Trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle (DMDD)
Mis à jour le
Trouble disruptif avec dy- Comportement explosif (accès de colère d’une intensité et de srégulation émotionnelle fréquence supérieures à l’âge développemental de l’enfant, rage).
En bref
- Attesté par : 3 documents (dont 3 HAS) — meilleur niveau de preuve : Avis d'experts
Cadre clinique
Le trouble disruptif avec dysrégulation émotionnelle (TDDE) est une entité diagnostique introduite dans le DSM-5, que l'on pourrait traduire par « Troubles perturbateurs de la régulation de l’humeur » [3]. Il se caractérise par des crises de colère récurrentes et hors de proportion, verbales et/ou physiques, survenant trois fois ou plus par semaine dans au moins deux contextes différents au cours des 12 derniers mois ou plus [6]. Ces crises sont d'une intensité et d'une fréquence supérieures à l’âge développemental de l’enfant, pouvant aller jusqu'à la rage [1]. Le diagnostic est généralement posé entre 6 et 10 ans et ne peut être établi avant l’âge de 6 ans ou après l’âge de 18 ans [6].
Les enfants présentant un TDDE peuvent avoir des réactions émotionnelles intenses face à des situations mineures, telles que des frustrations, des sentiments d’injustice, ou des difficultés scolaires [7]. Ces réactions sont souvent démesurées par rapport à l’événement déclencheur et l’enfant peut avoir du mal à comprendre ou expliquer ce qu’il ressent sur le moment [8]. Une fois submergé par une émotion, l’enfant a du mal à revenir à un état de calme et peut agir sans réfléchir, par exemple en frappant ou en criant [8].
Repères épidémiologiques
Les sources disponibles ne précisent pas la prévalence exacte du TDDE. Cependant, il est souvent observé dans des contextes de troubles comme le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre de l’autisme (TSA), le trouble oppositionnel avec provocation (TOP), ou les troubles anxieux [9].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic du TDDE repose sur les critères du DSM-5, qui incluent des crises de colère récurrentes et hors de proportion, survenant trois fois ou plus par semaine dans au moins deux contextes différents au cours des 12 derniers mois ou plus [6]. Il est important de distinguer le TDDE des autres troubles de l’humeur, tels que le trouble bipolaire ou la dépression, qui peuvent présenter des symptômes similaires [5].
L’évaluation du TDDE doit inclure une exploration clinique minutieuse pour distinguer ce trouble des autres troubles du neurodéveloppement et des troubles de l’humeur. Par exemple, le TDAH et le trouble réactionnel de l’attachement (TRA) présentent un chevauchement symptomatique spécifiquement pour les entités de désinhibition sociale, d’inattention et d’hyperactivité [6].
Interventions recommandées
La prise en charge du TDDE nécessite une approche multimodale, incluant des traitements pharmacologiques et des interventions psychosociales [5]. Les thérapies comportementales cognitives et émotionnelles (TCCE) peuvent être particulièrement utiles pour aider l’enfant à mieux gérer ses émotions et à développer des stratégies d’adaptation [5].
Il est également important de prendre en compte les facteurs environnementaux et familiaux qui peuvent contribuer à la dysrégulation émotionnelle. Par exemple, des pratiques éducatives inadéquates ou des antécédents de maltraitance peuvent aggraver les symptômes du TDDE [5]. Une évaluation et un soutien familiaux peuvent donc être nécessaires pour améliorer la régulation émotionnelle de l’enfant.
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les dispositions légales spécifiques au TDDE en France. Cependant, les enfants présentant un TDDE peuvent bénéficier de mesures d’accompagnement scolaire et social, telles que le Plan personnalisé de scolarité (PPS) ou le Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), en fonction de leurs besoins spécifiques [2].
Sources mobilisées (4)
- [1] HAS TDAH 2024 — HAS (2024) 📄 (3 extraits)
- [2] HAS TDAH 1er recours 2015 — HAS (2015) 📄 (2 extraits)
- [3] HAS TDAH Argumentaire 2024 — HAS (2024) 📄 (3 extraits)
- [4] Mon enfant de moins de 6 ans se met très vite en colère pour des raisons banales — Institut du Cerveau de l'Enfant (2024) 📄 (4 extraits)