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Phobie spécifique

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Dans le cas de la phobie spécifique, la peur n’est plus “mesurée et protectrice” comme dans la peur adaptative mais intense et disproportionnée par rapport au danger

En bref

Qu'est-ce que c'est ?

La phobie spécifique est une peur intense, excessive et irrationnelle face à un objet, un animal, une activité ou une situation précise. Contrairement à une peur adaptative, qui est mesurée et protectrice, la phobie spécifique est disproportionnée par rapport au danger réel. Elle s'accompagne de manifestations physiques comme des sueurs, une accélération du rythme cardiaque, des difficultés à respirer, ou une agitation. L'enfant peut parfois se confronter à la situation anxiogène, mais au prix d'une détresse importante [1].

Les enfants ont généralement conscience du caractère irrationnel de leur peur, ce qui peut renforcer un sentiment de dévalorisation d'eux-mêmes [1]. Une phobie spécifique peut disparaître spontanément en quelques mois, mais elle peut aussi persister plus longtemps et nécessiter un accompagnement [3].

5 à 15% des enfants souffrent d’une phobie spécifique, avec un âge de début le plus souvent entre 5 et 9 ans. Les filles sont deux fois plus touchées par les phobies que les garçons [2].

Ce que ça change au quotidien

La phobie spécifique peut avoir un impact significatif sur la vie de l’enfant. Par exemple, une phobie des pigeons peut limiter les activités de l’enfant s’il habite en ville et est susceptible d’en rencontrer souvent. L’enfant peut éviter de se confronter à la situation ou à l’objet de sa peur, ce qui procure un soulagement à court terme mais maintient la peur à moyen et long terme [3].

Les enfants qui présentent une phobie spécifique peuvent développer des conduites d’évitement, c’est-à-dire qu’ils essayent d’éviter de revivre l’expérience désagréable liée à leur peur. Cela peut limiter leurs activités quotidiennes et renforcer leur croyance erronée qu’ils ne sont pas capables de gérer leur peur [3].

Ce qui peut aider

Le traitement de la phobie spécifique repose sur un principe fondamental : l’exposition progressive. Cette méthode consiste à confronter l’enfant, de manière graduelle, à la situation ou à l’objet de sa peur. L’exposition doit être progressive, en fixant à l’enfant des objectifs d’abord faibles et atteignables, puis de plus en plus anxiogènes. Il est important de ne pas le mettre en échec en le poussant à se confronter trop tôt à une situation qui est encore trop difficile pour lui [4].

Pour accompagner votre enfant, vous pouvez établir une hiérarchie des peurs en utilisant une échelle graduée. Cela permet à l’enfant de préciser ses peurs et de les nuancer. Par exemple, s’il a peur des pigeons, vous pouvez lui proposer de noter chaque peur en fonction de son intensité sur une échelle de 0 à 10 [6].

Il est également important de montrer à votre enfant que vous comprenez ce qu’il ressent et que vous prenez en compte sa peur excessive. Vous pouvez l’encourager à mettre des mots sur ce qu’il a exprimé sur le papier et à participer à la préparation des repas pour qu’il retrouve un sentiment de contrôle [11].

Si la situation persiste, il est recommandé de parler à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé mentale. Une guidance parentale ou un accompagnement psychologique bref peut suffire à débloquer la situation si le trouble ne s’est pas installé dans la durée [10].

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Sources mobilisées (4)