Prise en charge et suivi de l’enfant (rééducations, soins)
Mis à jour le
Selon le trouble, l’analyse de la gêne constatée et en référence aux âges clés développementaux, différents types de rééducations sont envisagées sur prescription médicale. Les progrès de l’enfant sont évalués en recueillant l’avis de l’ensemble des intervenants. Il est possible de mettre en place des rééducations et des soins dès le plus jeune âge.
En bref
- Attesté par : 20 documents (dont 15 Handicap Agir Tôt, 5 Institut du Cerveau de l'Enfant) — meilleur niveau de preuve : Pédagogique
Définition clinique
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) regroupent des difficultés persistantes et significatives dans l'acquisition des apprentissages scolaires, en l'absence de déficit intellectuel, sensoriel ou neurologique. Ces troubles incluent les troubles spécifiques du langage oral, du langage écrit, de la cognition mathématique, et les troubles d'organisation du geste [2].
Critères diagnostiques
Le diagnostic repose sur une évaluation pluridisciplinaire incluant des bilans orthophoniques, psychomoteurs, ergothérapiques, et neuropsychologiques. Les critères diagnostiques sont établis en fonction de l'âge de l'enfant, de la nature et de l'intensité du trouble. Par exemple, pour les troubles spécifiques du langage oral, une rééducation orthophonique est indiquée dès que possible en cas d'inintelligibilité ou d'agrammatisme, ou après 3 ans si le bilan confirme la persistance du trouble [2].
Évaluation
L'évaluation initiale comprend des bilans quantitatifs et qualitatifs des résultats obtenus lors des examens médicaux obligatoires et des évaluations normées. Ces bilans permettent de poser une première hypothèse diagnostique et d'orienter la prise en charge rééducative. Un bilan complémentaire cognitif ou attentionnel par un psychologue spécialisé en neuropsychologie peut être utile [6].
Intervention
La mise en œuvre thérapeutique se fait avec des professionnels de proximité (orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens), le plus souvent en secteur libéral. Les projets thérapeutiques sont établis à partir de l'analyse des résultats de l'évaluation, en fonction de l'âge de l'enfant, de la nature et de l'intensité du trouble. Les types de rééducations envisagées incluent l'orthophonie, l'ergothérapie, la psychomotricité, et la neuropsychologie [3].
Rééducations spécifiques
- Trouble spécifique du langage oral : orthophonie dès que possible en cas d'inintelligibilité ou d'agrammatisme, ou après 3 ans si le bilan confirme la persistance du trouble [2].
- Trouble spécifique du langage écrit : orthophonie dès le début du CP en cas d'antécédents personnels et familiaux de troubles du langage oral, ou dès le milieu du CP en cas d'amélioration insuffisante en lecture malgré une pédagogie différenciée [2].
- Trouble spécifique de la cognition mathématique : intervention orthophonique pouvant être complétée par une rééducation en neuropsychologie, ergothérapie ou psychomotricité [2].
- Trouble d'organisation du geste : rééducation en ergothérapie et/ou en psychomotricité dès que des difficultés portent sur la sphère sensorimotrice et/ou visuospatiale [2].
Recommandations officielles
Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de janvier 2018, les parcours de diagnostic et de prise en charge doivent être adaptés aux types de difficultés d’apprentissage, à leur sévérité, à leur pronostic évolutif ainsi qu’à l’environnement de l’enfant. Ces recommandations définissent une organisation sur trois niveaux en fonction de la complexité des interventions utiles [6].
Niveau 1 : Proximité
Le niveau 1 correspond au diagnostic, à la prise en charge et au suivi des troubles par le médecin traitant et le rééducateur adapté au type de trouble. Les enjeux pour ce niveau portent sur la nécessité d’une prescription éclairée des bilans, la mise en place de la prise en charge rééducative, l’accompagnement de l’enfant et de sa famille, et l’articulation entre soins et pédagogie [3].
Niveau 2 : Pluridisciplinaire
Le niveau 2, plus spécialisé, vient en complément pour les enfants dont l’évolution reste insuffisante avec la réponse de niveau 1, ou lorsque les troubles sont plus complexes. Ce niveau implique une évaluation multidisciplinaire et globale pour orienter la prise en charge rééducative et le mode d’intégration scolaire [4].
Niveau 3 : Centres de référence
Des centres de référence de niveau 3 existent au sein de centres hospitaliers universitaires, permettant des bilans multidisciplinaires pour les patients présentant les cas les plus complexes [6].
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge des troubles spécifiques du langage et des apprentissages nécessite une coordination entre différents professionnels de santé et de l'éducation. Les échanges entre le référent de la prise en charge (médecin de l’enfant ou le rééducateur), le rééducateur, les intervenants de l’école, et la famille sont essentiels. En cas de nécessité de recours à un niveau 2, ce référent fait le lien avec le coordonnateur des soins de niveau 2 [9].
Références
- [1] HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- [2] HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- [3] HAS — HAS Dys 2018 — synthèse du guide (2018)
- [4] DGS — src-dgs-sfp-langage-collection-langes-actes-dgs (2007)
- [5] DGS — src-dgs-sfp-langage-collection-langes-actes-dgs (2007)
- [6] Santé.fr — Sante.fr Dys durables (2024)
- [7] Santé.fr — Sante.fr Dys durables (2024)
- [8] HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- [9] HAS — HAS Dys 2017 (2017)
- [10] HAS — HAS Dys 2018 — synthèse du guide (2018)
- [11] HAS — HAS Dys 2018 — synthèse du guide (2018)
- [12] DGS — src-dgs-sfp-langage-collection-langes-actes-dgs (2007)