Indications du bilan orthophonique par tranche d'âge (3-6 ans)
La prescription du bilan orthophonique dépend de la sévérité, de la spécificité et de la persistance du retard de langage. L'indication diffère selon l'âge car une proportion élevée d'enfants rattrapent spontanément leur retard entre 3 et 5 ans (grade B). Chez l'enfant de 3 à 4 ans : indication en cas d'absence de langage intelligible pour les non-familiers, d'absence de structure grammaticale (3 mots dont un verbe à 3 ans), ou de troubles de la compréhension. Chez l'enfant de 4 à 5 ans : le bilan est indiqué pour une évaluation quantifiée des troubles de l'expression et de la compréhension ; en cas de retard phonologique isolé sans trouble de compréhension, une simple surveillance avec réexamen 6 mois plus tard suffit (grade C). À 5 ans : le bilan est justifié devant tout trouble du langage authentifié par une batterie de dépistage, car la persistance de troubles phonologiques peut gêner l'apprentissage de la lecture au début du primaire (grade C).
Cadre clinique
Les troubles du langage chez l'enfant de 3 à 6 ans peuvent être transitoires ou persistants. Une proportion élevée d'enfants présentant des retards du développement du langage entre 3 et 5 ans ne présentent plus de retard quelques mois ou quelques années plus tard, même en l’absence de prise en charge particulière [4]. Cependant, l'indication du bilan orthophonique dépend de la sévérité, de la spécificité et de la persistance du retard de langage [4].
Repères épidémiologiques
Les sources disponibles ne précisent pas la prévalence exacte des troubles du langage chez les enfants de 3 à 6 ans.
Diagnostic et évaluation
Critères d'indication du bilan orthophonique
Enfants de 3 à 4 ans
Un bilan orthophonique doit être prescrit en cas d’absence de langage compréhensible par les personnes non familières, d’absence de structure grammaticale (trois mots dont un verbe associé à 3 ans), de troubles de la compréhension, ou de bégaiement [5].
Enfants de 4 à 5 ans
Devant tout retard, le bilan orthophonique peut être indiqué pour faire une évaluation quantifiée des troubles de l’expression et des troubles de la compréhension. En cas de retard sur l’expression et en l’absence évidente de retard ou de trouble sur la compréhension, des conseils aux parents et une simple surveillance sont justifiés, avec un réexamen de l’enfant 3 à 6 mois plus tard [5].
Enfants de 5 ans
Le bilan orthophonique est justifié devant tout trouble du langage oral [5].
Contenu du bilan orthophonique
Le bilan orthophonique précise le type de trouble du langage et sa gravité, en évaluant à la fois l’aspect expressif (phonologie, vocabulaire, morphosyntaxe et récit), réceptif (perception et compréhension) et pragmatique (emploi du langage dans les interactions sociales et familiales) [2]. Des épreuves étalonnées dans la population générale permettent la réalisation de ces bilans orthophoniques [2].
Outils de repérage et de dépistage
Plusieurs outils de repérage et de dépistage des troubles du langage oral sont disponibles pour les enfants de 3 à 6 ans. Parmi eux, on trouve le DPL 3, le Chevrie-Muller, l'ERTL 4, le PER 2000, et l'ERTL A6 [9]. Ces outils sont en cours de validation et sont utilisés pour identifier les enfants présentant des troubles spécifiques du langage oral.
Interventions recommandées
Prise en charge orthophonique
Avant 4-5 ans
Une prise en charge orthophonique est nécessaire en cas d’inintelligibilité, d’agrammatisme ou de trouble de la compréhension [8]. La prise en charge comporte différents axes : guidance parentale et/ou rééducation orthophonique de l’enfant. D’autres méthodes d’intervention indirecte fondées sur un programme d’éducation et d’accompagnement parentale ont montré leur efficacité sur la pauvreté de vocabulaire [8].
Après 5 ans
La prise en charge orthophonique est toujours nécessaire si le bilan confirme l’existence d’un trouble spécifique du langage oral [8]. Les objectifs et les techniques de rééducation sont précisés et communiqués à l’ensemble des acteurs [10].
Cadre légal et droits
Prise en charge financière
Par arrêté en date du 8 juin 2006, la prise en charge à 100% d’un bilan du langage oral et/ou bilan d’aptitudes à l’acquisition du langage écrit (AMO24) est prévue, à condition qu’il s’agisse d’un premier bilan réalisé chez un enfant de moins de quatorze ans [7].
Examens complémentaires
Tout trouble sévère de la compréhension nécessite un avis spécialisé et un électroencéphalogramme de sommeil [4].