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Troubles de la déglutition (dysphagie)

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les troubles de la mastication et de la déglutition, associés à des fausses routes, sont très fréquents dans la population poly­ handicapée avec par conséquent une prévalence de dysphagie de plus de 90 % dans certaines études.

En bref

Cadre clinique

Les troubles de la déglutition, ou dysphagie, sont fréquents chez les personnes polyhandicapées. Ils résultent de dysfonctions oro-pharyngées, incluant des altérations de la commande motrice, de la sensorialité endo-buccale et du réflexe de déglutition. Ces troubles sont souvent associés à des fausses routes, avec une prévalence de plus de 90 % dans certaines études [1]. La dysphagie est d'autant plus fréquente que l'atteinte motrice et intellectuelle est sévère [1]. Elle constitue un facteur de risque d'hospitalisation, notamment en raison d'infections respiratoires, et peut entraîner des apports caloriques et hydriques insuffisants [1].

Repères épidémiologiques

La prévalence des troubles de la déglutition varie selon les études et les populations. Chez les personnes âgées en EHPAD, elle est estimée entre 30 % et 60 % [9]. Chez les enfants polyhandicapés, cette prévalence peut atteindre plus de 90 % [1]. Les variations observées peuvent s'expliquer par la complexité des diagnostics et la grande variabilité des symptômes [9].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic des troubles de la déglutition repose sur plusieurs outils spécialisés. Parmi ceux-ci, on trouve la Dysphagia Disorder Scale (DDS), l'Eating Drinking Ability Classification System (EDACS) et le Subjective Global Nutritional Assessment (SGNA) [1]. Ces outils permettent d'évaluer la sévérité de la dysphagie et son impact sur la sécurité des prises alimentaires. Cependant, leur passation peut être longue et spécialisée, ce qui a conduit au développement d'outils de dépistage plus rapides, comme le Feeding and Nutrition Screening Tool (FNST), actuellement en cours de validation [1].

L'évaluation de la dysphagie doit être multidisciplinaire, impliquant des aidants professionnels et non professionnels, ainsi que différents soignants, notamment des orthophonistes, des ORL, des neurologues, des pédiatres, des neuropédiatres et des médecins de médecine physique et de réadaptation [1]. La vidéofluoroscopie peut également être utilisée pour une évaluation plus précise [6].

Interventions recommandées

La prise en soins de la dysphagie repose principalement sur l'adaptation des textures alimentaires et l'installation visant à éviter l'extension de la nuque [1]. Cependant, les données scientifiques supportant le recours à des stratégies rééducatives spécifiques des troubles de la déglutition sont actuellement manquantes dans la population polyhandicapée [1].

Les recommandations de la Société européenne de gastroentérologie, hépato-logie et nutrition pédiatrique (ESPGHAN) insistent sur la nécessité de rechercher et d'évaluer les troubles de déglutition, ainsi que de mettre en œuvre des mesures adaptées pour faciliter la prise alimentaire [6]. Elles préconisent également un suivi régulier de l'état nutritionnel, avec des ajustements des apports nutritionnels en fonction des paramètres anthropométriques mesurés régulièrement [6].

En cas de nutrition entérale prolongée, la mise en place d'une gastrostomie est préconisée, dont les objectifs et modalités doivent être discutés avec la famille et les aidants professionnels [6]. La surveillance annuelle biologique des micronutriments (fer, vitamine D, calcium, phosphore) est également recommandée [6].

Cadre légal et droits

Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques liés aux troubles de la déglutition chez les personnes polyhandicapées.

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Sources mobilisées (6)