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Guidance pour le mutisme selectif

Accompagnement de l'enfant presentant un mutisme selectif : ne pas forcer la parole, reduire la pression sociale, amenager progressivement les situations de communication.

Cadre clinique

Le mutisme sélectif est un trouble anxieux caractérisé par une incapacité persistante à parler dans des situations sociales spécifiques, bien que l'enfant parle normalement dans d'autres contextes, comme à la maison. Ce trouble n'est pas simplement une phase de timidité passagère. Sans accompagnement, il peut durer plusieurs années et laisser place à d'autres difficultés comme une anxiété sociale marquée, une faible estime de soi ou un isolement [1] [2].

Le mutisme sélectif est souvent associé à une anxiété sociale intense, qui empêche l'enfant de parler dans certaines situations, même s'il en a envie. Contrairement à une idée reçue, ce trouble n'est pas causé par un traumatisme ou par un vécu particulièrement difficile. Il s'agit d'une anxiété spécifique, propre à certains enfants [4].

Repères épidémiologiques

Les sources disponibles ne précisent pas la prévalence exacte du mutisme sélectif. Cependant, il est important de noter que ce trouble peut être sous-diagnostiqué en raison de sa méconnaissance et de la difficulté à le distinguer d'une simple timidité.

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic du mutisme sélectif est généralement posé par un pédopsychiatre ou un pédiatre spécialisé dans le développement. L'évaluation comprend plusieurs étapes :

  1. Entretien médical : Pour retracer le développement de l'enfant, ses expériences sociales, ses éventuels symptômes associés (anxiété, troubles du comportement) ainsi que les antécédents familiaux [2].
  2. Observation des situations de parole : Identifier quand et avec qui l'enfant parle (à la maison, à l'école, avec ses parents, ses pairs…) et dans quels contextes il reste silencieux. Des questionnaires peuvent être proposés aux parents, aux enseignants et parfois à l'enfant lui-même [2].
  3. Vérification du langage : Il est essentiel de s'assurer que l'enfant parle normalement dans un contexte familier, afin de distinguer le mutisme sélectif d'un trouble du langage. Pour cela, un examen ORL (pour vérifier l'audition) et un bilan orthophonique (expression et compréhension du langage) sont généralement prescrits [2].

Interventions recommandées

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les TCC sont aujourd'hui le traitement de référence du mutisme sélectif et leur efficacité est bien documentée dans la recherche scientifique. Elles sont conduites par des spécialistes (psychiatres ou psychologues de l’enfant et de l’adolescent) formés à ces approches, en lien avec la famille et l’environnement de l’enfant (école, activités, loisirs) [1].

Les TCC visent à aider l’enfant à reprendre confiance pour parler dans les situations où il restait muet. Pour cela, plusieurs outils sont utilisés, comme des jeux de rôle et des exercices de relaxation [1].

Stratégies de communication

Pour favoriser la communication avec l'enfant, il est recommandé d'utiliser des phrases ouvertes et encourageantes, comme « Tu dessines une fleur », « Je vois que tu montres une image ». Cela crée un échange naturel et montre votre intérêt, ce qui peut l'encourager à réagir [3].

Il est également important d'éviter de répondre à la place de l'enfant. Même si cela soulage sur le moment, cela entretient le cycle d'évitement. L'enfant apprend que s'il se tait, quelqu'un prendra le relais, ce qui renforce son anxiété sur le long terme [3].

Accompagnement parental

Les parents jouent un rôle crucial dans la gestion du mutisme sélectif. Il est important de valider les émotions de l'enfant et de l'encourager à s'exposer progressivement à des situations sociales anxiogènes. Cela peut inclure des étapes simples, comme saluer un voisin ou commander une glace, et progressivement augmenter la difficulté des situations [10] [11].

Il est également recommandé de planifier des changements positifs avec l'enfant, en faisant une liste des comportements problématiques et en travaillant sur les situations les moins gênantes en premier. Valoriser les efforts de l'enfant tout au long de la semaine est essentiel pour renforcer son estime de soi [11].

Cadre légal et droits

Les sources disponibles ne précisent pas les droits spécifiques ou les dispositions légales en France pour les enfants atteints de mutisme sélectif. Il est recommandé de consulter un pédopsychiatre ou un pédiatre spécialisé pour obtenir des informations sur les aides et les droits disponibles [KG-3].

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Sources mobilisées (5)