Troubles neurovisuels
Troubles du traitement visuel d'origine cérébrale (exploration, discrimination, coordination visuo-motrice) retentissant sur la lecture, l'écriture et les apprentissages.
Qu'est-ce que c'est ?
Les troubles neurovisuels sont des difficultés de traitement visuel d'origine cérébrale. Ils affectent la perception, l'analyse et l'interprétation des informations visuelles, ce qui peut impacter la lecture, l'écriture et les apprentissages. Ces troubles ne sont pas liés à une simple baisse de l'acuité visuelle, mais à un déficit de transmission des informations visuelles rapides et peu contrastées de la rétine au cortex visuel [3].
Plusieurs types de troubles neurovisuels peuvent être observés :
- Anomalies de la fixation oculaire : l'enfant a des difficultés à maintenir son regard sur un objet, notamment en position centrale [4].
- Troubles de la poursuite oculaire : la poursuite d'un objet en mouvement est lente, non lisse et peu endurante [4].
- Atteinte des saccades : les mouvements rapides des yeux (saccades) peuvent être absents, mal calibrés ou asymétriques [4].
- Amputation du champ visuel : réduction partielle ou totale du champ visuel, comme l'hémianopsie (perte d'une moitié du champ visuel) [4].
- Troubles de la reconnaissance visuelle : difficulté à identifier des objets, des lettres ou des visages (agnosie) [4].
- Troubles de l'organisation de l'espace : difficultés à se repérer dans l'espace, à localiser des objets ou à automatiser des gestes [4].
- Troubles de l'attention visuelle : difficulté à se concentrer sur des stimuli visuels, parfois latéralisés dans l'espace [4].
- Troubles de la mémoire visuelle : difficultés à évoquer ou utiliser des représentations mentales visuelles [4].
Ces troubles peuvent être causés par des lésions cérébrales, comme celles survenant chez les grands prématurés, lors d'hypoxo-ischémies périnatales, d'accidents vasculaires cérébraux périnataux ou de traumatismes crâniens du petit enfant [4].
Ce que ça change au quotidien
Les troubles neurovisuels peuvent avoir un impact significatif sur les apprentissages et le comportement de l'enfant. Par exemple, ils peuvent rendre la lecture difficile en raison d'un brouillage des images visuelles, ce qui complique la reconnaissance des lettres et des mots [1]. Ils peuvent aussi entraîner des difficultés dans les activités nécessitant une bonne coordination visuo-motrice, comme l'écriture ou les activités constructives [4].
De plus, ces troubles peuvent être confondus avec d'autres difficultés d'apprentissage, comme la dyslexie ou la dyspraxie, car certains symptômes (mauvaises saccades oculaires, amputation du champ visuel) peuvent passer inaperçus ou être interprétés à tort [2]. Il est donc important de les identifier précocement pour éviter des retards dans les acquisitions scolaires.
Ce qui peut aider
Pour diagnostiquer les troubles neurovisuels, il est recommandé de consulter un orthoptiste, un neuropsychologue ou un orthophoniste. Ces professionnels peuvent évaluer les capacités d'analyse visuelle et proposer une prise en charge adaptée [KG-1] [KG-2] [KG-3] [KG-4] [KG-8]. Par exemple, l'orthoptiste s'assure que l'image traitée est complète, simple et nette, et que les fonctions oculomotrices permettent de soutenir les voies de traitement cognitif [9].
La guidance parentale peut également être proposée pour aider les parents à mieux comprendre et accompagner leur enfant dans ses difficultés [KG-5]. Cette guidance peut être offerte en ligne ou en présentiel, par exemple par l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild.
Enfin, il est crucial d'éliminer tout trouble visuel périphérique (comme une mauvaise acuité visuelle ou une réfraction anormale) avant de pratiquer un bilan neurovisuel. Cela permet de s'assurer que les difficultés observées sont bien d'origine centrale [9].