Absence de regression des acquis
Toute perte de competences acquises (langage, motricite, social) est un signe d'alerte majeur necessitant une consultation urgente.
Cadre clinique
L'absence de régression des acquis désigne la persistance ou l'aggravation de difficultés développementales, notamment en matière de langage, de motricité ou d'interactions sociales. Toute perte de compétences acquises (langage, motricité, social) est un signe d'alerte majeur nécessitant une consultation urgente [1]. Les troubles du langage et des apprentissages peuvent être associés à des difficultés socio-éducatives ou à des troubles envahissants du développement [7].
Repères épidémiologiques
Les sources disponibles ne précisent pas la prévalence exacte de l'absence de régression des acquis. Cependant, les troubles du langage touchent environ 5 à 10 % des enfants d'âge scolaire [1]. Les facteurs étiologiques incluent des antécédents périnataux, des facteurs génétiques, des carences socio-culturelles et des facteurs psychoaffectifs [8] [9].
Diagnostic et évaluation
Signes d'appel
Les signes d'appel varient selon l'âge de l'enfant :
- À tout âge : Ne semble pas réagir au bruit, présente des infections ORL récurrentes, a des difficultés pour comprendre ou répondre de façon appropriée, ne comprend pas le langage du quotidien, communique très peu malgré son désir de communiquer ou faute de désir de communiquer, ne fait pas ou peu de progrès de langage malgré la socialisation, s'isole, se replie sur soi ou s'oppose, agresse, ou présente des plaintes somatiques répétées [1] [2].
- À 15 mois : Ne fait pas de tentative pour dire des mots, ne pointe pas du doigt, n’a pas d’attention conjointe [1] [2].
- À 2 ans : Ne comprend pas le langage même simple, ne dispose pas de 50 mots de vocabulaire, ne dispose que d’un nombre restreint de consonnes [1] [2].
- À 2 ans 6 mois : N’est pas capable de réaliser une consigne verbale simple, n’associe pas deux mots pour faire une phrase, est très peu compréhensible par l’entourage, hésite beaucoup quand il parle [1] [2].
- À 3 ans : A des difficultés pour comprendre les phrases hors contexte, ne fait pas de phrase à trois éléments (sujet + verbe + complément), a des difficultés pour trouver le bon mot pour exprimer ses idées, n’est compris que par son entourage [1] [2].
- À partir de 4 ans : Garde des difficultés pour comprendre le langage quand les phrases sont longues, complexes ou abstraites, dispose d’un vocabulaire restreint et imprécis, ne fait que des phrases courtes ou mal construites, a du mal à raconter des événements simples et récents, simplifie des mots, ce qui le rend peu intelligible, répète des sons plusieurs fois avant de parler, se bloque en début de phrase [1] [2].
- À partir de 4 ans 6 mois : Prononce mal certains sons [1] [2].
- À partir de 5 ans : N’organise correctement ni sa parole, ni son langage sur le versant expression, a des difficultés pour comprendre, ne s’intéresse pas à la forme sonore du langage : ne perçoit pas les rimes, le nombre de syllabes dans un mot (conscience phonologique) [1] [2].
- En fin de CP : A des difficultés dans l’apprentissage de la lecture [1] [2].
- À partir du CE2 : Ne maîtrise pas la lecture et/ou l’écriture [1] [2].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques incluent :
- Avant 3 ans : Aucun mot signifiant à 18 mois, absence de babillage, langage très pauvre, pas d’association de mots, n’a pas l’air de bien comprendre alors qu’il communique bien (regard, gestes, etc.), compréhension altérée [4].
- À 3 ans et après : Si plainte isolée sur le langage oral [4].
Conduite à tenir
- Éliminer d’emblée un doute sur l’audition [4].
- Éliminer un trouble de communication verbale et non verbale : absence de jeu de « faire semblant » ou d’imitation, de pointage proto-déclaratif, d’attention partagée pouvant représenter une alerte vers un trouble du spectre de l’autisme [4].
- Examen clinique, audition [4].
- Bilan orthophonique et rééducation si nécessaire (surtout en cas de vulnérabilité familiale, d’antécédents familiaux ou de prématurité) [4].
- Rééducation orthophonique à partir de 4 ans si les troubles persistent ; éventuellement plus précocément si les troubles sont sévères faisant évoquer une dysphasie [8] [9].
- Rééducation psychomotrice si un retard moteur, des difficultés praxiques, ou des troubles de l'organisation spatio-temporel sont associés [8] [9].
- Psychothérapie si des facteurs psychoaffectifs ou relationnels apparaissent prédominants [8] [9].
Interventions recommandées
Rééducation
- Orthophoniste : Bilan orthophonique (langage oral/langage écrit) et rééducation si nécessaire [12].
- Psychomotricien : Bilan et rééducation si difficultés dans la vie scolaire et quotidienne [10].
Adaptations pédagogiques
- Adaptation pédagogique : Valoriser les côtés positifs et fournir une aide pédagogique [10].
- Examen de première intention des fonctions graphiques et du contexte cognitif (raisonnement verbal) [10].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés à l'absence de régression des acquis.
Sources mobilisées (6)
- [1] HAS Dys 2017 — HAS (2017) 📄 (4 extraits)
- [2] src-dgs-sfp-langage-collection-03-fiche-signes-appel-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [3] src-dgs-sfp-langage-collection-plaquette-troubles-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (4 extraits)
- [4] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-2-2 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [5] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-3 — DGS-SFP (2007) 📄 (1 extrait)
- [6] Syndrome de Phelan-McDermid : comprendre pour aider son enfant — expert (2024) 📄 (1 extrait)