Exposition prénatale au topiramate
Mis à jour le
le topiramate (Epitomax et génériques) : qui est utilisé en 2015 par environ 30 000 femmes en âge de procréer. Il présente un risque tératogène avéré et un risque potentiel de troubles neurodéveloppementaux.
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Définition clinique
L'exposition prénatale au topiramate (Epitomax et génériques) concerne environ 30 000 femmes en âge de procréer en 2015. Ce médicament antiépileptique présente un risque tératogène avéré et un risque potentiel de troubles du neurodéveloppement [1] [8]. Le topiramate est également utilisé pour traiter des pathologies psychiatriques et neurologiques chez les femmes jeunes [1].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques pour évaluer les risques liés à l'exposition prénatale au topiramate incluent :
- Risque tératogène avéré : malformations congénitales.
- Risque potentiel de troubles du neurodéveloppement : troubles du langage, troubles moteurs, troubles spécifiques des apprentissages, troubles du comportement et des interactions sociales [1] [3].
Évaluation
L'évaluation des enfants exposés in utero au topiramate doit être réalisée de manière précoce et régulière. Les troubles du neurodéveloppement sont observés dans 30 à 40 % des cas d'exposition au valproate, mais les données pour le topiramate sont encore limitées [3]. Une surveillance biologique régulière peut être nécessaire en raison des effets secondaires potentiels [5].
Intervention
Les interventions pour les enfants exposés au topiramate in utero doivent inclure :
- Suivi régulier : évaluation du développement neurocognitif et comportemental.
- Interventions précoces : dépistage et accompagnement précoces pour les troubles du langage, moteurs, spécifiques des apprentissages et du comportement [3].
- Surveillance des effets secondaires : surveillance biologique régulière pour certaines molécules, notamment en raison du risque d’agranulocytose ou d’atteinte hépatocellulaire [5].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) classe les antiépileptiques en fonction du risque de survenue de troubles du neurodéveloppement chez les enfants exposés au cours de la grossesse :
- Risque avéré : valproate.
- Risque à considérer : topiramate, carbamazépine, phénobarbital, primidone, (fos)phénytoine.
- Données insuffisantes pour conclure : eslicarbazépine, éthosuximide, felbamate, gabapentine, lacosamide, lévétiracétam, oxcarbazépine, pérampanel, prégabaline, rétigabine, rufinamide, tiagabine, vigabatrin, zonisamide.
- Données trop limitées pour permettre une conclusion définitive : lamotigrine [3].
Articulation avec autres professionnels
L'articulation avec d'autres professionnels est essentielle pour assurer un suivi complet des enfants exposés au topiramate in utero. Les professionnels impliqués peuvent inclure :
- Diététiciens : pour assurer le suivi régulier du transit intestinal, avec une attention particulière au risque de constipation [KG-4] [KG-5].
- Psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes : pour le dépistage et l'accompagnement des troubles du neurodéveloppement [KG-3].
Références
- [1] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.42
- [3] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.43
- [5] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.294
- [8] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.42
- [KG-1] Exposition prénatale au topiramate → INDICATES_RISK → Troubles du neurodéveloppement
- [KG-3] Exposition prénatale au topiramate ↔ related ↔ Recommandations de bonne pratique - Repérage et diagnostic des troubles du neurodéveloppement
- [KG-4] Exposition prénatale au topiramate ↔ related ↔ Diététicien
- [KG-5] Exposition prénatale au topiramate ↔ related ↔ Constipation