Troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA)
Regroupement (umbrella) des troubles spécifiques du langage oral et écrit et des apprentissages : troubles Dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysgraphie) et troubles du langage oral (dysphasie, retard de parole, trouble de l'articulation, bégaiement). Sous-ensemble des troubles du neurodéveloppement (TND).
Troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA)
Définition clinique
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA), communément appelés « troubles dys », sont des troubles cognitifs spécifiques neurodéveloppementaux. Ils affectent les apprentissages précoces (langage, geste) ou les apprentissages scolaires (langage écrit, calcul). Ces troubles ne sont pas expliqués par une déficience intellectuelle globale et sont répertoriés dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) [1].
Les TSLA incluent :
- Trouble du langage (dysphasie)
- Trouble spécifique des apprentissages :
- avec déficit en lecture (dyslexie)
- avec déficit de l’expression écrite (dysorthographie)
- avec déficit du calcul (dyscalculie)
- Trouble développemental de la coordination (dyspraxie, incluant certaines formes de dysgraphie)
- Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) [1] [2] [3].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques des TSLA selon le DSM-5 sont les suivants :
- Scores déficitaires aux outils d’évaluation standardisés par rapport aux normes attendues pour l'âge.
- Spécificité : non expliqués par une autre pathologie sensorielle, neurologique, intellectuelle ou psychiatrique, ni par un manque d’apport socioculturel.
- Durée : persistant depuis au moins 6 mois en dépit d’une prise en charge individualisée et d’une adaptation pédagogique ciblée.
- Présence dès les premières étapes du développement, mais pouvant se manifester plus tardivement.
- Interférence significative avec la réussite scolaire, le fonctionnement professionnel ou les activités de la vie courante [1].
Évaluation
Le diagnostic des TSLA nécessite l'exclusion de déficiences intellectuelles, neurosensorielles ou psychiatriques. Les outils de dépistage validés déterminent les bilans spécialisés utiles et les professionnels concernés en fonction de l’âge et du type de trouble observé. Un bilan d’audition en ORL ou un bilan ophtalmologique et orthoptique peuvent être utiles [7].
Les bilans spécialisés dépendent du type de trouble :
- Pour des difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique : bilan orthophonique.
- Pour la coordination motrice, le graphisme ou les difficultés visuo-perceptives ou visuo-motrices : bilan par un psychomotricien ou un ergothérapeute.
- Un bilan complémentaire cognitif ou attentionnel et des fonctions exécutives par un psychologue spécialisé en neuropsychologie peut être utile [7].
Intervention
La prise en charge des TSLA est pluridisciplinaire et inclut des adaptations pédagogiques à l’école. Les mesures peuvent inclure :
- Lecture orale des consignes pour les enfants ayant des difficultés de compréhension de la lecture.
- Photocopies des cours ou utilisation d’un ordinateur pour les enfants rencontrant des difficultés d’écriture.
- Reformulation des consignes pour aider les enfants présentant un trouble de la compréhension du langage.
- Temps supplémentaires pendant les épreuves [12].
Une orientation en classe spécialisée (ULIS TSL) peut être envisagée pour les enfants présentant des troubles sévères du langage écrit. Certains centres de référence de niveau 3 proposent une prise en charge spécialisée avec des rééducations intensives et une scolarité spécialisée [12].
Recommandations officielles
Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de janvier 2018, les parcours de diagnostic et de prise en charge doivent être adaptés aux types de difficultés d’apprentissage, à leur sévérité, à leur pronostic évolutif ainsi qu’à l’environnement de l’enfant. Ces recommandations définissent une organisation sur trois niveaux en fonction de la complexité des interventions utiles [7].
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge des TSLA nécessite une collaboration entre professionnels de santé, psychologues et professionnels de l’Éducation Nationale, tout en associant la famille à chaque étape. Les parcours de soins et de scolarisation sont imbriqués pour garantir une prise en charge souple et adaptée au développement de l’enfant et à l’évolution de ses besoins [10].
Références
- HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- DGS — Sante.fr Dys durables (2024)
- INSERM — INSERM Dys Dossier (2024)
- HAS — HAS TDAH 1er recours 2015 (2015)
- HAS — HAS TDAH 2024 (2024)
- Consensus TDC — Consensus TDC 2017 (2017)
- DGS-SFP — src-dgs-sfp-langage-collection-06-reco-outils-rep-2 (2007)
- HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- INSERM — INSERM Dys Dossier (2024)
- INSERM — INSERM Dys Dossier (2024)
Sources mobilisées (7)
- [1] HAS Dys 2017 — HAS (2017) 📄 (2 extraits)
- [2] HAS TDAH 1er recours 2015 — HAS (2015) 📄 (1 extrait)
- [3] HAS TDAH 2024 — HAS (2024) 📄 (1 extrait)
- [4] INSERM Dys Dossier — INSERM (2024) 📄 (4 extraits)
- [5] Sante.fr Dys durables — DGS (2024) 📄 (2 extraits)
- [6] src-dgs-sfp-langage-collection-06-reco-outils-rep-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [7] Consensus TDC 2017 — Consensus TDC (2017) 📄 (1 extrait)