Troubles visuels
Déficiences visuelles incluant amblyopie, strabisme, troubles de la réfraction et malvoyance. Le dépistage précoce (ophtalmologue) est essentiel car certains troubles sont corrigeables avant l'âge de 6 ans. Peuvent impacter la lecture, l'écriture et la coordination visuomotrice. L'orthoptiste rééduque la fonction visuelle. Des adaptations scolaires (agrandissements, éclairage) et aides techniques sont souvent nécessaires.
Troubles visuels
Définition clinique
Les troubles visuels englobent un ensemble de déficiences visuelles incluant l'amblyopie, le strabisme, les troubles de la réfraction (comme l'hypermétropie, la myopie et l'astigmatisme) et la malvoyance. Ces troubles peuvent impacter significativement les activités quotidiennes, notamment la lecture, l'écriture et la coordination visuomotrice [1] [8].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques des troubles visuels varient selon le type de trouble :
- Strabisme : Tout strabisme constant avant 4 mois ou intermittent par la suite, ou signe évocateur d’amblyopie, impose une évaluation ophtalmologique [9].
- Amblyopie : Déficit unilatéral ou bilatéral de l'acuité visuelle sans cause organique oculaire. Le dépistage précoce est crucial, idéalement avant l’âge de 3 ans pour un meilleur pronostic [9].
- Troubles de la réfraction : L’hypermétropie (≥+ quatre Dioptries) peut conduire à des difficultés scolaires et d’orientation spatiale. Un retard d’intervention peut mener vers l’amblyopie et des difficultés d’apprentissage scolaire [8] [10].
Évaluation
L'évaluation des troubles visuels comprend plusieurs étapes :
- Examen ophtalmologique : Évaluation de l'acuité visuelle, de la réfraction et de l'oculomotricité. La consultation ophtalmologique est indispensable pour éliminer tout trouble visuel périphérique [10].
- Bilan orthoptique : Évaluation des capacités d’analyse visuelle et des fonctions oculomotrices. L'orthoptiste s’assure que l’image traitée est complète, simple et nette et que les fonctions oculomotrices permettent de soutenir ces voies de traitement cognitif [10].
- Bilan neurovisuel : Recommandé chez les enfants ayant des signes d’appel neurovisuels, une gêne visuelle alors que la vue est corrigée ou qu’il n’y a pas de trouble d’acuité visuelle, ou une maladresse caractérisée par une mauvaise manipulation des objets ou des chutes fréquentes [11].
Intervention
Les interventions pour les troubles visuels dépendent du type et de la sévérité du trouble :
- Correction optique : Prescription de lunettes pour corriger les troubles de la réfraction. Une correction totale est nécessaire, notamment en cas d’hypermétropie associée à un défaut d’accommodation [12].
- Rééducation orthoptique : Rééducation de la fonction visuelle pour améliorer l'acuité visuelle et les fonctions oculomotrices. L'orthoptiste joue un rôle clé dans la rééducation des troubles neuro-visuels [10] [12].
- Traitement chirurgical : Dans certains cas de strabisme, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Les résultats chirurgicaux sont bons dans 62 à 87% des cas [12].
Recommandations officielles
Les recommandations officielles de la HAS incluent :
- Dépistage précoce : Un dépistage de l’amblyopie entre 9 et 12 mois est recommandé, notamment chez les enfants ayant des lésions cérébrales ou nés grands prématurés (<28 SA). Un bilan neurovisuel à partir de 4 ans est également recommandé pour ces enfants [11].
- Orientation vers les professionnels de santé : En cas de suspicion de troubles visuels, une orientation vers un ophtalmologue ou un orthoptiste est nécessaire. Les enfants ayant des signes d’appel neurovisuels doivent bénéficier d’un bilan neurovisuel [11].
Articulation avec autres professionnels
Les troubles visuels peuvent nécessiter une prise en charge pluridisciplinaire :
- Orthophoniste : En cas de troubles de la communication et du langage associés aux troubles visuels, une orientation vers un orthophoniste est recommandée [2] [3].
- Psychomotricien et ergothérapeute : En cas de troubles de la motricité fine ou de difficultés graphiques, une prise en charge par un psychomotricien ou un ergothérapeute peut être nécessaire [2] [3].
- Psychologue ou pédopsychiatre : En cas de trouble du développement de la personnalité, de trouble de l’humeur ou de souffrance psychique associée, une orientation vers un psychologue ou un pédopsychiatre est recommandée [3].
Références
- [1] HAS — PNDS T21 2020 (2020), p.10
- [2] HAS — HAS TND 2020 (2020), p.18
- [3] HAS — HAS Dys 2017 (2017), p.19
- [4] HAS_ANESM — HAS Autisme 2012 (2012), p.30
- [5] INSERM — INSERM Dys 2007 (2007), p.238
- [6] INSERM — INSERM Dys 2007 (2007), p.254
- [7] INSERM — INSERM Dys 2007 (2007), p.438
- [8] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.80
- [9] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.64
- [10] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.114
- [11] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.116
- [12] HAS — PNDS T21 2020 (2020), p.40
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