'accord de l'adolescent [1]. Cette transmission doit inclure les modalités de communication alternative et augmentée utilisées par l'adolescent [1].

Cadre légal et droits

La transition vers l'âge adulte implique également une prise en compte des aspects légaux et des droits des jeunes adultes. Les équipes soignantes doivent aborder les aspects légaux du passage à l'âge adulte, notamment en ce qui concerne les capacités motrices, cognitives, d'autonomie et d'adaptation de l'adolescent [3] [4]. La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) instruit les demandes et notifie les droits ouverts aux familles [3]. Il est recommandé d'identifier précocement le ou les référents qui prendront le relais à l'âge adulte pour co-construire le parcours de soins avec l'équipe pédiatrique, la future équipe de médecine d'adultes, le patient et sa famille [3].

Conclusion

La transition vers l'âge adulte pour les adolescents présentant des troubles du neurodéveloppement nécessite une anticipation rigoureuse, une coordination des soins, et une implication active de la famille. Les recommandations de la HAS et de l'INSERM fournissent un cadre clair pour assurer une continuité des interventions spécialisées et une prise en compte des aspects légaux et des droits des jeunes adultes. En suivant ces recommandations, les professionnels de santé peuvent contribuer à une transition réussie et à une amélioration de la qualité de vie des adolescents et de leur famille.

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Sources mobilisées (3)