Court
L'enfant court de manière coordonnée.
Définition clinique
La capacité à courir de manière coordonnée est un marqueur clé du développement moteur global chez l'enfant. Ce stade, généralement atteint vers 24 mois, reflète l'intégration des compétences motrices grossières acquises au cours des premiers mois de vie. La course implique une coordination complexe entre les membres inférieurs, l'équilibre et la planification motrice, nécessitant une maturation des voies neuronales et une intégration sensorimotrice efficace [4].
Critères diagnostiques
L'absence de capacité à courir de manière coordonnée à 24 mois peut être un signe d'alerte nécessitant une évaluation plus approfondie. Les critères diagnostiques incluent :
- Incapacité à courir sans tomber
- Marche persistante sur la pointe des pieds
- Absence de saut sur les deux pieds
- Difficultés à monter les escaliers en alternant les pieds
- Présence de spasticité ou d'asymétrie motrice [4]
Ces signes peuvent être associés à des troubles du neurodéveloppement nécessitant une intervention précoce.
Évaluation
L'évaluation de la capacité à courir doit s'inscrire dans une approche globale du développement moteur. Les outils recommandés incluent :
- ASQ-3 (Ages and Stages Questionnaires) : Questionnaire parental évaluant les compétences motrices parmi d'autres domaines de développement. Il présente une bonne stabilité test-retest et une validité de contenu excellente [3].
- PEDS (Parents’ Evaluation of Developmental Status) : Questionnaire parental court recommandé par l'AAP, permettant d'identifier les retards de développement, y compris moteurs [3].
En cas de suspicion de trouble, une évaluation plus approfondie par un psychomotricien ou un pédiatre spécialisé peut être nécessaire.
Intervention
L'intervention précoce est cruciale pour les enfants présentant des retards dans l'acquisition de la course. Les stratégies incluent :
- Stimulation motrice : Exercices visant à améliorer l'équilibre, la coordination et la force musculaire.
- Thérapie psychomotrice : Interventions ciblées pour améliorer l'intégration sensorimotrice et la planification motrice.
- Activités ludiques : Jeux encourageant la course, le saut et la coordination, adaptés au niveau de l'enfant.
Recommandations officielles
Les recommandations de la HAS pour le repérage et l'orientation des enfants à risque de troubles du neurodéveloppement incluent :
- « Une grande utilisation de cannabis : ≥1 joint/j était associée [...] à un score plus faible de raisonnement verbal au SBIS » [2].
- « L’exposition prénatale à la méthamphétamine était associée à un décalage de la motricité globale » [2].
Ces recommandations soulignent l'importance de l'évaluation précoce et de l'intervention pour les enfants exposés à des facteurs de risque.
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge des retards de développement moteur nécessite une approche pluridisciplinaire :
- Orthophoniste : En cas de troubles associés du langage oral, souvent observés chez les enfants avec des retards moteurs [KG-4].
- Pédiatre : Pour le suivi médical et le repérage des troubles du neurodéveloppement [KG-5].
- Psychologue : Pour l'évaluation cognitive et émotionnelle, ainsi que le soutien psychologique si nécessaire [KG-6].
- Psychomotricien : Pour la rééducation motrice et l'amélioration de l'intégration sensorimotrice [KG-7].
- CAMSP (Centre d'Action Médico-Sociale Précoce) : Pour une prise en charge précoce et globale des enfants présentant des retards de développement [KG-8].
Références
- HAS TND Argumentaire 2020 [P1, P2, P3, P4]
- INSERM Dys 2007 [P5, P6, P7, P8]
- DGS-SFP Plaquette INPES 2007 [P9, P10, P11, P12]