Hospitalisation à domicile (HAD)
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Il est aussi recommandé de mettre en place un retour précoce à domicile par l’intermédiaire d’une équipe mobile de soins à domicile des services de néonatologie ou d’un système d’hospitalisation à domicile (HAD) pour l’accompagnement et la guidance familiale.
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Hospitalisation à domicile (HAD)
Cadre clinique
L'hospitalisation à domicile (HAD) constitue une modalité de prise en charge médicale et paramédicale qui permet d'assurer des soins complexes au domicile du patient. Ce dispositif est particulièrement recommandé pour les enfants à risque de troubles du neurodéveloppement ou atteints de pathologies chroniques nécessitant une surveillance médicale continue. L'HAD intervient notamment dans le cadre des interventions précoces à visée préventive, en complément des programmes de soins de développement et de guidance familiale [1] [KG-1].
Pour les enfants polyhandicapés, l'HAD est recommandée pour garantir des moyens suffisants matériels et humains adaptés aux nécessités d’accompagnement et de soins au domicile [3]. Elle est également indiquée pour les femmes enceintes en situation de vulnérabilité, notamment en cas de dépendance à l’alcool ou à des drogues, afin de poursuivre la prise en charge médicale initiée pendant la grossesse ou en urgence post-partum [5].
Repères épidémiologiques
Les troubles du neurodéveloppement concernent un ensemble d’affections qui débutent durant la période du développement. Ils sont responsables de déficiences motrices, sensorielles, cognitives, ou de troubles de la communication et des interactions sociales. Les interventions précoces, incluant l'HAD, visent à améliorer le développement neurologique des enfants à risque [KG-4].
Diagnostic et évaluation
Le diagnostic des troubles du neurodéveloppement repose sur une consultation spécialisée effectuée par un médecin formé à ces troubles. Cette consultation comprend un examen pédiatrique clinique complet, une évaluation de tous les domaines du neurodéveloppement, et la proposition de tests de repérage standardisés validés [2]. L'HAD peut être mise en place dès la période néonatale pour les enfants à risque, en coordination avec les services de néonatologie et les équipes mobiles de soins à domicile [1].
Interventions recommandées
Interventions précoces à visée préventive
Il est recommandé de débuter les interventions précoces à visée préventive dès la période néonatale d’hospitalisation et de les poursuivre lors du retour à domicile afin d’éviter toute rupture de soins. L'HAD est un dispositif clé pour assurer un accompagnement et une guidance familiale continus [1] [KG-1]. Les programmes de soins de développement et de préparation à un retour précoce sont également recommandés pendant l’hospitalisation [1].
Interventions éducatives et rééducatives
Pour les enfants chez qui des troubles du neurodéveloppement sont confirmés, il est recommandé de prescrire le plus précocement possible des interventions à visée éducative et rééducative. L’enfant doit être adressé vers un professionnel paramédical et/ou un psychologue formé au neurodéveloppement pédiatrique [1] [KG-6]. L'HAD peut faciliter cette prise en charge en assurant un suivi continu et coordonné au domicile [1].
Guidance parentale
La guidance parentale est un accompagnement structuré des parents d'enfants à haut risque de troubles du neurodéveloppement. Elle vise à soutenir et à valoriser les compétences des parents dans la prise en charge de leur enfant. L'HAD peut intégrer cette dimension en offrant un soutien continu et personnalisé aux familles [2] [KG-2].
Cadre légal et droits
L'HAD est encadrée par des recommandations de bonne pratique qui visent à assurer une prise en charge optimale des patients. Les parents doivent être informés précocement de la nécessité d’un suivi et de l’organisation de ce suivi dès la reconnaissance d’un risque de troubles du neurodéveloppement chez leur enfant. L'annonce du résultat du repérage médical doit être effectuée en présence des deux parents, dans une consultation dédiée, avec le médecin traitant et/ou le médecin référent [12].
Pour les enfants polyhandicapés, l'HAD est recommandée pour garantir des moyens suffisants matériels et humains adaptés aux nécessités d’accompagnement et de soins au domicile. Le groupe d’experts recommande une amélioration du maillage du territoire national en structures spécialisées afin de pouvoir accueillir en moyen séjour toute personne polyhandicapée nécessitant des bilans médicaux ou des actions de prévention [3].
En cas de fin de vie, l'HAD peut être une option pour assurer un accompagnement adapté. Le groupe d’experts recommande que les conditions de la fin de vie (notamment le lieu et les modalités) de la personne polyhandicapée soient discutées, si possible anticipées, conjointement entre famille et professionnels [9].
Coordination et soutien aux familles
La coordination des soins est essentielle pour assurer une prise en charge globale et cohérente. Le médecin référent formé aux troubles du neurodéveloppement assure la coordination du suivi en lien avec les parents, les paramédicaux et les équipes de deuxième ligne (par exemple : CAMSP). Il fait les démarches administratives (MDPH, ALD) et veille à harmoniser les informations transmises aux parents [2] [KG-9].
Les parents doivent être encouragés à participer aux décisions concernant les soins de l’enfant. Une méta-analyse portant sur 11 000 participants dans sept pays montre les bénéfices de soins centrés sur la famille en termes de satisfaction, d’efficacité, de comportement des enfants, etc. [11]. L'HAD peut faciliter cette participation en offrant un suivi continu et personnalisé au domicile [11].
En conclusion, l'HAD est un dispositif clé pour assurer une prise en charge médicale et paramédicale continue au domicile des enfants à risque de troubles du neurodéveloppement ou atteints de pathologies chroniques. Elle permet de garantir un accompagnement et une guidance familiale continus, en coordination avec les services de néonatologie et les équipes mobiles de soins à domicile. Les parents doivent être informés précocement de la nécessité d’un suivi et de l’organisation de ce suivi, et être encouragés à participer aux décisions concernant les soins de leur enfant.