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ARFID — Trouble de l’alimentation évitante/restrictive

L'ARFID (Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder, ou TAER) est un trouble de l'alimentation caractérisé par une restriction ou un évitement alimentaire marqué, sans préoccupation du poids ou de l'image corporelle. Très fréquent chez les enfants TSA et TDAH (sélectivité sensorielle, néophobie), il peut entraîner carences et retentissement sur la croissance.

Cadre clinique

L'ARFID (Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder, ou TAER) est un trouble de l'alimentation caractérisé par une restriction ou un évitement alimentaire marqué, sans préoccupation du poids ou de l'image corporelle. Ce trouble se manifeste par une difficulté persistante de l’enfant à couvrir ses besoins en énergie, en vitamines ou en minéraux avec ses apports alimentaires [1]. Les symptômes incluent des prises alimentaires réduites en quantité, une satiété rapide, et l’éviction spécifique de certains aliments, ce qui peut restreindre davantage l’apport nutritionnel [2]. Les problèmes alimentaires apparaissent généralement avant deux ans, souvent observés lors de la diversification ou l’introduction des morceaux [2].

L'ARFID diffère des troubles du comportement alimentaire (TCA) classiques comme l'anorexie ou la boulimie, car il n'est pas lié à une volonté de perdre du poids ou à des préoccupations concernant l'image corporelle [3]. Les enfants atteints d'ARFID peuvent présenter une néophobie alimentaire, une rigidité face aux changements des routines alimentaires, ou une hypersensibilité sensorielle [2]. Ces difficultés peuvent entraîner des carences nutritionnelles, une perte de poids, ou des problèmes de croissance [6].

Repères épidémiologiques

Les difficultés alimentaires sont fréquentes chez les enfants et les adolescents autistes. Selon une revue systématique publiée en 2024 dans Tidsskrift for Den norske legeforening, entre 21 % et 76 % des enfants et adolescents autistes présentent une sélectivité alimentaire marquée, contre 5 % à 33 % chez les enfants neurotypiques [5]. Une méta-analyse publiée en 2025 dans Brain Sciences estime que 16 % des personnes présentant un ARFID sont également autistes, tandis que 11 % des personnes autistes répondent aux critères de l’ARFID [5]. Ces chiffres illustrent la prévalence significative des particularités alimentaires chez les personnes autistes.

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic de l'ARFID repose sur les critères du DSM-5, qui incluent une restriction alimentaire marquée ou un évitement alimentaire persistant, entraînant une dénutrition, une perte de poids significative, une défaillance de la croissance, ou des déficiences nutritionnelles [1]. Les symptômes doivent être associés à une altération significative du fonctionnement psychosocial [1]. Une évaluation pédiatrique est cruciale pour identifier des carences et des causes sous-jacentes telles que des troubles gastro-entérologiques ou allergiques [1].

L'évaluation pluridisciplinaire est essentielle et peut inclure un pédiatre, un nutritionniste, un orthophoniste, et un pédopsychiatre [4]. L'orthophoniste évalue la mastication, la déglutition et la tolérance sensorielle, et aide l’enfant à élargir progressivement son répertoire alimentaire [7]. Le pédopsychiatre réalise une évaluation psychiatrique, repère les signes de gravité et construit un projet de soins individualisé avec l’équipe et la famille [12].

Interventions recommandées

La prise en charge de l'ARFID nécessite une approche multidisciplinaire. Les interventions peuvent inclure des séances avec un orthophoniste pour travailler sur la désensibilisation sensorielle et la flexibilité autour des repas [7]. Un diététicien peut aider à élaborer un plan alimentaire adapté aux besoins nutritionnels de l’enfant [KG-2]. Un pédopsychiatre ou un psychologue peut accompagner l’enfant et sa famille dans la prise en charge psychothérapeutique [12].

Les stratégies pour encourager une alimentation plus variée incluent la création d’un environnement visuel ordonné à table, la présentation des aliments de manière prévisible, et l’utilisation de techniques de désensibilisation sensorielle [10]. Il est également important de prendre en compte les préférences sensorielles de l’enfant, telles que les textures, les goûts et les odeurs, pour faciliter l’acceptation des aliments [11].

Cadre légal et droits

En cas de difficultés alimentaires persistantes, une évaluation par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) peut être nécessaire pour obtenir des aménagements scolaires et/ou des aides financières [7]. L’assistant(e) social(e) peut aider la famille dans les démarches administratives et l’accès aux aides lorsque la prise en charge devient longue ou complexe [7]. Les familles peuvent également bénéficier de l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) pour les aider à faire face aux contraintes liées à la prise en charge de leur enfant [7].

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Sources mobilisées (7)