Serenaid

Hypothyroïdie congénitale

Mis à jour le

Le dépistage néonatal systématique a démontré sa pertinence pour deux pathologies accessibles à un traitement dès les pre-miers jours de vie : la phénylcétonurie et l’hypothyroïdie congé-nitale

En bref

Qu'est-ce que l'hypothyroïdie congénitale ?

L'hypothyroïdie congénitale est une maladie présente dès la naissance, caractérisée par un fonctionnement insuffisant de la thyroïde. Cette glande, située à la base du cou, produit des hormones essentielles au développement du cerveau et à la croissance de l'enfant. Le dépistage néonatal systématique permet de détecter cette pathologie dès les premiers jours de vie, ce qui est crucial pour mettre en place un traitement rapide et efficace [1].

Chez les enfants porteurs de trisomie 21, l'hypothyroïdie congénitale est plus fréquente, avec une occurrence de 1 cas pour 141 contre 1 cas pour 2000 à 3000 dans la population générale. Habituellement, la glande thyroïde est en place mais présente une hypoplasie relative. Des goitres peuvent également être observés [2].

Le diagnostic repose sur le dosage de la TSHus (thyréostimuline) et de la T4 libre (thyroxine libre). Ces examens sont réalisés en association avec les dépistages néonataux conventionnels. Les dysfonctions thyroïdiennes diagnostiquées en période néonatale peuvent être transitoires et nécessitent une évaluation clinique et biologique vers l'âge de deux à trois ans pour ajuster le traitement [2].

Ce que ça change au quotidien

L'hypothyroïdie congénitale peut avoir un impact significatif sur le développement psychomoteur et cognitif de l'enfant. Sans traitement, elle peut entraîner des retards de développement, des difficultés d'apprentissage et des problèmes de croissance. Cependant, un traitement précoce et bien suivi permet de limiter ces effets et d'assurer une croissance et un développement normaux [1].

Le traitement de l'hypothyroïdie congénitale repose sur la prise quotidienne d'hormones thyroïdiennes de synthèse. Ce traitement doit être suivi rigoureusement et les dosages sanguins doivent être réguliers pour ajuster la posologie en fonction de la croissance et des besoins de l'enfant. Les contrôles du taux de TSHus et de T4 libre sont recommandés semestriellement jusqu'à un an, puis annuellement après un an [4].

En plus du traitement médical, un suivi régulier par un endocrinologue est essentiel. Ce suivi permet de surveiller la croissance, le développement et l'efficacité du traitement. En cas de ralentissement de la croissance ou d'obésité, une évaluation endocrinienne et métabolique plus approfondie peut être nécessaire [4].

Ce qui peut aider

Le dépistage et le traitement précoces de l'hypothyroïdie congénitale sont essentiels pour éviter les complications et assurer un développement normal de l'enfant. Les parents doivent être informés de l'importance de ce dépistage et des étapes à suivre en cas de diagnostic positif [1].

La qualité de l'annonce du diagnostic est cruciale. Elle doit être réalisée selon les référentiels de bonnes pratiques et inclure des informations sur les associations de soutien et les professionnels à contacter pour un accompagnement précoce. Une consultation d'annonce doit être réalisée pour expliquer la pathologie, les traitements et les suivis nécessaires [1].

Les parents peuvent également bénéficier d'un accompagnement psychologique pour les aider à accepter le diagnostic et à faire face aux défis liés à la prise en charge de l'hypothyroïdie congénitale. Les associations de patients et les groupes de soutien peuvent offrir un précieux soutien émotionnel et pratique [1].

En cas de questions ou de préoccupations, les parents peuvent consulter leur pédiatre ou leur endocrinologue pour obtenir des conseils et des informations supplémentaires. Un suivi régulier et une communication ouverte avec les professionnels de santé sont essentiels pour assurer la meilleure prise en charge possible de l'enfant.

Voir cet article dans l'application →

Sources mobilisées (3)