Sommeil : hygiène et stratégies comportementales
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Les troubles du sommeil sont fréquents dans le TDAH et l'autisme. La HAS recommande d'évaluer le sommeil et de commencer par l'hygiène du sommeil et des stratégies comportementales, pour l'enfant et sa famille. Une éventuelle mélatonine ne s'envisage qu'en complément, sur prescription, si ces mesures ne suffisent pas ; une apnée du sommeil doit d'abord être écartée par le médecin.
En bref
- Cité par : HAS
Définition clinique
Les troubles du sommeil sont fréquents dans les troubles du neurodéveloppement, notamment dans le trouble du spectre autistique (TSA) et le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ces troubles peuvent se manifester par des difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes fréquents, une somnolence diurne excessive, ou une durée de sommeil insuffisante. Ils ont un impact significatif sur la qualité de vie de l'enfant ou de l'adolescent ainsi que sur celle de sa famille [1] [2] [5].
Critères diagnostiques
Trouble du spectre autistique (TSA)
Les troubles du sommeil dans le TSA sont souvent caractérisés par des difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes fréquents, et une durée de sommeil réduite. Ces troubles sont fréquents et doivent être systématiquement recherchés lors de l'évaluation clinique [1].
Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
Les troubles du sommeil chez les enfants avec TDAH incluent des difficultés d'endormissement, un sommeil plus léger et fragmenté, et une durée de sommeil plus courte. Environ 70 % des enfants avec TDAH présenteront des troubles du sommeil passagers, tandis que 10 % connaîtront des altérations du sommeil plus durables [5].
Évaluation
Outils d'évaluation
Pour évaluer les troubles du sommeil, il est recommandé d'utiliser des outils spécifiques tels que des questionnaires de sommeil et un agenda du sommeil. Ces outils permettent de recueillir des informations précises sur les habitudes de sommeil de l'enfant ou de l'adolescent [1].
Évaluation clinique
L'évaluation clinique doit inclure un interrogatoire détaillé des parents sur les habitudes de sommeil de l'enfant, ainsi que la recherche de comorbidités potentielles telles que le syndrome des jambes sans repos, les parasomnies, ou les apnées du sommeil [1] [2].
Intervention
Hygiène du sommeil
L'hygiène du sommeil est une composante essentielle de la prise en charge des troubles du sommeil. Elle inclut l'établissement de conditions favorables à une bonne hygiène de vie, la mise en place d'un environnement sensoriel adapté (éclairage, température, bruit), la mise en place de rituels ordinaires du coucher, et l'utilisation de thérapies comportementales [1] [2].
Stratégies comportementales
Les stratégies comportementales incluent des rituels positifs du coucher, un contrôle du stimulus (associer le lit au sommeil), l'extinction graduelle, la limitation des interventions nocturnes, le renforcement positif, et la relaxation. Ces mesures doivent être adaptées aux besoins spécifiques de l'enfant et de son environnement [4] [6].
Traitement médicamenteux
En cas d'efficacité partielle des interventions non médicamenteuses, il est recommandé d'envisager un traitement par mélatonine (à libération immédiate ou prolongée) en association avec des mesures non médicamenteuses. La mélatonine doit être prescrite de manière standardisée et sécurisée, avec des schémas d'introduction et de dose maximale clairs [1] [4] [12].
Recommandations officielles
Recommandations de la HAS
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de rechercher systématiquement les troubles du sommeil chez les enfants avec TSA ou TDAH, d'informer les familles sur les approches comportementales favorisant la gestion des troubles du sommeil, et d'envisager un traitement par mélatonine en cas d'efficacité partielle des interventions non médicamenteuses [1] [2] [12].
Recommandations spécifiques pour le TDAH
Pour les enfants avec TDAH, il est recommandé d'évaluer systématiquement le sommeil, de proposer des stratégies comportementales pour la gestion du sommeil, et d'orienter vers une consultation spécialisée du sommeil si ces stratégies ne sont pas suffisantes. Il est également recommandé de rechercher et de traiter une éventuelle carence martiale en cas de syndrome des jambes sans repos [2] [3] [10].
Articulation avec autres professionnels
Collaboration avec les professionnels de santé
La prise en charge des troubles du sommeil nécessite une collaboration étroite entre les différents professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de l'enfant, notamment les médecins, les psychologues, les orthophonistes, les psychomotriciens, et les ergothérapeutes. Cette collaboration permet d'assurer une coordination rigoureuse entre les divers médecins prescripteurs et d'éviter les prescriptions anticipées de psychotropes [12].
Réseaux et institutions spécialisés
Il est recommandé de s'appuyer sur des réseaux spécialisés tels que le réseau Morphée et l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance pour la gestion des troubles du sommeil. Ces réseaux offrent des ressources et des outils spécifiques pour la prise en charge des troubles du sommeil chez les enfants [3].
Références
- [1] HAS — HAS TSA 2025 (2026), p.44
- [2] HAS — HAS TDAH 2024 (2024), p.34
- [3] HAS — HAS TDAH 2024 (2024), p.35
- [4] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.388
- [5] HAS — HAS TDAH Argumentaire 2024 (2024), p.71
- [6] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.49
- [7] HAS — HAS TDAH Argumentaire 2024 (2024), p.72
- [8] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.389
- [9] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.385
- [10] HAS — HAS TDAH 2024 (2024), p.35
- [11] HAS — HAS TDAH 2024 (2024), p.44
- [12] HAS — HAS TSA 2025 (2026), p.48