Langue des Signes Française
La Langue des Signes Française (LSF) est une langue visuo-gestuelle utilisée par les personnes sourdes et utilisée également comme support de communication adapté pour certains enfants TND non verbaux.
Cadre clinique
La Langue des Signes Française (LSF) est une langue visuo-gestuelle utilisée par les personnes sourdes et comme support de communication pour certains enfants non verbaux. Elle repose sur un ensemble d'articulateurs du buste, de la tête, des bras, des mains et du visage, utilisés de manière séquentielle et simultanée. L'espace de signation situé devant le signeur et l'iconicité sont des éléments clés de cette langue [1].
La LSF est reconnue comme langue à part entière et langue d’enseignement en France depuis 2005. Elle était pratiquée en 2008 par plus de 283 000 personnes en France, dont 51 000 personnes sourdes [3]. En 2021, 18% des 7 700 enfants sourds scolarisés dans un établissement ordinaire et 63% de ceux scolarisés dans des établissements médico-sociaux étaient exposés à la LSF [3].
Repères épidémiologiques
Les situations d’acquisition ou d’apprentissage de la LSF par l’enfant sont extrêmement diverses. Elles varient en fonction de deux facteurs principaux : le degré de surdité et le statut de la LSF (langue maternelle, première, seconde, principale ou inconnue). Ces deux facteurs se combinent de manière très variée parmi les membres du système familial et extra-familial [3].
La LSF est considérée comme langue maternelle lorsque pratiquée par l’un ou les deux parents à la naissance de l’enfant, comme langue première quand l’enfant y est exposé de manière relativement intensive dès la naissance, comme langue seconde lorsqu’elle est apprise après l’acquisition d’une autre langue, comme langue principale quand l’enfant s’exprime majoritairement en LSF au quotidien, comme langue inconnue quand il n’est pas du tout exposé à cette langue [2].
Diagnostic et évaluation
Les enfants signeurs peuvent être suivis par une orthophoniste pour des raisons diverses. Certains sont suivis depuis leur plus jeune âge, parce qu’ils sont sourds et que leurs parents ont choisi un mode d’éducation associant la LSF et le français oral. D’autres n’apprennent pas le français oral mais rencontrent des difficultés dans leur apprentissage du français écrit. Quelques-uns sont orientés vers une orthophoniste car, bien que la LSF soit leur langue familiale et principale, ils présentent un développement de la LSF jugé atypique [2].
L’orthophoniste est donc amenée à accompagner ces derniers dans leur appropriation de la LSF. Celle-ci devrait alors avoir la possibilité d’évaluer leurs compétences langagières en LSF, mais les repères théoriques et les outils d’évaluation standardisés et diffusés manquent cruellement [2].
Interventions recommandées
La LSF peut être utilisée comme support de communication pour les enfants qui ont des difficultés de langage. Elle offre un vocabulaire très riche et une reconnaissance possible des signes par différentes communautés. Les ressources pour la LSF sont plus accessibles que pour d'autres méthodes comme le Makaton, qui n’est pas libre de droit [5].
Les orthophonistes en France sont amenées à accompagner des enfants locuteurs d’autres langues que le français. Dans certains cas, l’autre langue de l’enfant est largement décrite et/ou des outils d’évaluation ont été créés pour cette langue. Dans d’autres cas, l’autre langue de l’enfant est peu, voire non décrite et il n’existe pas ou peu d’outils d’évaluation pour cette langue. La LSF fait partie de ces langues encore relativement peu décrites et pour lesquelles les outils d’évaluation sont encore rares [4].
Cadre légal et droits
La LSF est reconnue comme langue à part entière et langue d’enseignement en France depuis 2005 [3]. Elle est pratiquée par des enfants dont un certain nombre est suivi par une orthophoniste. À cette spécificité s’ajoute le fait que parfois la LSF n’est ni une langue maternelle ni une langue principale dans la famille, par exemple quand l’enfant naît sourd dans une famille entendante non signeuse [4].
Les situations d’acquisition ou d’apprentissage de la LSF par l’enfant sont extrêmement diverses. Elles varient en fonction de deux facteurs principaux : le degré de surdité et le statut de la LSF (langue maternelle, première, seconde, principale ou inconnue). Ces deux facteurs se combinent de manière très variée parmi les membres du système familial et extra-familial [3].